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Plus de 3000 personnes à New York Le dimanche de Pâques 1955, le 10 avril, Teilhard mourrait d'une crise cardiaque à New York. Sa disparition passa à ce moment quasi inaperçue. Le phénomène Teilhard commença avec la publication de ses oeuvres en 1955. Aux Etats-Unis, la première traduction anglaise parût en 1959 et d'emblée devint un best-seller qui transforma la vie de milliers de personnes. Fordham, l'université jésuite de New York, devint alors le centre des études teilhardiennes aux Etats-Unis, puis l'American Teilhard Association organisa à l'échelle du pays des séminaires, conférences, publications.
Les commémorations du cinquantième anniversaire qui ont duré du 7 au 12 avril 2005 ont été organisées par l'Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin, l'American Teilhard Association, les universités jésuites Fordham et Georgetown. En tout plus de 3000 personnes ont participé, avec une forte délégation de plus de 100 personnes venant de France, mais aussi avec des individuels venant du reste de l'Europe, Egypte, Corée et Chine. La session inaugurale s'est tenue au siège des Nations Unies, avec un message de Kofi Annan, rappelant comment la pensée holistique de Teilhard avait imprégnée l'ONU et reste une source d'inspiration au moment même où l'organisation s'engage cette année dans une réforme décisive de ses institutions. L'ambassadeur de France, Jean-Marc de la Sablière, a lu le message du président Chirac qui a rappelé l'engagement de la France en faveur de l'environnement. L'ambassadeur américain Stuart Holliday a évoqué comment il avait été personellement en contact avec la pensée de Teilhard lors de ses études à Georgetown, l'université jésuite de Washingtown. Après les messages des deux présidents des associations Teilhard, Michel Camdessus, ancien directeur du FMI, a plaidé pour une humanisation de la mondialisation, notamment pour ce que les pays riches respectent les engagements qu'ils ont pris en l'an 2000 en faveur des plus pauvres. Après la matinée à l'ONU, un colloque organisé par Thierry Meynard s.j. à Fordham réunissait les meilleurs spécialistes de la pensée de Teilhard: Lothar Schaefer, professeur de biochimie de l'université d'Arkansas, Thomas King s.j. professeur de théologie de Georgetown, Ursula King, professeur de religion de l'université de Bristol, Angleterre, Jean Boissonnat, journaliste, et Henri Madelin s.j. professeur à Sciences Po Paris. Le vendredi 8 avril, les participants se sont retrouvés au siège de l'ONU, pour débattre de développement durable et éthique globale. Bertrand Collomb, du groupe cimentier Lafarge, a expliqué les choix que son entreprise avaient fait avec des partenaires locaux pour la préservation du milieu naturel et des espèces. Certains participants ont proposé une vision différente de la nature: vu la destruction irréversible causée par l'homme de tant d'espèces animales et végétales, ils ont prôné l'idéal d'une nature qui existerait pour elle-même, sans l'homme. La fin de la session s'est finie par un message de Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix 2004, qui a trouvé en Teilhard une source d'inspiration pour son combat en Afrique de l'Est pour la promotion de la femme, articulant données politiques, sociales, culturelles et naturelles.
La messe à l'église St Ignace clôturait ces 4 journées à New York. Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l'ONU, remplaçait le cardinal Avery Dulles s.j. qui aurait dû présider la messe mais qui se trouvait à Rome pour l'enterrement de Jean-Paul II. Les textes de la messe sur le monde, écrits par Teilhard en Chine dans les années vingt, ont été intégrés à la liturgie. Enfin, une journée académique s'est tenue à Georgetown, où le père Thomas King s.j. enseigne depuis plus de 30 ans la pensée de Teilhard, et a constitué un fond important de lettres originales de Teilhard. D'autres conférences se tiendront à l'automne 2005 en Nouvelle Angleterre et dans le Maryland.
Bref, il est fascinant de voir comment la pensée de Teilhard reste si vivante aux Etats-Unis, attirant des hommes et des femmes avec des intérêts si variées : écologie, paix, spiritualité, théologie, philosophie, science,... Dans un pays gagné par les courants néo-conservateurs, Teilhard représente pour beaucoup une pensée de la résistance et de l'espoir. Thierry Meynard s.j. 24 avril 2005
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Pour en savoir plus : > Des photos des commémorations > Le site de la Fondation Pierre Teilhard de Chardin > Petite biographie de Pierre Teilhard de Chardin > Un excellent choix de textes pour découvrir Teilhard > Teilhard de Chardin, maître spirituel (article de la revue Choisir en pdf) > Le Muséum d'Histoire Naturelle et Teilhard > Site présentant de nombreux extraits de l'oeuvre de Teilhard |
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