Il y a 50 ans, le P. Pedro Arrupe sj créait ce qui est devenu aujourd’hui le Secrétariat pour la Justice Sociale et l’Ecologie (SJES en anglais). Cet anniversaire a réuni plus de 200 représentants du monde entier du 4 au 8 novembre à Rome, dont trois de la Province d’Europe Occidentale Francophone : le P. Vincent Lascève sj, vicaire sur l’unité pastorale de Saint-Denis, Frédéric Rottier, directeur du Centre Avec (l’équivalent du CERAS en Belgique), et le fr. Jérôme Gué sj, délégué du Provincial à l’Apostolat social. Ils racontent leur expérience. 

210 représentants de toutes les provinces attendent dans la salle Clémentine. Des jésuites, pour les trois quarts, et des laïcs, dont une trentaine de femmes, avec une incroyable diversité culturelle, mais aussi habités par une grande communion et par une même urgence face aux défis sociaux et environnementaux. Voici alors le pape qui s’adresse à nous, et, de fait, à la Compagnie. Il commence par citer la Formula de 1550 (défense de la foi, réconcilier ceux qui sont dans la discorde, servir ceux qui se trouvent en prison ou à l’hôpital…), avec le commentaire suivant, parlant des premiers compagnons : « cela n’est pas une déclaration d’intentions, mais un mode de vie qu’ils avaient déjà expérimenté, qui les avaient remplis de consolation, et auquel ils se sentaient envoyés par le Seigneur ».

Effectivement, les participants au jubilé étaient habités par cette joie, alors que bon nombre font face à des situations sociales très difficiles. D’ailleurs, la figure des martyrs récents de la Compagnie a été très présente dans ce rassemblement, avec comme conclusion improvisée une belle lettre fictive d’un martyr anonyme aux jésuites d’aujourd’hui.

Une plus grande attention aux jeunes et aux pauvres

Les mots du pape rejoignent aussi la manière de recevoir les Préférences Apostoliques Universelles, non comme des priorités sur quoi faire, mais comme des préférences sur comment nous devons vivre dans ce que nous faisons. Il y a dans cela un appel à la conversion. La première est d’avoir une grande écoute des plus pauvres, et aussi des jeunes, cela nous a été rappelé très vivement par une jeune sud-africaine. Un jésuite américain a témoigné de son action au sein de Homeboy Industries, pour aider de très nombreux jeunes à sortir de la violence et éviter l’incarcération. Il disait : « on ne va pas aux marges pour fair une différence, mais on y va pour que les marges nous rendent différents ».

Pendant ces 5 jours, nous avons vécu quelque chose d’un peu nouveau, qui se cherche, et qui a été initié dans la manière dont la Compagnie a élaboré ces priorités, une sorte de discernement collectif, où le processus est aussi important que le résultat. Cela a rejoint l’expérience que les cardinaux jésuites Mickael Czerny et Pedro Barreto nous ont relatée du Synode de l’Amazonie, où pas moins de 80 000 personnes ont été associées sur le territoire concerné. Cela rejoint aussi ce qui se cherche dans nos sociétés sur la démocratie participative, mais bien sûr, avec une dimension spirituelle et de communion.

Et le pape termine par le dernier conseil du Père Arrupe en Thailande avant son accident cérébral : « n’abandonnez pas la prière ! ».

> Lire le discours du Père général Arturo Sosa

> Lire le discours du pape François en clotûre du congrès (en anglais)

 

Quelles sont les œuvres principales créées par le SJES depuis 1969 ?

Déjà en 1969, deux œuvres principales existaient :

  • l’Action Populaire, devenue le CERAS avec un tout un travail de réflexion et d’édition sur les questions sociales, sous le prisme de la doctrine sociale de l’Eglise. Et depuis, a été créé le Centre AVECà Bruxelles dans le même but.
  • l’engagement des prêtres ouvriers. Ils sont aujourd’hui à la retraite, mais avec encore un certain nombre actifs, quelques-uns avec le Quart-Monde, d’autres dans des quartiers populaires, contribuant aux implantations communautaires qui y sont.

Depuis 50 ans, l’apostolat social s’est fortement développé, notamment autour de certaines initiatives majeures :

  • L’extension de JRS (Jesuit Refugee Service) tant en France qu’en Belgique.
  • Les centres pour la formation professionnelle de jeunes en difficulté (Ecoles de production AFEP et ICAM, et Centres de Formation Continue, AFEPT et Le Marais) et l’accompagnement scolaire dans des zones défavorisées (ARPEJ), tous réunis dans le réseau Loyola Formation
  • Les centres d’accompagnement des étudiants, principalement étrangers, dans le leurs études, avec notamment le CISED à St Denis et le CPU à Lyon, en partenariat avec la famille ignatienne.
  • Le lancement dans différents établissements scolaires de dispositifs en faveur de jeunes défavorisés (CLIS, Micro-lycées, classe pour étrangers…),
  • Le développement du PAS (Programme d’Action Sociale) pour les élèves de nos établissements secondaires où supérieurs, afin qu’ils aient tous fait une expérience d’engagement social ou associatif.
  • L’ouverture de centres spirituels à des personnes en situation de fragilité, notamment à Penboc’h.

> Pour en savoir + sur le SJES : https://www.sjesjesuits.global/fr/

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