rupert_mayerFête le 3 novembre

30 octobre En Belgique, mémoire anticipée du Bienheureux Rupert Mayer

Rupert Mayer, né à Stuttgart le 23 janvier 1876 et ordonné prêtre en 1899, entra dans la Compagnie en 1900. Sa formation achevée, il se consacra pendant quelques années aux missions populaires. En 1912, il fut chargé de l’aumônerie des migrants à Munich, où il participa à la fondation des Sœurs de la Sainte Famille.

Pendant la Première Guerre Mondiale, il remplit héroïquement la charge d’aumônier militaire. Gravement blessé sur le front de Roumanie et amputé de la jambe gauche, il se consacra de nouveau à l’apostolat surtout parmi les pauvres. Enfin, à partir de 1921, il fut à la tête de la Congrégation mariale des hommes de Munich ; sous sa conduite, celle-ci prospéra admirablement aussi bien en nombre qu’en fruits.

Ce bienheureux fut parmi les premiers à reconnaître la vraie nature de l’hitlérisme naissant : dès 1923, il déclara publiquement qu’un catholique ne pouvait jamais adhérer au national-socialisme. Ayant poursuivi sans trêve sa lutte contre le nazisme après l’accession d’Hitler au pouvoir en 1933, après avoir été souvent arrêté, il fut transféré en 1939 au camp de concentration de Sachsenhausen.

 

Ses forces en vinrent à s’épuiser si gravement que les nazis redoutèrent qu’il ne vienne à mourir comme martyr. Aussi décidèrent-ils de l’exiler dans l’abbaye d’Ettal, où il demeura jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale entièrement coupé de tout et de tous.

Après quoi, il vint reprendre sa tâche pastorale dans la capitale de la Bavière, où il devait malheureusement bientôt mourir ; en effet, le 1er novembre 1945, il fut brusquement frappé d’apoplexie pendant l’homélie qu’il prononçait à la messe. Le Souverain Pontife Jean Paul II le déclara bienheureux en 1987, au cours d’une cérémonie solennelle à Munich même.

3 novembre

Bienheureux RUPERT MAYER, prêtre

Mémoire
(anticipée au 30 octobre en Belgique)

Commun des pasteurs (p. 260) ou des religieux (p. 265).

OFFICE DES LECTURES

DEUXIÈME LECTURE

Homélie du Cardinal Julius Döpfner

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu’ils seront rassasiés.

Ces paroles de l’Évangile s’appliquent éminemment au Père Rupert Mayer, dont le cœur ne brûlait que d’un seul désir, suivre Dieu, qui non seulement le conduisait, mais le poussait aussi sans aucune hésitation dans une seule et même direction. Le Père Mayer, en effet, était empli d’un amour profond et intrépide pour Dieu qu’il priait sans cesse en répétant les mêmes paroles : « Seigneur, comme tu veux, quand tu veux, ce que tu veux et parce que tu le veux ! » Sa vie était ainsi attirée comme par un aimant par Dieu et par sa volonté. « Ils seront rassasiés » : nous savons bien, en effet, comment est mort le Père Rupert Mayer, alors que, après la lecture de cette même page de l’Évangile, il prêchait sur la Béatitude des pauvres ; en effet, s’interrompant par trois fois, il s’était écrié : « C’est le Seigneur, le Seigneur, le Seigneur ! » C’est ainsi que s’accomplissait en lui la parole : « Ils seront rassasiés ». En effet, celui qui tout au long de sa vie avait l’habitude de se nourrir d’une grande familiarité avec Dieu, en ce der-nier instant a été rassasié de cette même nourriture, à l’heure où il sentit que s’accomplissait en lui ce que nous avons entendu dans la lecture d’aujourd’hui : « Nous le verrons comme il est » (1 Jn 3, 2).

Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde.

S’il fallait illustrer cette parole par les exemples donnés par Rupert Mayer, on ne s’arrêterait jamais de parler. Son cœur immense était si continuellement à l’écoute de quiconque lançait un appel sous le poids du besoin, qu’il entendait immédiatement cette voix, n’hésitant pas à inter-venir. Il n’en examinait pas moins ce qui était plus opportun ; nous constatons particulièrement cela, à l’époque où, pendant la guerre, il fut aumônier militaire : il était, en effet, toujours le premier dans les situations difficiles ! Mais aussi dans la grande ville où il exerça sa charge pastorale, son œil miséricordieux discernait rapidement le besoin, qu’il s’agisse des prisonniers, des ouvriers ou des familles. Il fonda dans ce but la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille ; c’est aussi pour cela qu’il fit tout ce qu’il put pour que la célébration de la messe fut proposée aux voyageurs dans la gare centrale. Ayant mesuré combien les esprits sortaient perturbés de la guerre, il n’épargna rien pour qu’il lui soit possible de participer à des réunions ou à des congrès, du moment qu’il lui était possible de faire entendre ne serait-ce qu’un petit mot d’espérance et de lumière. Une grande partie de chacune de ses journées était consacrée aux confessions et aux entretiens personnels : tout particulièrement s’il fallait venir en aide à quelqu’un à toute extrémité, il allait lui proposer son aide personnelle et prudente. Invité à prêcher, il s’y rendait immédiatement : il parlait volontiers aux hommes, surtout dans la Congrégation Mariale et dans les paroisses, toujours prêt à prononcer des paroles non seulement éclairées par la foi, mais d’une grande simplicité, très adaptées aux faits, extrêmement persuasives.

Bienheureux ceux qui souffrent persécution à cause de la justice, parce que le Royaume des cieux est à eux.

Cette route suivie, elle aussi, par Rupert Mayer nous est un exemple, car toutes les époques de sa vie sont remarquables par sa défense constante des justes causes. La très grande rectitude de son âme et son extraordinaire courage brillèrent plus pleinement sous le nazisme, et cela d’autant plus remarquablement que ses vertus s’associaient à un très grand discernement, celui-là même qui est nettement recommandé dans le discours sur les Béatitudes. Et n’oublions pas ce qu’il n’est pas permis d’ignorer : de tels hommes, qui se sont généreusement consacrés par des activités de toutes sortes au bien de leur prochain, souffrent profondément dans leur cœur toutes les fois qu’il ne leur est pas donné de faire quelque chose au service des autres. Mais alors, une fois accomplie une certaine purification intérieure, persévérant dans l’imitation de Notre Seigneur crucifié, mûrit enfin l’acte d’amour suprême par lequel ils s’offrent totalement et définitivement à Dieu.

R/ J’ai été fait témoin de la foi en Jésus-Christ notre Seigneur, et je ne crains plus rien.
* Je ne rougis pas de l’Évangile.

V/ Je veux mépriser la vie pourvu que soit annoncée sa Parole.
* Je ne rougis pas de l’Évangile.

Dieu, tu as fait du bienheureux Rupert un prêtre qui a courageusement confessé la foi et qui est venu en aide aux pauvres ; nous t’en prions, par son intercession, accorde-nous ta grâce : que se lèvent dans l’Église des prédicateurs hors de pair, et que nous soit donné un cœur ouvert aux détresses des hommes.