Dans ses Exercices spirituels, Ignace de Loyola (1491-1556) valorise l’écoute et la bienveillance dans le dialogue. Voici quelques principes pour bien débattre, inspirés du fondateur des jésuites :

  • Un présupposé de bienveillance

Dans les Exercices spirituels, Ignace de Loyola écrit : “Tout bon chrétien doit être plus enclin à sauver la proposition du prochain qu’à la condamner ; et s’il ne peut la sauver qu’il s’enquière de la manière dont il la comprend et, s’il la comprend mal, qu’on le corrige avec amour” (§ 22).
Quand mon interlocuteur tient un propos avec lequel je ne suis pas d’accord, je ne me laisse pas envahir par un sentiment d’hostilité. Mon interlocuteur est en train de me dire quelque chose d’important pour lui. Je l’interroge pour lui faire préciser ce que je ne comprends pas, pour saisir son raisonnement. Je peux ensuite revenir à mon argumentation non pas en me disant “Je vais l’emporter !” mais en cherchant à reconnaître ce qui, à mes yeux, pourrait avoir une part de validité. En retour, je m’interroge sur ma propre conviction : d’où vient-elle ? Qu’est-ce qui la motive ? Ce que je viens d’entendre l’éclaire-t-il d’une façon nouvelle ?

  • Je m’informe auprès de bonnes sources

Dans un débat de société, je prends le temps de m’informer sur les points de vue en présence – pas seulement celui dont je suis proche mais aussi celui dont je me sens éloigné – auprès de gens compétents qui ont étudié la question (spécialistes, chercheurs, etc.). En général, je vais m’apercevoir que le sujet est plus subtil et complexe que je l’imaginais au départ.

  • Je discerne

Au vu des arguments avancés par les deux parties, je m’interroge dans la prière. Quels fruits porte ma conviction ? Quand je l’affirme par la parole et par les actes, qu’est-ce que cela engendre en moi, autour de moi ? Je demande au Seigneur de venir m’éclairer. Est-ce que ma conviction augmente en moi la foi, l’espérance et la charité ?

> Source : article reproduit avec l’aimable autorisation des Cahiers Croire – Janvier-février 2019