La réflexion théologique se situe généralement à l’horizon de la conceptualité, du raisonnement froid, et tend à se prémunir contre l’imagination, sans s’en priver totalement. Ne pourrait-elle pas ou ne devrait-elle pas, au contraire, l’améliorer et mieux l’intégrer en elle-même ? Et si oui, quel rôle l’imagination pourrait-elle jouer dans la théologie ?

Garder l’imagination à ses côtés est décisif pour ceux qui font de la théologie, et indispensable pour le discours de la foi. En effet, l’imagination joue un rôle unique dans l’accueil de Dieu qui se révèle et dans la réalisation de la foi elle-même. Croire n’est pas seulement une question conceptuelle : c’est une question de vie concrète des chrétiens, dans la prière, dans la liturgie, dans l’action.

Une collaboration entre théologie et imagination serait donc profitable, même pour l’imagination elle-même ! Si la culture contemporaine est pleine d’images préfabriquées, la révélation biblique et la grande tradition chrétienne pourraient la rafraîchir et étancher sa soif. Des paraboles à l’Apocalypse, des hymnes aux homélies, les visages, les paroles et les mains des saints attirent Dieu pour nous. Grâce à l’imagination, le Christ – Image de toutes les images – vient dynamiser notre imagerie fossilisée, nous rendant libres et heureux d’imaginer comme lui.

Intégrons donc l’imagination ! Elle nous rendra entiers et capables de jouer à l’image de Jésus.

Nicolas Steeves, jésuite, enseigne la théologie fondamentale à l’Université pontificale grégorienne de Rome.

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