Agnès Rausch a été un membre de la Communauté de Vie Chrétienne au Luxembourg. Retraitée, elle se consacre désormais à l’accueil des réfugiés avec le Jesuit Refugee Service (JRS).

Mon amour de Jésus-Christ trouve probablement ses origines dans la prière du soir que maman récitait quotidiennement avec nous et dans les images racontant la vie de Jésus au jardin d’enfants. À six ans, assise au premier rang de l’église, écoutant la prière après la communion, je m’imaginais sans peine me cacher « dans ses blessures ». Désireuse de me confronter au monde non croyant, je m’inscrivis pour la formation d’infirmière sociale à l’école d’infirmières annexée à l’Université Libre de Bruxelles et je devins témoin d’avortements et d’euthanasies. Non, ce n’était pas mon chemin !

Mon chemin était-il celui de la Communauté de Vie Chrétienne (CVX), à laquelle Jacques de l’Arbre sj m’avait invitée dès mon retour au pays? Je n’en étais pas certaine: ces gens semblaient planer, alors que je voulais garder les pieds sur terre. La révélation que Dieu est mon Père – une expérience forte, vécue lors d’une semaine de prière au Centre spirituel La Pairelle, à Wépion – me donna l’élan pour oser davantage. Vint, à 26 ans, une formation européenne pour jeunes animateurs CVX à Manresa. Ce fut un lieu de grâces : je découvre les Exercices spirituels, ma famille spirituelle, un Dieu qui n’oubliera jamais son peuple, et la décision d’une vie de célibat tombe comme un fruit mûr. J’y reçois aussi un ami, Sidney D’Souza sj, alors accompagnateur des jeunes de la CVX mondiale. J’ai eu la joie de le revoir au Kenya, 35 ans plus tard, lors d’un volontariat avec des étudiants.

Depuis lors, j’ai pu servir la CVX en responsable de groupe, dans l’équipe nationale du Luxembourg, comme accompagnatrice, toujours avec les jésuites, en vrais partenaires ! Engagée dans une vie très active – responsable du service-réfugiés de Caritas-Lu, membre du Conseil d’État, initiatrice du LISEL (Lieu d’Initiatives et de Services des Étudiants au Luxembourg) –, je n’aurais pu m’investir autant si je n’avais pas été accompagnée. Je me permets de nommer un jésuite en particulier, André de Jaer sj. Pour m’aider à remettre les pendules à l’heure, il y a aussi l’expérience régulière des Exercices, dont les trente jours à Bukavu à la fin de mon volontariat de quatre années à Kisangani (RDC).

Me voici retraitée depuis 2015 ! Avec l’arrivée de nombreux réfugiés, j’ai (re)découvert ma mission auprès d’eux, en lien étroit avec le réseau Jesuit Refugee Service (JRS) et le Groupe Ignatien des Migrations (GIM), joint-venture entre la CVX et les jésuites du Luxembourg. Avec les personnes en procédure « Dublin » et une équipe composée de jeunes professionnels, de membres de la CVX, de réfugiés reconnus, nous luttons pour des structures plus justes et plus solidaires. Et nous rêvons d’un JRS-LU!

Avec toute ma reconnaissance aux compagnons, à saint Ignace, à Jésus.

Agnès Rausch

> Source : revue Echos jésuites, été 2019S‘abonner gratuitement à la revue trimestrielle numérique et /ou papier