Cet été, le P. Vincent Klein a accompagné, avec le P. Benoît Willemaers sj et Caroline Vital, membre de la Communauté de Vie Chrétienne en Belgique francophone (CVX), 30 pèlerins belges, luxembourgeois et français sur le chemin ignatien (le “Camino Ignaciano”).

Du 3 au 17 août, nous avons parcouru près de 140 km, 5180m de montée et 4630m de descente, sur les pas de saint Ignace. Les pèlerins avaient tous lu l’autobiographie de saint Ignace avant le pèlerinage et étaient souvent marqués par sa radicalité, son caractère peu entraînant voir extrémiste. Et pourtant… Pas à pas avec lui sur son chemin, Ignace se révèle très proche et très contemporain.

Le pèlerinage a commencé par une journée de récollection au sanctuaire de Loyola où nous avons médité, à la lumière du boulet de canon qui a gravement blessé Ignace à Pampelune, sur les accidents de la vie et sur l’appel du Seigneur quand nos beaux projets s’écroulent. Le pèlerinage s’est poursuivi avec notamment l’étape d’Arantzazu, pèlerinage marial du pays Basque.

Après 4 jours de marche, nous avons rejoint en bus le château de Javier en Navarre pour une deuxième journée de récollection où nous avons médité sur le thème de l’amitié, à partir de celle qui liait Ignace et François-Xavier.

La deuxième partie du pèlerinage se déroula en Catalogne. A Verdù, nous avons découvert un saint jésuite peu connu : saint Pierre Claver, l’apôtre en Colombie des esclaves venus d’Afrique. A Montserrat, par le sacrement de réconciliation, nous avons pu remettre entre les mains du Christ par l’intercession de Notre Dame, l’épée de nos puissances, de nos désirs trop humains.

La dernière étape de marche, une des plus longues, nous a menés de Montserrat à Manrèse où nous avons eu la chance de pouvoir célébrer la messe dans la grotte où Ignace a vécu une crise
très profonde. Il y a prié pendant des mois jusqu’à ce qu’il découvre que ce qui compte, ce n’est pas de faire de grandes choses pour Dieu, mais c’est de se laisser guider par lui en apprenant à lire les signes qu’Il nous donne (ce qu’on appelle le discernement ignatien).

A Barcelone enfin, nous avons pu célébrer la messe du 15 août à Santa Maria del Mar, là où Ignace venait souvent mendier. Nous avons visité la Barcelone ignatienne sans oublier, bien-sûr
la Sagrada Familia.

Le Camino Ignaciano allie marche et prière dans un subtil équilibre. En effet, tous les participants ne sont pas au même niveau physique, pour la marche, ou spirituel, dans la pratique des Exercices spirituels. Se mettre au niveau des plus lents est une des gageures de la démarche ; elle exige humilité, respect de chacun et disponibilité à aider les autres. Et le miracle s’est produit : le groupe a bien vécu ensemble, a cheminé aussi comme un corps sur les traces de celui qui, à la chapelle de la Storta, près de Rome, a senti, éprouvé, que le Père le mettait avec son Fils.

P.Vincent Klein sj

> Photos : © P.Vincent Klein sj pour la Province EOF / Source : bulletin trimestriel de la communauté paroissiale du Christ-Roi à Luxembourg

> Ecouter sur RCF le témoignage de ce pèlerinage, avec le P. Vincent Klein sj (Partie 1) et Partie 2Ecouter sur Radio Notre Dame le témoignage du P. Josep Lluís Iriberri js, fondateur et directeur du Chemin ignatien

> Découvrir la proposition 2019 pour faire le Camino Ignaciano : “Cet été, marchez sur les pas de saint Ignace en Espagne avec le Camino Ignaciano”

> En savoir + sur l’ouvrage Chemin Ignatien, du P. José Luis Iriberri sj et de Chris Lowney, aux éditions Vie Chrétienne