« AMDG » : Une devise au cœur de la mission jésuite

AMDG : ces quatre lettres gravées sur les frontons d’églises, inscrites dans les vitraux ou apposées sur les documents officiels de la Compagnie de Jésus, font figure de signature des jésuites. Elles peuvent intriguer… Que signifient-elles exactement ? Pourquoi restent-t-elles si centrales pour eux aujourd’hui ?

La Compagnie de Jésus porte une devise latine, tirée de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (10, 31), qui résume toute sa spiritualité et son action : « Ad majorem Dei gloriam ». Elle signifie : « Pour une plus grande glo ire de Dieu » (AMDG). Parfois, la traduction est « La plus grande gloire de Dieu » mais elle pourrait faire croire (à tort !) que seuls les jésuites seraient capables de servir Dieu pour sa plus grande gloire… un péché d’orgueil. Il ne s’agit pas de chercher à « rendre Dieu plus glorieux » mais d’orienter toutes nos pensées, nos paroles, nos actions et nos relations vers ce qui révèle davantage Dieu dans le monde, ce qui le fait connaître et aimer.

Pour saint Ignace, cette « plus grande gloire » passe par notre engagement concret dans le monde : servir les autres, œuvrer pour la justice, cultiver l’intériorité, éduquer, accompagner, soigner… Chaque geste, du plus modeste au plus ambitieux, peut participer à ce dessein : la réalisation de l’alliance entre Dieu et l’humanité dans l’histoire.

Cette devise est donc un appel à vivre avec un regard tourné vers un horizon plus large que soi : un horizon de service, de don, de dépassement. Elle invite à ne pas se contenter du minimum, mais à rechercher ce qui est meilleur, plus fécond, plus juste — ce qu’Ignace appelait le « magis », ce « davantage » qui pousse à grandir, à approfondir, à aimer plus pleinement.

Ici un nouveau collège jésuite voit le jour à Toukra en banlieue deN'Djamena, pour une plus grande gloire de Dieu.

Avec Dieu, pour Dieu

« Ad majorem Dei gloriam », c’est aussi une invitation à l’unification de notre vie : pas de cloisonnement entre la foi et l’action, entre la prière et le travail, entre le personnel et le professionnel. Tout peut être vécu avec Dieu et pour Dieu.

Ainsi, cette devise, loin d’être une formule figée du passé, continue de résonner aujourd’hui comme un chemin de vie : un cap, une exigence et une source de joie pour toutes celles et ceux qui, à l’école de saint Ignace, cherchent à « trouver Dieu en toutes choses ».

F. Théophile Désarmeaux sj

F. Théophile Désarmeaux sj

Frère jésuite, Théophile est actuellement en Régence au profit d’un projet social à Bagatelle (Toulouse) au sein du l’établissement scolaire du Caousou. Il est également membre de l’équipe jésuite des vocations ainsi que de la commission internationale sur le Frère jésuite.

Article publié le 9 janvier 2026

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