Du 30 juillet au 20 août 2019, 24 jésuites en formation venus de 17 pays d’Europe et au-delà se sont retrouvés à Paris pour la rencontre annuelle des jésuites européens en formation. Récit de deux participants

Une expérience mémorable et transformatrice : témoignage de Christopher Brolly

Le 31 juillet, lendemain de notre arrivée, nous avons été accueillis par le P. Franck Janin sj, président de la Conférence jésuite des provinciaux européens (JCEP), et par le P. Xavier Nucci sj, délégué à la formation de la Province EOF. Nous nous sommes ensuite retrouvés à l’église Saint-Ignace pour célébrer la fête du fondateur de la Compagnie de Jésus, saint Ignace de Loyola.

Pour nous jésuites, « le monde est notre maison » (1) et par conséquent, nous devons à la fois tenir un ancrage local et garder l’universel à l’esprit. Une des visées de l’EJIF est de construire cet esprit d’universalité en s’inscrivant chaque année, depuis 1986, dans une province européenne différente. Dans cet esprit, l’édition 2019 a commencé par deux jours d’orientation pendant lesquels nous avons exploré Paris à vélo, visité le Louvre et le palais de Versailles et célébré un « Festival des nations », afin de découvrir cette belle ville et d’apprendre à se connaitre les uns les autres, dans un esprit fraternel.

Rencontre des jésuites européens en formation _EJIFLe deuxième temps fut une session de six jours sur le thème du « Leadership ignatien, enraciné dans le Christ », animée par le P. John Dardis sj, de la Curie générale. Loin d’être une succession de conférences « professionnelles » arides, cette session fut une expérience personnelle profonde, inspirée par la dynamique des Exercices Spirituels. Nous avons  commencé par considérer nos expériences passées comme leader ou sous la responsabilité d’un autre ; puis étudié la figure du Christ et les traditions de gouvernance dans la Compagnie, y compris celle du Pape François.

Nous avons exprimé nos rêves pour nous-mêmes et pour nos provinces. Les défis posés par le contexte contemporain au leadership ont également été pris en considération, ainsi que la nécessité d’aller aux frontières de la société (en visitant notamment la banlieue dynamique, mais troublée, de Saint-Denis). Tout au long de la semaine, la session a été illuminée par des témoignages inspirants de différents intervenants : un provincial jésuite, un couple de laïcs engagés socialement, le biographe du pape François, la première adjointe au maire de Saint-Denis, etc.

Le troisième temps de la rencontre s’est déroulé au centre spirituel des Carmes d’Avon pour notre retraite annuelle de 8 jours. le P. José de Pablo sj, directeur de la retraite, nous a conduits dans les Exercices Spirituels avec un accent mis sur les préférences apostoliques universelles de la Compagnie de Jésus.

Après cette expérience, nous avons vécu 24 heures au Campus de la Transition écologique à Forges, un sas bienvenu avant de retourner à Paris. A la suite d’une journée de pèlerinage à travers le « Paris ignatien », la cérémonie de renouvellement de nos vœux, au Martyrium de saint Denis à Montmartre lieu où les Premiers compagnons ont prononcé leurs vœux religieux 485 ans plus tôt, a été l’aboutissement de cette session.

A l’issue de cette session, nous remercions le Seigneur pour ce programme formateur et riche en grâces, avec une reconnaissance particulière pour le «CoCo», le comité de coordination, et pour tous ceux qui ont contribué à cette expérience mémorable et transformatrice.

Christopher BROLLY, jésuite en formation de la Province de Grande-Bretagne

(1)    P. Jérôme Nadal (1507-1580)

En tant que jésuites, nous nous définissons par le fait d’être centrés sur le Christ : témoignage de Jonas Linz

Après avoir réfléchi ensemble sur le thème du « leadership », nous sommes arrivés à la même  conclusion: l’engagement d’être enraciné dans le Christ était au centre de ces jours vécus ensemble.

Je crois que cette conclusion révèle au moins deux aspects de la session et du programme : d’abord le titre de notre rencontre « le leadership ignacien: enraciné dans le Christ » n’était pas une promesse vide. J’ai expérimenté ce temps avec des compagnons venant de toute l’Europe comme un moment de profondeur spirituelle avec un message spirituel. Les bons conseils sur la gouvernance et la psychologie sont une chose, mais une approche ignatienne doit prendre conscience et nous mener vers une considération du « pourquoi » de nos actes. En outre, parmi ce groupe hétérogène, il y avait une grande unité sur ce point. Malgré nos propres expériences et cultures, en tant que jésuites, nous nous définissons par le fait d’être centrés sur le Christ.

Je rentre donc de Paris très enrichi grâce aux rencontres avec d’autres jeunes jésuites, avec une croissance de la foi, de l’espoir et de la charité. La foi parce qu’il y a un sens clair parmi nous tous de se sentir appelé. L’espoir parce que quelles que soient les difficultés des contextes sociaux, je suis sûr qu’il y a des jésuites à travers Europe qui répondront à Son appel. La charité grâce à ce sens d’unité parmi nous, compagnons de Jésus. Et tout est possible grâce au désir de s’enraciner plus profondément en Lui.

Jonas Linz, jésuite en formation de la Province d’Allemagne