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Message
Que ce Colloque sur le Père Teilhard se tienne à Rome, et à l'université Grégorienne, me semble particulièrement significatif. Je voudrais seulement mettre ce fait en relief. Le Père Pierre Teilhard de Chardin a rendu deux fois visite a la Ville éternelle: en 1948 et en 1951. Il reconnaît, dans une de ses lettres, qu'il a pu y parler avec toute la franchise qu'il considère comme un des trésors les plus précieux de la Compagnie de Jésus. Au Supérieur général d'alors, le Père Jean-Baptiste Janssens, il a pu exprimer le sentiment profond qu'il a de la réalité organique du monde. Ce sentiment l'a marqué depuis l'enfance, et il a mûri au fil des années, devenant la conviction d'une convergence générale de l'univers vers Celui "in quo omnia constant", ce Christ que la Compagnie, selon son propre aveu, lui a appris à aimer. Il confesse franchement à son Supérieur général que sans cette extraordinaire et inépuisable source de clarté, il lui est devenu presque physiquement impossible de respirer, de croire, d'adorer. Jamais le Christ ne lui a paru plus réel, ni plus personnel, ni plus immense. Comment dès lors, s'interroge-t-il, admettre que cette orientation dans laquelle il s'est engagé soit mauvaise ? Sans doute reconnaît-il pleinement
que Rome puisse avoir ses raisons d'estimer que sa vision, sous sa forme
présente, est prématurée, incomplète, et que
la diffuser présenterait des inconvénients. En tout cas, Dans le plus pur esprit ignatien, il ne pense pas que cet approfondissement personnel puisse demeurer caché : "si je n'écrivais pas, je trahirais", note-t-il. Mais cela demeure un témoignage intérieur, qui ne s'impose pas mais se propose, à tous ceux en qui vivent le sens cosmique, la foi chrétienne au monde, et l'engagement pour la construction de l'avenir. Pour accomplir cette mission, il n'était pas soutenu par un optimisme indéfectible. Il pouvait être découragé, angoissé. Mais le mystère pascal le faisait oser. C'est un dimanche de Pâques qu'il achève la "Messe sur le monde", c'est un dimanche de Pâques qu'il est mort. Dans la "Messe sur le monde", il reprend la vision inaugurale du Christ de l'Apocalypse, ce livre qui voit des cataclysmes briser le monde, et l'espérance pascale portée par les témoins de l'Agneau. "Vous que mon être appelait d'un désir aussi vaste que l'univers, vous êtes vraiment mon Seigneur et mon Dieu." Que ce Seigneur rassemble en son exubérante unité les travaux, les efforts et les fruits de ce Colloque, qui se tient a Rome, en l'Université grégorienne. P.H. Kolvenbach, sj |
Pour en savoir plus : > cinquantième anniversaire de la mort de Teilhard > Le site de la Fondation Pierre Teilhard de Chardin > Petite biographie de Pierre Teilhard de Chardin > Un excellent choix de textes pour découvrir Teilhard > Teilhard de Chardin, maître spirituel (article de la revue Choisir en pdf) > Le Muséum d'Histoire Naturelle et Teilhard > Site présentant de nombreux extraits de l'oeuvre de Teilhard |
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