Accompagner le discernement en commun : un plan d’action pour former plus et mieux

« Une équipe, une communauté, une association peuvent-elles vivre la démarche des Exercices spirituels comme si elles étaient un seul retraitant ? » Voilà comment la Curie générale des jésuites à Rome pose la question qui a servi de cap à un rassemblement inédit sur le discernement en commun. Fin 2025, une centaine de personnes, laïcs et religieux du monde entier, se sont ainsi rassemblées à Salamanque pour apprendre comment aider les groupes à réfléchir ensemble. Leurs échanges ouvrent la voie à un vaste processus de synodalité souhaité par le Père général et encouragé par le Pape.

Groupes discernement en commun Salamanque Le discernement renvoie à l’écoute de l’Esprit de Dieu dans l’ordinaire du quotidien. C’est un don important de saint Ignace, matérialisé à travers les Exercices spirituels. Le discernement est au cœur des missions de la Compagnie de Jésus. « Le but du discernement en commun est de chercher et de trouver la volonté de Dieu dans des questions importantes, où l’on ne sait pas clairement ce qu’il faut faire ou comment le faire, ce qui est le meilleur ou comment le faire de la meilleure façon possible », écrivait Arturo Sosa sj, le Père général, dans sa Lettre sur le discernement en commun, en 2017. « Depuis que le Pape François a commencé à mettre l’accent sur la synodalité, nous avons constaté une augmentation de la demande de personnes capables d’animer des réunions synodales. Le problème est qu’il n’y a pas assez de personnes disponibles et compétentes pour répondre à cette demande », déclare-t-on au sein de la Compagnie. Le Père Sosa a donc donné trois ans à la Compagnie pour lancer un projet international de formation à l’animation synodale.

 « Éclairer le chemin », un séminaire pour aller plus loin dans l’accompagnement

Du 24 novembre au 3 décembre 2025, près d’une centaine d’animateurs, tous impliqués dans des processus de discernement dans leurs pays, se sont réunis à Salamanque, en Espagne, pour approfondir leur formation à l’accompagnement des groupes. Parmi les participants originaires d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe, ou des États-Unis, des jésuites, des prêtres diocésains, des religieuses et des laïcs. Au programme : partages d’expériences et l’élaboration des principes fondamentaux d’un programme formation au discernement pouvant s’adapter à différents contextes culturels. La réunion fut aussi l’occasion d’explorer des solutions concrètes à certaines problématiques comme l’accompagnement d’un groupe de jeunes ou l’accompagnement d’un groupe en cas de conflit. « Le vrai travail commence maintenant alors qu’ils retournent dans leurs Provinces, leurs diocèses et leurs organisations pour partager ce qu’ils ont appris », se réjouit John Dardis sj, organisateur de l’événement.

Les échanges continuent dans les Provinces

Discernement en commun ateliers Salamanque Selon le plan d’action voulu par le Père général, cette première expérience sera suivie, durant l’année 2026, d’ateliers pour former des facilitateurs dans leurs contextes locaux. « La plupart des réunions à Salamanque se sont déroulées en anglais, avec une traduction simultanée en espagnol et en français, mais la facilitation est un processus délicat et les gens doivent pouvoir participer aux réunions synodales dans leur propre langue », souligne John Dardis sj. Dans cette optique, un livre et une boîte à outils devraient voir le jour. Celle-ci comprendra des vidéos et des exercices pratiques destinés aux animateurs. En outre, un site internet en cours de construction offrira des ressources aux personnes qui souhaitent servir l’Église en s’impliquant dans la formation au discernement en commun : www.ignitetheway.org. Notons aussi un webinaire le 26 janvier avec une présentation du Père Franck Janin, supérieur de la la communauté Saint-Michel à Bruxelles, sur les apports de ESDAC au discernement. Près de 150 personnes sont déjà inscrites à ce rendez-vous en ligne. « Je retiens de ces journées de travail une prise de conscience aiguë que la Compagnie de Jésus doit vraiment soutenir ce mouvement de synodalité initié, encouragé et mis en œuvre par le pape François et dont le pape Léon s’est emparé comme une nouvelle culture à faire naître dans l’Église mais pas seulement. La co-création est très en vogue et l’on retrouve dans le monde séculier, profane, dans le monde de l’entreprise par exemple, des démarches similaires qui font appel à l’intériorité et résonnent avec la dynamique des Exercices spirituels » explique Franck Janin.

Article publié le 21 janvier 2026

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