|
|
| Lettré de la Renaissance
italienne et élève du mathématicien Christophe Clavius, Matteo Ricci
fut le premier
européen à assimiler la culture chinoise et le précurseur de
l’échange des savoirs entre la Chine et l’Europe.
A la Chine, il apporta ses connaissances en
mathématiques, en astronomie, en cartographie. Il a ainsi traduit
les Principes de
Géométrie d’Euclide, et composa un Traité sur
les cieux et la terre, ainsi qu’une célèbre Mappemonde qui
changea la vision chinoise du monde. A l’Europe il transmit la
première traduction des Quatre
Livres du confucianisme ; il
inventa la transcription en lettres latines de la langue chinoise
pour composer le premier dictionnaire chinois en langue
occidentale (le portugais). Enfin, son Journal et sa
correspondance firent découvrir à l’Europe des Lumières aussi
bien la géographie de l’Empire chinois que ses institutions et
traditions culturelles. |
| Parti de Lisbonne en 1578, ce missionnaire
jésuite passa trois ans à Goa avant d’arriver à Macao en août 1582. Il
y commença l’étude de la langue. Puis, après diverses tentatives
au sud de la Chine, il est autorisé par l’empereur à venir à Pékin
en 1601. Là sa maîtrise de la langue et de la littérature chinoise,
ses connaissances scientifiques, ainsi que sa remarquable
personnalité, lui valurent la curiosité, mais aussi l’amitié de
nombreux lettrés et mandarins de la Cour. Ensemble, ils
comparent leurs savoirs respectifs et s’interrogent sur la
compatibilité entre leurs visions de l’existence : d’un côté, le
confucianisme, de l’autre le christianisme et la philosophie
d’Aristote. |
| A sa mort, le 11 mai 1610, l’empereur permit que
soit enterré à Pékin ce « lettré d’Occident » qui allait désormais
faire partie de l’histoire de Chine. Ses oeuvres allaient figurer
dans l’Encyclopédie impériale. Et au-delà, elles se diffusèrent
au Japon, en Corée et au Vietnam, notamment son Traité de
l’amitié. |
|
|