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Retour à la liste des Saints et bienheureuxSaint LOUIS DE GONZAGUE
Fête le 21 juin

 

Fils aîné de Ferdinand de Gonzague, marquis de Castiglione delle Stiviere, Louis naquit en 1568, au château de Castiglione, près de Mantoue.

À l'âge de neuf ans, il fit vœu de chasteté perpétuelle devant l'autel de la Vierge. Il vécut durant plusieurs années en Espagne parmi les pages de Marie d'Autriche. Au terme d'une longue lutte avec son père, il obtint de celui-ci la permission d'entrer au noviciat de la Compagnie en 1587.

Quatre ans plus tard, ayant épuisé toutes ses forces à soigner les malades atteints de la peste, il mourut à Rome en 1591. Il fut canonisé par Benoît XIII en 1726 et proclamé, en 1729, patron de la jeunesse, spécialement des étudiants.

21 juin
Saint LOUIS DE GONZAGUE, religieux

Mémoire

Commun des religieux (p. 271).

OFFICE DES LECTURES

DEUXIÈME LECTURE

Lettre de saint Louis de Gonzague à sa mère (10 juin 1591).

Je chanterai sans fin les miséricordes de Dieu.

Que la grâce et la consolation de l'Esprit-Saint, très vénérée mère, soient toujours avec vous.

Votre lettre m'a trouvé encore vivant dans cette région des morts, mais prêt à partir pour aller à jamais louer Dieu dans la terre des vivants. Je pensais qu'à cette heure j'aurais déjà fait le pas décisif. Si « la charité, comme dit saint Paul, pousse à pleurer avec ceux qui pleurent et à se réjouir avec ceux qui sont dans la joie », la joie de votre Seigneurie devra être bien grande, pour la grâce que Dieu nous accorde dans ma personne, Dieu Notre-Seigneur me conduisant au vrai bonheur et m'assurant que je ne le perdrai pas.

Je vous avoue que je m'abîme et que je me perds dans la considération de cette bonté divine, cette mer immense, sans rivage et sans fond, qui m'appelle à un repos éternel après de bien courtes et bien légères fatigues. Elle m'invite du haut du ciel à ce souverain bonheur que j'ai cherché avec trop de négligence et elle me promet la récompense du peu de larmes que j'ai versées. Que votre Seigneurie veille donc à ne pas offenser cette infinie Bonté, ce qui arriverait sûrement si vous veniez à pleurer comme mort celui qui va vivre en la présence de Dieu et qui vous servira plus par ses prières qu'il ne le fit ici-bas.

Notre séparation ne sera pas longue ; nous nous reverrons au ciel et, réunis pour ne plus nous séparer, nous jouirons de notre Rédempteur, nous le louerons de toutes nos forces et nous chanterons éternellement ses miséricordes. Tout ce qu'il fait est bien fait, puisque s'il nous enlève ce qu'il nous avait donné, c'est pour le mettre en lieu sûr et nous rendre ce que tous nous désirons davantage.

Je vous écris tout cela uniquement à cause du désir que j'ai que vous, Madame ma mère, et toute la famille receviez la nouvelle de ma mort comme une grande faveur. Que votre bénédiction maternelle m'accompagne et me dirige dans la traversée de l'océan de ce monde et me fasse arriver heureusement au port de mes désirs et de mes espérances. Je vous écris avec d'autant plus de plaisir qu'il ne me reste plus d'autre preuve à vous donner de l'amour et du profond respect qu'un fils doit à sa mère.

( Acta Sanctorum , Juin 5, p. 878 ; trad. fr. in : E. Delpierre et A. Noché, Saint Louis de Gonzague et la Renaissance italienne . Le Puy 1945, pp. 313-314).

 

 

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