Lancement de Disputatio contemporaine

Le 5 avril, l’association Disputatio Contemporaine invite à découvrir la Disputatio, à la Sorbonne, sous la forme d’une performance artistique et d’une controverse publique sur les fragilités de nos systèmes démocratiques.

Disputatio contemporaine

L’association Disputatio contemporaine, initiée par la revue Études, a pour projet principal de mettre en scène des débats philosophiques en s’inspirant de la disputatio médiévale.

« Dans un contexte où il est de plus en plus difficile de débattre, où les tweets et autres fausses nouvelles font et défont l’opinion, où les mots cèdent devant des comportements violents, il est apparu vital de retrouver le sens de la conversation, de la recherche commune d’arguments de qualité, de la profondeur et du respect dans les échanges« , explique le P. Guilhem Causse sj, professeur au Centre Sèvres.

Pour cela, un exercice s’est imposé : la disputatio, déjà pratiquée dans plusieurs établissements jésuites et au Centre Sèvres.

Question disputée à plusieurs, avec des « pro » et des « contra », elle est un exercice à la fois oral, et collectif. Il s’agit d’un très bon outil pour former et exercer son jugement, puisque l’on peut se retrouver à argumenter des positions qui ne sont pas les siennes au départ. Il s’agit de débattre dans un climat d’émulation intellectuelle et de s’appuyer sur les thèses de son adversaire pour les dépasser.

Un groupe d’élèves, d’étudiants et de membres de la société civile, d’origines culturelles et sociales diverses, s’est réuni pendant quelques semaines pour forger des arguments et s’entrainer à l’exercice.

Le 5 avril, à la veille des élections présidentielles, Disputatio Contemporaine donne ainsi rendez-vous dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne avec le philosophe Jean-Claude Milner et des disputants pour vivre une expérience inédite à la croisée de la philosophie, de la politique et de l’art.

Le public assistera aux controverses et sera invité à se former grâce à la conférence inaugurale de Jean-Claude Milner sur le thème de la démocratie et de ses fragilités, et à des ateliers déployant les positions à défendre. L’ensemble de la soirée sera mis en scène par Meriam Korichi, organisatrice des nuits de la philosophie.

« L’enjeu n’est pas de briller, mais de se mettre ensemble au service d’une meilleure compréhension du monde. Les participants font l’expérience que la qualité de la relation qui s’exprime dans l’échange régulé est porteuse, comme telle, de vérité. Et si l’issue n’est pas le consensus, chacun allant au bout de sa propre position, elle est du moins dans l’émergence de la possibilité d’un dissensus réglé, selon la belle formule de Paul Ricoeur, sur lequel reposent nos démocraties », rappelle Guilhem Causse sj.

Qui sont les disputants ?

  • Des lycéens de la Légion d’Honneur à Saint-Denis, du Lycée Maurice Utrillo à Stains et du Lycée Rabelais à Meudon,
  • Des étudiants en classes préparatoires littéraires au Lycée de la Légion d’Honneur, des étudiants en philosophie, en histoire, en innovation et en art du Centre Sèvres, des Universités Paris I, Paris IV, du CELSA et des Beaux Arts,
  • Des représentants de la société civile.

> En savoir + sur le programme

Mieux connaître l’association Disputatio contemporaine

Dans cette vidéo, François Euvé, rédacteur en chef de la revue Études, et Nathalie Sarthou-Lajus, rédactrice en cheffe adjointe de la revue Études, présentent les grands principes de la disputatio.

« À travers cette association, nous cherchons à relever le défi des débats rendus difficiles et à continuer de les mener sous diverses formes et en particulier sous forme de disputes publiques. C’est une tradition que nous essayons de poursuivre via Disputatio contemporaine et nous espérons que le débat social s’en trouvera enrichi. » / P. François Euvé sj

« L’intérêt de cet exercice (la disputatio) est que c’est un très bon outil pour former et exercer son jugement. Cela nous oblige à nous mettre à la place de celui qui ne pense pas comme nous. Il s’agit de débattre dans un climat d’émulation intellectuelle, non pas pour remporter une victoire contre l’adversaire, mais pour s’appuyer sur ses thèses afin de le dépasser. Le but étant la recherche collective de la vérité, un exercice important à remettre à l’honneur aujourd’hui où nous sommes plus enclin à faire taire nos adversaires et où l’invective a remplacé l’argumentation. » / Nathalie Sarthou-Lajus

Dans cette vidéo, Mériam Korichi, agrégée et docteure de philosophie, dramaturge, metteuse en scène et autrice, présente les principes et le déroulé de l’événement.

Alice fera partie des disputants de l’événement du 5 avril prochain à la Sorbonne. Dans cette vidéo, découvrez ses motivations.

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