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À l’école Le Caousou, on développe la méditation

Dans cette école jésuite de Toulouse, l’équipe enseignante pratique le dialogue contemplatif depuis 2007. Les enfants apprennent à se calmer et à se connaître, pour un meilleur apprentissage. Le journal ‘La Vie’ s’en fait l’écho

logo la Vie« Danièle Granry est directrice de l’école maternelle et primaire jésuite Le Caousou, à Toulouse. En 2005, elle a lancé au sein de son équipe une réflexion sur l’éducation à l’intériorité. Deux ans après, des enseignants commençaient à initier leurs élèves à la méditation. Aujourd’hui, dans cet établissement qui accueille près de 700 élèves, huit classes, de la moyenne section au CM2, y puisent régulièrement de quoi apprendre à mieux se connaître. Un quart d’heure de respiration et visualisation le matin, trois jours par semaine. Une séance plus longue pour ouvrir la semaine. Ou trois quarts d’heure de « dialogue contemplatif » tous les 15 jours… Plongée dans l’aventure intérieure du Caousou.

La méditation n’est pas une pratique isolée dans votre établissement. Elle s’inscrit dans un projet global.
Toute notre équipe est partie prenante : les enseignants, les surveillants, mon assistante, notre homme d’entretien… C’est essentiel ! L’apprentissage des émotions a des répercussions sur la façon de gérer les questions de comportement. Ceux qui entrent au Caousou sont frappés par l’atmosphère qui y règne. Un enfant qui comprend les raisons de son emportement « redescend » plus vite. En cas de problème, les surveillants m’envoient les élèves. Je leur laisse le temps de la réflexion. Puis ils sont invités à analyser : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que cela m’a fait ? Qu’est-ce que j’en fais ? » Cette année, notre thème de pastorale est « pèlerin de paix », en cohérence avec notre identité ignatienne et la recherche que nous menons. Chaque mois, toutes les classes étudient un personnage de paix, se créant ainsi une culture commune. À chaque fois, un niveau de classe le présente par une chanson, une saynète ou autre à tous les élèves réunis dans la cour.

Nous vivons ainsi des temps d’intériorité à 700. C’est impressionnant, émouvant même. Nos temps de méditation sont laïques, pour être accessibles à des enfants non pratiquants et parfois non chrétiens. Mais ils font partie de la pastorale. Si l’on ne se connaît pas de l’intérieur, on ne peut pas aller plus loin dans l’expérience de la foi. On voit d’ailleurs des enfants qui après la méditation semblent demeurer dans une incroyable qualité de recueillement, de prière. Nous avons par ailleurs une eucharistie par mois préparée par un niveau de classe, 1 h 15 d’enseignement religieux à partir du CE1, ainsi que la préparation aux sacrements. La pastorale, c’est tout cela, ce chemin personnel et interpersonnel que l’on peut faire ensemble.

Comment se passent les temps de méditation ?
Ils commencent par un rituel d’entrée pour marquer une rupture et de sortie pour que la transition avec le travail ne soit pas trop violente : on éteint la lumière ou on fait teinter une clochette. En 15 minutes, on déroule des exercices de respiration, d’éveil corporel (on se frotte les bras, les épaules, pour se « dépoussiérer » et on agit au passage sur des zones liées au stress), de visualisation (par exemple, on imagine que l’on boit un verre d’eau, puis le trajet de l’eau dans notre corps…).

caousou1

Le dialogue contemplatif est une forme ignatienne. La respiration y a sa place, mais à partir d’un support visuel ou auditif, on lance un cercle de parole et de partage. Au « premier tour », chacun exprime ce qu’il a ressenti immédiatement, puis au deuxième tour, chacun élabore à partir de ce que les autres ont dit.

Nous utilisons aussi des outils comme la « bulle », empruntée au chindaï, un art martial non violent : on monte les bras vers le ciel, on forme une bulle autour de soi, à laquelle on associe un élément, une couleur. En les accompagnant par la parole, on aide les enfants à se recentrer, à descendre à l’intérieur d’eux-mêmes et à retrouver un certain calme.

Quelles sont les vertus de ces exercices ?
Ils permettent aux enfants de mieux se connaître eux-mêmes… »

S’ouvrir à la vie intérieure : une aventure pour les enfants d’aujourd’hui

Un exercice d'intériorité en classe de CP autour de l'enseignate, Marie-Pierre Allard

« Est-ce que Celui qui a fait l’extérieur n’a pas fait aussi l’intérieur ? Offrez ce qui est au dedans de vous et alors tout sera pur pour vous. » (Luc, 11, 40-41).

 

Formateur en pédagogie au Centre d’études pédagogiques ignatien (CEP-I) depuis une dizaine d’années, j’ai souvent entendu des professeurs et éducateurs en collège dire : « La plupart des jeunes élèves, quand ils arrivent en sixième, ont une réelle difficulté à se concentrer durablement, à rester seuls en silence ».

Il y a 6 ans, partant de ce constat, nous avons, six chefs d’établissements du primaire et moi-même, commencé à travailler à la mise en place d’une pédagogie d’éveil à la vie intérieure. Afin d’élaborer un parcours pédagogique depuis la maternelle jusqu’à l’entrée au collège, nous sommes partis de cinq convictions :
• Chacun a une vie intérieure, quels que soient son âge et son éducation. C’est un donné pour tout être humain.
• Cette vie intérieure est complexe, composée de dimensions très diverses : émotions, affectivité, pensées, imagination, psychologie, spiritualité…
• Elle doit être éduquée (au sens étymologique : « conduire au dehors ») pour qu’elle vienne au jour et que chacun puisse
en prendre conscience. Mais elle ne peut l’être que par des « accompagnateurs » qui ont accepté, au préalable, de vivre l’expérience pour eux-mêmes.
• Par cette éducation, chacun doit être sensibilisé à l’importance de la communication permanente entre sa vie « extérieure » – ouverte à l’autre et au monde – et sa vie intérieure, personnelle et unique. Ces allers et retours se font selon des étapes que nous avons repérées, afin d’établir un parcours pédagogique adapté à chaque âge.

• Cela ne peut être fait que dans le respect de l’intimité qui est propre à chacun et donc inviolable.
Là encore, un travail d’accompagnement peut être proposé pour permettre à l’enfant de prendre conscience de cette intimité et de l’importance de la pudeur.

Ignace de Loyola – Nouvelle BD

Toni Matas
Dessin Picanyol
aux Éditions de l’Emmanuel

Une Bande Dessinée
pour Jeunes et enfants,
et pourquoi pas les adultes.

 

BD_IgnaceLe texte a été écrit par des jésuites catalans à partir du Récit du Pèlerin, ouvrage autobiographique  de Saint Ignace de Loyola

– 22×29,5 cm – 48 pages – 14,90 €
ISBN : 978-2-35389-236-5 – Parution : 06-2013
Pour acheter la BD

 

Ignace de Loyola – BD
Retrouvez en bande dessinée la vie du fondateur de la Compagnie de Jésus, ascète, voyageur infatigable, prêcheur et conseiller des âmes.

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