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| Baroque
vision jésuite
De Tintoret à Rubens |
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Extrait du catalogue d'une exposition
au Musée des Beaux-Arts de Caen
en 2003
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Entre Ignace de Loyola, fondateur de la
Compagnie de Jésus, la Compagnie elle-même et le monde des images
s'instaure, dès le début, une complicité immédiate et naturelle
qui répond aux objectifs du Concile de Trente tout en associant
dans le regard du croyant la profondeur du sentiment religieux
et la joie presque charnelle que procure la création artistique.
La jouissance de la couleur et de la forme
n'a jamais été pour la Compagnie susceptible de détourner du sentiment
religieux. Elle accueillit ainsi en son sein même, dans les
congrégations, les peintres et les sculpteurs qui mettaient
la beauté plastique au service de la foi. |
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Ignace de Loyola, on le sait, s'était
pris d'amitié pour le Michel-Ange le plus controversé pour
le rôle qu'il avait fait jouer au corps et à la nudité dans le Jugement
dernier, celui-là même qui en 1554 se proposa sans la moindre rétribution
d'établir les plans d'une église que les Jésuites projetaient de
construire à Rome.
Rubens lui aussi devint très tôt un fidèle
des Jésuites, jusqu'à devenir préfet d'une congrégation de Marie.
Le Bernin fut quant à lui, par son étroite
amitié avec le général Oliva, un des grands formalisateurs de la
pensée spirituelle et plastique de la Compagnie de Jésus - il avait
fait les exercices sous sa direction. Son biographe, Baldinucci,
rappelle qu'il aspirait avec un si grand désir au bonheur céleste
que pour y atteindre il alla, durant quarante années de suite, faire
retraite chez les pères de la Compagnie. |
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RUBENS Pierre-Paul
Abraham et Melchissédech
Huile sur toile, 204 x 250 cm Caen, musée des Beaux-Arts |
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Depuis Louis de Morales, dont la lecture des
Exercices spirituels a été si bien analysée par le père Gutierrez
de Ceballos, tous ont cherché l'expression qui révèle le rapport
immédiat avec le surnaturel, faisant dès lors, afin de propager
la foi, un usage démesuré du corps en mouvement, des jeux des perspectives
construisant un espace infini, des effets de lumière diffusée jusqu'au
repli de la matière, jusqu'aux notations les plus exacerbées de
la nature céleste, terrestre et humaine.
La forme de l'expérience spirituelle conçue
et désignée par Ignace de Loyola était destinée à tous. Il en va
de même pour l'expérience plastique censée la supporter. C'est
ce que fera le père Pozzo, auteur après Baciccia des expériences
d'illusion les plus fortes, qui s'ingéniera à rendre accessibles
des techniques de mise en espace accessibles seulement dans les
ateliers des maîtres.
Cette unité d'intention, de pensée et de forme
avait été sentie par Goethe qui écrivit dans son Voyage en
Italie que les jésuites avaient " dans leurs plans quelque chose
de grand et de complet qui inspire à tout le monde un sacré respect
".
La rhétorique de l'image jésuite se traduit par un nouveau sentiment
spatial fondé comme dans l'architecture sur l'élargissement et l'étirement
continu. La tension vers l'extérieur, le recouvrement maîtrisé de
la surface révèle un jeu de forces qui se déploie autour d'une ou
plusieurs figures comme autant de polarités qui attirent puis en
retour diffusent : saints, évangélistes, docteurs, prophètes.
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Pour en savoir plus sur cette exposition :
> La
présentation de l'exposition sur le site de La Tribune de l'Art
> Le
musée de la ville de Caen
> La
Gallerie Borghèse
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> Lubin
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