| Les effets rendus
sont ceux des flux permanents qui circulent dans un lieu tenu par
une architecture intimement liée à la peinture, manifestée
dans leur mise en dynamique réciproque et où toute frontière
est abolie entre fiction et réalité, nourrissant la métaphore
rappelée par Federico Borromeo de l'église comme un navire dans
son unité et dans son adéquation au mouvement. Cette nouvelle
rhétorique en images, qui fut classée dans l'appellation
générique "baroque", se fait rhétorique de l'image.
Cette mutation singulière qui pouvait discrètement
et anonymement se propager dans le parti visuel d'ordre voisin comme
les Téatins et les Oratoriens, selon l'exemple de la coupole réalisée
par Lanfranco à Sant Andrea della Valle, est le propre de la
vision jésuite : une nouvelle fusion entre matière et esprit où
la forme génère le message ressenti comme une vérité.
Loin de vouloir distinguer ce faisceau d' "inventiones"
partagé avec les artistes, les jésuites les laissent participer
à la propagation universelle de leur volonté spirituelle. C'est
pourquoi la rhétorique de l'image que nous tentons de dégager n'est
pas forcément circonscrite aux seules commandes de la Compagnie.
Il en résulte cette perspective d'une grandeur
de l'Eglise qui va affermir plus encore l'engagement de la foi catholique,
pour faire de l'Eglise une Eglise triomphante et non seulement militante.
L'art de peindre joue ici un rôle prépondérant. |