3 novembre
Bienheureux RUPERT MAYER, prêtre
Mémoire
(anticipée au 30 octobre en Belgique)
Commun des pasteurs (p. 260) ou des religieux (p. 265).
OFFICE DES LECTURES
DEUXIÈME LECTURE
Homélie du Cardinal Julius Döpfner
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés.
Ces paroles de l'Evangile s'appliquent émi-nemment au Père Rupert Mayer, dont le cœur ne brûlait que d'un seul désir, suivre Dieu, qui non seulement le conduisait, mais le poussait aussi sans aucune hésitation dans une seule et même direction. Le Père Mayer, en effet, était empli d'un amour profond et intrépide pour Dieu qu'il priait sans cesse en répétant les mêmes paroles : « Seigneur, comme tu veux, quand tu veux, ce que tu veux et parce que tu le veux ! » Sa vie était ainsi attirée comme par un aimant par Dieu et par sa volonté. « Ils seront rassasiés » : nous savons bien, en effet, comment est mort le Père Rupert Mayer, alors que, après la lecture de cette même page de l'Evangile, il prêchait sur la Béatitude des pau-vres ; en effet, s'interrompant par trois fois, il s'était écrié : « C'est le Seigneur, le Seigneur, le Seigneur ! » C'est ainsi que s'accomplissait en lui la parole : « Ils seront rassasiés ». En effet, celui qui tout au long de sa vie avait l'habitude de se nour-rir d'une grande familiarité avec Dieu, en ce der-nier instant a été rassasié de cette même nourri-ture, à l'heure où il sentit que s'accomplissait en lui ce que nous avons entendu dans la lecture d'aujourd'hui : « Nous le verrons comme il est » (1 Jn 3, 2).
Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtien-dront miséricorde.
S'il fallait illustrer cette parole par les exemples donnés par Rupert Mayer, on ne s'arrêterait ja-mais de parler. Son cœur immense était si conti-nuellement à l'écoute de quiconque lançait un appel sous le poids du besoin, qu'il entendait immédiatement cette voix, n'hésitant pas à inter-venir. Il n'en examinait pas moins ce qui était plus opportun ; nous constatons particulièrement cela, à l'époque où, pendant la guerre, il fut aumônier militaire : il était, en effet, toujours le premier dans les situations difficiles ! Mais aussi dans la grande ville où il exerça sa charge pastorale, son œil miséricordieux discernait rapidement le be-soin, qu'il s'agisse des prisonniers, des ouvriers ou des familles. Il fonda dans ce but la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille ; c'est aussi pour cela qu'il fit tout ce qu'il put pour que la célébra-tion de la messe fut proposée aux voyageurs dans la gare centrale. Ayant mesuré combien les esprits sortaient perturbés de la guerre, il n'épargna rien pour qu'il lui soit possible de participer à des réunions ou à des congrès, du moment qu'il lui était possible de faire entendre ne serait-ce qu'un petit mot d'espérance et de lumière. Une grande partie de chacune de ses journées était consacrée aux confessions et aux entretiens personnels : tout particulièrement s'il fallait venir en aide à quelqu'un à toute extrémité, il allait lui proposer son aide personnelle et prudente. Invité à prê-cher, il s'y rendait immédiatement : il parlait vo-lontiers aux hommes, surtout dans la Congréga-tion Mariale et dans les paroisses, toujours prêt à prononcer des paroles non seulement éclairées par la foi, mais d'une grande simplicité, très adap-tées aux faits, extrêmement persuasives.
Bienheureux ceux qui souffrent persécution à cause de la justice, parce que le Royaume des cieux est à eux.
Cette route suivie, elle aussi, par Rupert Mayer nous est un exemple, car toutes les époques de sa vie sont remarquables par sa défense constante des justes causes. La très grande rectitude de son âme et son extraordinaire courage brillèrent plus pleinement sous le nazisme, et cela d'autant plus remarquablement que ses vertus s'associaient à un très grand discernement, celui-là même qui est nettement recommandé dans le discours sur les Béatitudes. Et n'oublions pas ce qu'il n'est pas permis d'ignorer : de tels hommes, qui se sont généreusement consacrés par des activités de toutes sortes au bien de leur prochain, souffrent profondément dans leur cœur toutes les fois qu'il ne leur est pas donné de faire quelque chose au service des autres. Mais alors, une fois accomplie une certaine purification intérieure, persévérant dans l'imitation de Notre Seigneur crucifié, mûrit enfin l'acte d'amour suprême par lequel ils s'of-frent totalement et définitivement à Dieu.
R/ J'ai été fait témoin de la foi en Jésus-Christ
notre Seigneur, et je ne crains plus rien.
* Je ne rougis pas de l'Evangile.
V/ Je veux mépriser la vie
pourvu que soit annoncée sa Parole.
* Je ne rougis pas de l'Evangile.
Dieu, tu as fait du bienheureux Rupert un prêtre qui a courageusement confessé la foi et qui est venu en aide aux pauvres ; nous t'en prions, par son intercession, accorde-nous ta grâce : que se lèvent dans l'Eglise des prédicateurs hors de pair, et que nous soit donné un cœur ouvert aux détresses des hommes.
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