Pour chercher l’Espérance là où il n’y a qu’une promesse – P. Antoine Paumard sj

À une époque où tous les sujets sont abordés sous l’angle de ce qui ne va pas et à trouver des coupables, nous pourrions être entraînés dans ce mouvement et déjà, ou encore, nous plaindre de Noël.

Oui, nous plaindre ; l’Empereur Auguste, n’aurait-il pas dû donner un plus grand délai pour le recensement ou montrer plus de souplesse dans son organisation ? Joseph, n’aurait-il pas pu anticiper davantage ; Marie, elle, n’aurait jamais dû accepter ce périple ; Dieu, n’aurait-il pas dû voter un budget pour la Sainte Famille ? Après tout, un endroit insalubre pour la naissance de son Fils n’est-il pas la preuve de son désintérêt pour notre condition humaine ! Nous pourrions être tentés d’être de ces habitants de l’ombre (Is 9,1-6) bloqués par leur inquiétude qui n’ont plus accès à l’émerveillement ou la gratitude. Tant mieux ! Car alors, elle est pour nous cette lumière qui vient !

La naissance de Jésus est salutaire car elle nous invite à chercher l’espérance là où elle n’est qu’une promesse, un potentiel. À consentir à ce qui nous déroute sans renoncer à y trouver la présence de Dieu. À passer de la plainte de ce qui ne va pas à l’écoute de ce “conseiller merveilleux” pour entrer dans le discernement qui nous conduit à la paix. À traverser nos faiblesses, nos incompréhensions, nos inquiétudes, nos agacements pour entrer dans la contemplation de ce “Dieu-Fort”, qui se révèle à nous dans la faiblesse, la délicatesse de cet enfant, de ce fils premier-né. À œuvrer à un vrai respect du droit et de la justice, tout en étant investis dans le monde comme Dieu lui-même s’y engage dans la crèche.

Lui, le “Prince de la Paix” nous invite une nouvelle fois à aiguiser nos sens et à les tourner vers l’intérieur, à “dominer jusqu’au cœur de l’ennemi” (Ps. 109) – mais si l’ennemi a un cœur, c’est qu’il peut aussi aimer ? Or cet enfant nous montre un chemin d’humilité, celui de celles et ceux qui font ce qu’ils peuvent pour la paix dans un monde complexe, mais qui le font avec détermination et opiniâtreté. Jésus se laisse annoncer par l’ange, “ne craignez pas, […] une bonne nouvelle, […] une grande joie, […] aujourd’hui vous est né un sauveur” (Lc 2, 1-14), Il vient dévoiler la lumière que Dieu nous apporte en toutes circonstances. Le soir de Noël nous entendrons : « Un sauveur nous est né ». Qu’Il change notre être en profondeur et qu’Il initie en nous le passage de la mort à la vie qui est sans cesse à refaire !

Un enfant nous rend vivant, quittons notre tristesse, reconnaissons la vraie lumière qui éclaire tout homme.

P. Antoine Paumard, sj

Article publié le 18 décembre 2025

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