Dans un couple, quand l’un croit, l’autre pas, comment vivre la différence ? Topos, témoignages lors d’un week-end au Centre spirituel Manrèse ont permis à des couples de faire une relecture personnelle et de partager. Une belle expérience qui est renouvelée à partir du 21 novembre. Récit par le P. Miguel Roland-Gosselin s.j.

P. Miguel Roland-Gosselin s.j.

L’équipe Familles & Co s’est donné l’objectif d’aider les familles à identifier et à mettre en oeuvre ce qui leur fera du bien, en imaginant des propositions innovantes conçues dans un style évangélique, à l’école ignatienne. Parmi les nouvelles propositions de l’année 2017-2018, il y eut, à Manrèse (Clamart), le week-end « L’un croit, l’autre pas : cheminer ensemble ». Sûrement l’enjeu est d’importance : les couples dans cette situation sont nombreux, et ils le seront de plus en plus. Des chrétiens confessants s’unissent à des non-croyants, ou bien la vie spirituelle de l’un des conjoints évolue, il s’approche ou s’éloigne du Christ, créant une disparité au sein du couple.

Quand la différence devient fécondité

Cette disparité n’est pas toujours facile à vivre. Même chez ceux qui y mettent la meilleure volonté, elle peut générer des tensions, ou des cloisonnements avec leur lot de frustration. Jusqu’où et comment puis-je prier à la maison ? Quelle est cette part de ton existence à laquelle je n’ai pas accès ? Comment les enfants vont-ils se situer ? Etc… Les questions sont nombreuses, et elles sont d’autant plus vives que l’on s’aime profondément, qu’on ne vivra pas deux vies parallèles et qu’on entend se respecter mutuellement.

La disparité est difficile donc, mais sûrement passionnante. Le couple animateur donne plusieurs témoignages, qui ne sont nullement ceux d’un couple « où tout est résolu ». On y entend les points à vif, on y perçoit le fond réjouissant d’amour conjugal et familial. Les enseignements du prêtre introduisent des questions : croyant ou non-croyant, suis-je « arrêté » dans mes convictions, ou bien suis-je un chercheur, désireux de chercher plus loin ? Quel est ce fond commun de confiance qui fait de nous tous des « croyants » (en l’autre, en la vie) ? Avons-nous tous une « vie spirituelle » ?

Relire son couple pour y chercher un avenir commun

Comme il se doit, topos et témoignages ne sont que l’injection initiale, pour introduire la relecture personnelle et le partage (en couple, en ateliers, en groupe).
Une relecture sensible, bien sûr : en évoquant des visages, en réactivant des événements-clés, en nommant ce qui, aujourd’hui, me réjouit, me stimule ou me blesse. Et un partage bienveillant, autorisant qu’on parle vrai : voici ce qui nous est commun, voici nos divergences, et voici comment nous tâcherons de nous accompagner l’un et l’autre mieux encore.

Bienveillance et humilité sont des mots qui ressortent des évaluations de ce premier week-end. Joie aussi. Et cette conviction qu’il n’y a décidément rien de tel, pour avancer, que de savoir s’arrêter ensemble, avec d’autres, en amitié.

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