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par Henri Buisson sj
Quand les fleurs ont soif, elles savent le dire. Il y a celles qui ne fleurissent que si elles sont au soleil tandis que d'autres manifestent qu'elles en ont trop. Certaines ne redoutent pas d'avoir les pieds dans l'eau, tandis que d'autres ne le supportent pas. Quand elles sont malades, elles expriment leur souffrance. Bref, elles sont vivantes, différentes les unes des autres, elles demandent à être comprises. C'est cela qui donne la « main verte ». Une des caractéristiques de la vie est sa lenteur. On ne voit pas les plantes pousser, elles paraissent immobiles, pourtant elles grandissent. Cela vaut pour la vie humaine et même pour la vie spirituelle…
La plus étonnante est la fleur qui pousse toute seule, je ne l'ai pas semée, ni arrosée, ni sarclée, elle est pourtant belle, plus vigoureuses que celles qui ont eu tous les soins. Elle se passe fort bien de moi, elle me dit que je ne suis pas indispensable. Le créateur s'en occupe, il pourvoit à son bonheur. Et que dire des fleurs de la passion que beaucoup trouvent les plus belles, alors qu'elles ne demandent que quelques minutes en toute l'année, pour être taillées au printemps. Je me figure qu'il faut protéger les fleurs fragiles, ne pas les exposer au vent, leur trouver des conditions de vie idéales, à l'abri ! Quelle n'est pas ma surprise, si je les mets au contraire en plein vent, où, de fait elles reçoivent des blessures, cela les oblige à réagir, à se fortifier. Elles ne fleurissent pas plus tard que les autres, mais elles sont moins fragiIes, plus aptes à affronter les difficultés. Elles m'apprennent qu'il manque quelque chose d'essentiel à quelqu'un, s'il (ou elle) n'a pas eu à surmonter quelques difficultés. Il faudrait parler de la mauvaise herbe qui pousse mieux que la bonne, elle envahit tout. On lutte contre elle, mais elle repousse aussitôt si on n'a pas pu atteindre ses racines. Quel rude combat ! Tout cela me fait comprendre le langage des paraboles. Les lois de la vie sont les mêmes à tous les niveaux. L'homme descend des primates mais plus anciennement de tout ce qui vit.
Marie de Béthanie se souvient de cela quand elle vient oindre les pieds de Jésus avec du nard de grand prix : « Toute la maison se remplit ce l'odeur du parfum ». Puisse notre vie être un parfum qui se répand.
Henri Buisson, sj
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Jésuites : serviteurs
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