Directeur de Saint-Joseph de Tivoli, établissement scolaire sous tutelle jésuite à Bordeaux, et auteur de l’ouvrage “Éduquer, c’est à dire ? Anthropologie chrétienne et éducation”, Louis Lourme dévoile comment la spiritualité ignatienne et la personnalité de St Ignace peuvent inspirer les élèves aujourd’hui encore. 

En cette période de rentrée scolaire, quelle nouveauté pour votre établissement ?

Je vois principalement trois nouveautés cette année. Premièrement nous mettons en place les « équipages » en classe de premières. Il s’agit d’équipes de travail qui regroupent les élèves en fonction de leurs choix de spécialités. Un temps dédié aux équipages a été placé dans tous les emplois du temps, et différentes fonctions seront distribuées au sein de chaque groupe afin d’en faire des lieux non seulement de travail mais aussi de responsabilisation. Deuxièmement le lancement de l’association TEN (Tivoliens Engagés pour la Nature), qui a pour ambition de regrouper des jeunes et des adultes autour de projets liés au soin de la maison commune. Troisièmement, l’élargissement du voyage des élèves de sixième sur les pas de Saint Ignace, à Loyola et à Javier, en Espagne. Les 250 élèves partiront ainsi pour deux nuits dès la mi-septembre.

 

Que souhaitez-vous faire vivre aux élèves à travers ce pèlerinage ?

L’ambition est double. Il s’agit d’une part de permettre à tous les jeunes de découvrir certaines facettes de la vie de Saint Ignace, afin que l’appartenance à un établissement jésuite se traduise pour eux par des expériences concrètes et des souvenirs précis dans la suite de leur scolarité. Mais il s’agit aussi de vivre ensemble une expérience privilégiée de vie collective, en étant accompagné par une trentaine d’adultes de Tivoli avec lesquels ils vont travailler pendant toute l’année.

 

En quoi saint Ignace peut-il les inspirer aujourd’hui ?

Les différentes étapes de sa vie qui sont présentées au cours de ce séjour résonnent bien souvent fortement en eux. Mais s’il faut garder un point particulier, je crois que la réflexion autour du « boulet » est souvent ce qui parle le plus à cet âge, car le parallèle est aisé pour eux : par quoi ai-je le sentiment d’être mis à terre dans ma vie ? Que faire de cet abattement ? Quel retour puis-je faire sur les coups durs desquels je suis sorti grandi ? Et comment ces expériences passées peuvent m’aider à envisager différemment ce qui m’arrive… et ce que je désire vivre ?

 

Vous avez dirigé la publication de l’ouvrage “Éduquer, c’est à dire ? Anthropologie chrétienne et éducation”. Quel lien avec votre mission de chef d’établissement jésuite ?

Ce volume collectif a pour but de montrer que l’éducation est rarement neutre sur le plan anthropologique. Mais il contribue aussi, je l’espère en tout cas, à réfléchir sur la nature même de l’anthropologie chrétienne qu’on a tendance parfois à envisager comme un discours clôt ou définitif. Je crois que les différentes contributions (de théologiens, de philosophes, de religieux, d’enseignants), montrent avant tout que l’anthropologie chrétienne est aussi une terre d’interrogation et de réflexion permanente sur le monde actuel. Comme directeur d’un établissement jésuite, je crois en tout cas que ma mission tient en grande partie dans cet objectif : contribuer a donner aux jeunes les moyens de s’interroger sur le monde tel qu’il est aujourd’hui, en étant aussi conscient que possible des enjeux des questions qu’ils se posent.

 

> En savoir + sur l’ouvrage “Éduquer, c’est à dire ? Anthropologie chrétienne et éducation”