Le P. Guy Lepoutre sj nous partage cette méditation pour le premier dimanche de l’Avent, « cette attente qui creuse au-dedans de nous un espace de vie ».

Méditation Avent 2 Ce dernier dimanche, nous fêtions le Christ Roi, l’accomplissement du Seigneur, rassembleur de notre humanité pour la mettre dans la splendeur du Père. Magnifique certes, mais surtout prophétique : nous voulons l’espérer.

Mais voilà, nous restons aux abois dans un désordre épouvantable… C’est le chaos des nations : torpilles, bombes, destructions massives, mensonges, écrasements des innocents…  Les ténèbres s’épaississent et le jour est bien loin de se lever. Qui donc n’est pas tenté de perdre cœur ? Est-ce donc possible ?

Bousculés comme nous le sommes, ne faut-il pas repartir à zéro, prendre un nouveau départ ? Car voici que la petite espérance questionne et interroge : « Qu’est-ce donc qui pourrait advenir ? Qu’est-ce qui devrait advenir ? Qui donc pourrait venir ? »

Advenir ! Avent… Quelque chose se prépare dans le secret : un jour nouveau doit se lever, vraiment nouveau, une nouvelle naissance : alors, tournons résolument la page, osons le désir, laissons-le sourdre du fond de nous, de moi, de vous, de tous ceux qui ne veulent pas perdre cœur. Réveille-toi, tout mon être, ce n’est pas le moment de dormir !

L’attente creuse au-dedans de nous un espace de vie : nous appelons cela l’Avent. Aussi bien creuse-t-elle au-devant de nous un chemin nouveau, ce chemin qu’il nous faut inventer dans l’inconnu, à travers montagnes et collines, terres désertiques et terrains minés, dans l’obscurité, le chaotique et les champs de ruines. Comment ainsi n’être pas hantés par ce que vit l’Ukraine, pour ne parler que d’elle…

Et voici que le désir me creuse. Il éveille une nouvelle espérance chez mes frères et sœurs, croyants et incroyants qui n’acceptent pas de désespérer. Il creuse l’Église en douleur de guérison et de ré-enfantement… Il nous faut aller de l’avant. Non pas pour retrouver une sorte de paradis imaginé comme un décor de théâtre, non, mais, hors et avant tout, pour reconnaître ce qui germe au creux de nos pauvretés, paisiblement et sans ruminer nos doutes ou nos hontes.

Oui, au-dedans de la nuit tenace, se devine une aube timide, et comme une indicible présence capable de tout illuminer, le germe d’une irrésistible paix. Qu’elle est discrète l’annonce faite à Marie, confirmée par Elisabeth et par le songe de Joseph !

C’est un peuple de pauvres qui se prépare à accueillir le don du Très Haut, le Prince de la Paix. Il viendra dans la crèche de nos misères et nous serons les pauvres bergers accueillis par Marie et Joseph, éperdus de joie. Le vieux monde se réveille pour une nouvelle espérance.

Alors, tu peux te réveiller toi aussi, secouer tes vieilleries, retrouver ta jeunesse de cœur. Il s’agit seulement d’aller de l’avant, avec pour seule boussole,  la confiance. La Lumière chassera les ténèbres : « l’Ami des hommes », enfoui dans les langes de la petitesse, l’enfant de la crèche, apparaîtra pour combler ton désir et répondre aux appels de notre terre.

P. Guy Lepoutre sj,
Communauté Saint Claude La Colombière,
Paray-le-Monial

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