Le P. Patrick C. Goujon sj est professeur au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris et membre associé du Centre d’Études en Sciences Sociales du Religieux (EHESS). Dans un récit autobiographique, Prière de ne pas abuser, il raconte le travail de reconnaissance des agressions sexuelles dont il  a été victime, enfant, de la part d’un prêtre de son diocèse. Il relit les mécanismes du déni et de la perversion et ouvre une voie de réconciliation entre l’enfant, l’adulte et le religieux qu’il est devenu. Son livre peut aider à comprendre par quel chemin d’épreuve passent les personnes victimes.

 

Le P. Patrick C. Goujon sj est professeur au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris et membre associé du Centre d’Études en Sciences Sociales du Religieux (EHESS). Dans un récit autobiographique, Prière de ne pas abuser, il raconte le travail de reconnaissance des agressions sexuelles dont il  a été victime, enfant, de la part d’un prêtre de son diocèse. 

Il relit les mécanismes du déni et de la perversion et ouvre une voie de réconciliation entre l’enfant, l’adulte et le religieux qu’il est devenu. Son livre peut aider à comprendre par quel chemin d’épreuve passent les personnes victimes.

Présentation de l’ouvrage

priere de ne pas abuser - Patrick C. Goujon - editions du seuilDans Prière de ne pas abuser, Patrick C. Goujon, raconte le travail de reconnaissance des abus sexuels qu’il a subis durant l’enfance et qui furent commis par un prêtre de son diocèse. Après un long temps de déni accompagné d’inflammations chroniques de tout le corps, vient cette période où se bousculent souvenirs et remises en question : comment, lui qui fut formé à l’accompagnement des autres par la pratique des Exercices spirituels, a-t-il pu rester sourd sur les origines de sa propre souffrance ? Quelles furent les motivations des choix qu’il a faits d’une vie religieuse et du célibat ? Dans cette relecture saisissante où s’éclairent les mécanismes du déni et de la perversion, s’ouvre une voie de réconciliation entre l’enfant, l’adulte et le religieux qu’il est devenu.

P. Patrick C. Goujon sj, Prière de ne pas abuser, Éditions du Seuil, octobre 2021, 96 p.

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Extraits de l’interview du P. Patrick C. Goujon sj pour la revue Études. Propos recueillis par Nathalie Sarthou-Lajus.

Dans son numéro d’octobre, la revue Études présente une interview du P. Patrick C. Goujon sj. En voici quelques extraits. Retrouvez l’intégralité de l’interview ici.

Ecrire pour soi et pour les autres

« Ce qui m’a poussé à écrire pour d’autres fut la conviction qu’on avait quand même peu idée, dans la société et en particulier dans l’Église, non pas tant de la gravité de ce qui arrive à un enfant quand il subit des abus sexuels, mais de la gravité de ce qui arrive à un adulte quand il a subi enfant des agressions sexuelles. »

Silence sur l’affaire

« Je suis agressé par ce prêtre entre les années 1977 et 1981. J’ai entre huit et onze ans. Quand je suis enfant, je ne sais pas ce qui m’arrive au fond, mais je sens bien qu’il y a des choses qui ne sont absolument pas normales. À l’adolescence, je comprends que ce prêtre se masturbait contre moi régulièrement. À ce moment-là, j’avais conscience d’agressions (sans toutefois user de ce mot), j’avais conscience que ce prêtre était pédophile. Ce n’était quand même pas si tabou qu’on veut bien le dire aujourd’hui. […] À ce moment-là, j’aurais aimé qu’on me dise quelque chose qui m’aurait autorisé à parler, mais on m’a fait une réponse plus qu’évasive, on m’a seulement informé de sa mutation. Du coup, sans que j’aie rien décidé, j’ai classé l’affaire. »

Le déni

« L’image qui me viendrait, pour évoquer le déni, serait celle du repli. Pour l’oubli, il faudrait parler d’une trappe qui permet l’effacement. Mais, avec le déni, rien ne s’efface, le trauma se loge dans des replis auxquels on n’a pas accès, des replis que nous avons en partie fabriqués nous-mêmes, d’autres que l’inconscient offre comme un abri. On se le dissimule, avec le côté complètement passif que cela implique. »

Fier de l’homme qu’il est devenu

« La fierté est un sentiment qui m’est totalement étranger, mais j’étais fier de l’enfant que j’avais été, et cet enfant m’a remercié de l’adulte que j’étais, parce qu’enfant j’ai fait des choix qui m’ont sauvé. Comme me l’a dit un jour ma psychologue : vous avez choisi ce qui vous sauve. J’ai répondu que je ne m’étais pas sauvé [moi-même]. »

Est-ce alors possible d’aimer et de se laisser aimer ?

« Or c’est le geste du début jusqu’à la fin qui est pervers. Il faudrait donc parler de perversion plutôt que d’abus. Ça détruit la possibilité de croire qu’on peut être aimé. Si l’amour est le lieu où l’on se tient à la fois vulnérable et désirant de l’autre, alors la personnalité qui a rencontré un pervers croit qu’aimer, c’est se laisser détruire. Voilà le redoutable de cette histoire, et ce n’est pas d’abord une affaire de cléricalisme. C’est une négation de l’amour. »

Présentation du P. Patrick C. Goujon sj

patrick c. goujonPatrick C. Goujon est professeur d’histoire de la spiritualité au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris, membre associé du Centre d’Études en Sciences Sociales du Religieux (EHESS). Il est jésuite, prêtre de l’Église catholique. Il a publié plusieurs livres sur la spiritualité ignatienne et la direction spirituelle.

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