Centre Laennec Paris fêteLe Centre Laennec à Paris accompagne plus de 800 étudiants en médecine de la 1ère à la dernière année de leurs études en s’appuyant sur la pédagogie jésuite. Anna y a étudié et a partagé son ressenti sur sa “maison” lors de la soirée de fin d’année.

Nous avons tous le nez dans nos livres en cette intense année, mais pendant quelques instants j’aimerais que nous soulagions nos nuques endolories et nos yeux fatigués : redressons la tête et fermons les yeux… Je vous demande de laisser venir à vous les images qui apparaissent quand je prononce “Laennec”… Pour ma part, l’évocation du centre fait apparaître l’image de la chapelle et particulièrement le sourire accueillant de la Vierge aux bras ouverts avec ses formes généreuses…

Redressons la tête et regardons la maison Laennec !

Ce centre aux multiples fonctions est pour moi tant une bibliothèque, qu’une chapelle et qu’une maison.

Une bibliothèque. Quelle chance d’avoir bénéficié pendant ces années de ce lieu de travail idéal ! Lieu d’étude, d’apprentissage, d’entraînement, bref, de plongée dans l’univers riche et complexe de la médecine.

Une chapelle. Toujours ouverte, ce lieu de prière est lieu de rassemblement pour la messe, de rencontre avec le Tout Autre ainsi qu’avec les autres de Laennec.

Une maison. Laennec est vite devenu notre résidence principale ! On y passe par périodes plus de temps qu’à notre domicile, on y prend 1 à 3 repas par jours : pas étonnant, qu’on se sente chez soi ! Quitte à laisser traîner de temps en temps un peu de vaisselle au bord de l’évier… On y dort souvent l’après-midi en salle, et même une nuit entière lors du Pélénight ! Je vous confie m’être déjà cachée entre les chaises de l’ancienne chapelle pour faire une sieste, trop épuisée pour étudier ce jour-là…

Redressons la tête et regardons la famille Laennec !

Je pense à tous les liens d’amitié et de fraternité qui se sont tissés au fil des années. Assurément, la famille que nous formons à Laennec n’est pas seulement le nom de notre groupe Facebook !

Il y a eu tant de rencontres, dans la cour ou sur la terrasse, aux heures de pause que je faisais trop durer, à travers les différents groupes d’échange et les ateliers variés, au milieu des couloirs et dans les escaliers… À Laennec, j’ai pu facilement cultiver un a priori de bienveillance envers les autres, qui rend facile la discussion et fait naître la camaraderie.

Il y a également tous les liens intra et inter promotions. D’abord la longue cordée entre étudiants des différentes années où l’on s’entraîne mutuellement au fil des études… Ensuite, notre promotion qui s’est engagée dans l’externat au rythme endiablé des conférences. Je me souviens avoir été impressionnée au début par l’énergie de notre groupe. Nous étions motivés par ces soirées de formation intense et excités par tout ce que nous apprenions. Nous formions ensemble comme un bateau puissant et joyeux qui fend les vagues du savoir !

À Laennec, des liens de fraternité ont émergé.  Les propositions spirituelles de Laennec, comme la messe du mercredi, l’adoration du jeudi, les week-ends Ose ont été de hauts lieux de sociabilité, de rencontres durables ou de simple fraternité. Les sous-colles ont été un moyen de réussite aussi bien qu’une source d’amitiés authentiques. Il y eut celle de P1 sans laquelle je peux honnêtement dire que je n’aurai pas réussi le concours de PACES, mais également l’actuelle composée de Juliette, Lorraine et Caroline. Grâce à vous, je n’ai pas coulé sous le poids des connaissances à acquérir ni calé pendant le marathon de l’externat. Parce qu’on se rassemblait le soir et que je n’étais pas souvent prête, j’avoue ne m’être jamais autant rendue à une réunion en traînant des pieds, pourtant j’en sortais toujours ragaillardie par ce que vous m’aviez appris.

Redressons la tête et regardons la philosophie de Laennec !

C’est selon moi ce qui constitue la valeur ajoutée du centre par rapport à d’autres prépas.

Nous avons appris une certaine hygiène de vie : bien manger, bien dormir, faire du sport, voir ses amis et sa famille, prendre un jour de repos par semaine… Afin d’être entièrement à ce qu’on fait, ne tolérons ni demi-travail, ni demi-repos !

Laennec est une invitation au voyage et à aller aux périphéries. Grâce à Laennec, j’ai pu passer un mois en prison… lors d’un stage à la prison des Baumettes, qui a planté en moi le désir de travailler avec les détenus plus tard, et un stage en soins palliatifs à Jeanne Garnier d’où je garde les souvenirs les plus marquants de relation avec les patients. Quant aux voyages, j’ai eu la chance de partir aux JMJ au Brésil en 2013. Là-bas, j’y ai fait de magnifiques rencontres, dont celle de mon mari Xavier.

Enfin, Laennec nous incite à donner leur juste place aux choses. Je me souviens du Père Langue qui, la veille du concours de PACES, nous encourageait et nous invitait à la sérénité puisque notre salut éternel ne dépendait pas de notre réussite. Je rends grâce pour Mme Lauré qui m’a accompagnée en P2 et en D1. Elle m’a donné les moyens d’oser prendre une année de césure entre la D1 et la D2 pour accomplir un projet qui me tenait à cœur : habiter avec des personnes handicapées mentales dans une communauté de l’Arche. Pendant ce temps, j’ai appris à vivre tout simplement, et j’ai découvert que c’est ce que je suis qui compte, et non ce que je fais.

Redressons une dernière fois la tête avant d’entamer le dernier sprint vers les ECN. Savourons d’être à Laennec et d’y être bien pour travailler, savourons d’être ensemble ce soir et de retrouver les personnes que nous apprécions chaque fois que nous venons au centre, savourons les dernières semaines où nous y travaillons et ce beau coucher de soleil sur la tour Eiffel. Que ce que nous vivons collectivement depuis plusieurs années et particulièrement celle-ci porte du fruit ! Que nous restions cette famille unie quand nous serons médecins !

Anna, étudiante au Centre Laennec Paris, 
le 24 avril 2019

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