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Retour à la liste des Saints et bienheureuxBienheureux JOSEPH DE ANCHIETA
Fête le 9 juin

 

Joseph de Anchieta naquit le 19 mars 1534 dans le village de San Cristobal de la Laguna (Ténérife, Canaries). Il entra dans la Compagnie de Jésus dans la Province du Portugal le 1er mai 1551. Deux ans plus tard, il fut envoyé au Brésil.

Dans son amour pour le Christ, il s'y consacra tout entier à promouvoir, à la lumière de l'Évangile, le bien des indigènes, tant au plan humain qu'au plan chrétien. Au prix d'une activité apostolique multiple et infatigable, il poursuivit cette oeuvre jusqu'à sa mort.

Ordonné prêtre en 1566 et choisi comme Supérieur des communautés de saint Vincent et de saint Paul, il fut nommé, dix ans après, Provincial de toute la mission du Brésil, charge dans laquelle il se montra pendant dix ans un Supérieur plein de sagesse et un guide remarquable.

Joseph de Anchieta fut le premier à composer une grammaire de la langue des indigènes qu'il évangélisait ; il fut aussi le premier à composer un catéchisme dans cette même langue ; comme le demandait sa tâche de missionnaire et d'apôtre, il rechercha tous les moyens possibles pour soulager la situation des indigènes, et il fit tout pour élever leur niveau de vie, aussi bien au plan humain qu'au plan social et moral. Ceci fut bientôt connu à travers tout le Brésil ; aussi fut-il appelé par tous "l'Apôtre du Brésil".

Il mourut le 9 juin 1597 à Reritiba ; cette ville porte aujourd'hui, en son honneur, le nom d'Anchieta. Jean Paul II l'inscrivit parmi les Bienheureux le 22 juin 1980.

9 juin
Bx. JOSEPH DE ANCHIETA, prêtre
Mémoire

Commun des pasteurs (p. 260).

OFFICE DES LECTURES

DEUXIÈME LECTURE

Extrait des lettres du bienheureux Joseph de Anchieta à Jacques Laynez, Général de la Compagnie de Jésus.

Rien n'est pénible pour ceux qui n'ont qu'un but,

l'honneur de Dieu et le salut des âmes

Je pourrais vous dire encore bien des choses, surtout à propos des esclaves dont les uns meurent peu de temps après leur baptême et d'autres, baptisés depuis quelque temps, se présentent devant le Seigneur après s'être confessés. C'est pourquoi nous ne cessons, en quelque sorte, de visiter tous les villages, qu'ils soient peuplés d'indiens ou de Portugais, sans nous laisser arrêter ni par la bonace, ni par les pluies, ni par les inondations. Bien souvent nous traversons même de nuit d'épaisses forêts pour aller secourir les malades. Tout cela ne se fait pas sans peine, car les chemins sont difficiles, la température pénible et les villages à la fois très nombreux et très éloignés les uns des autres. Nous ne suffisons pas pour répondre à tous les besoins qui se présentent ; et, serions-nous plus nombreux, nous ne le pourrions pas davantage. Ajoutez à cela que nous, qui essayons de répondre aux besoins des autres, sommes souvent en mauvaise santé et défaillons sur le chemin, en proie à toutes sortes de douleurs, si bien que c'est à grand peine que nous arrivons à achever notre route ; en sorte que les médecins semblent avoir autant besoin d'une aide que les malades eux-mêmes. Mais rien n'est pénible pour ceux qui n'ont qu'un seul but, l'honneur de Dieu et le salut des âmes, des âmes pour lesquelles ils n'hésiteront pas à donner leur vie. Bien souvent nous interrompons notre sommeil pour aller vers les malades et les mourants.

J'ai parlé des mourants, parce que c'est alors que l'on peut penser avoir obtenu un fruit qui demeure pour toujours. Pour ce qui est des vivants, je n'oserai rien dire, l'inconstance de beaucoup étant si grande que l'on ne peut ni ne doit attendre d'eux quoi que ce soit qui dure longtemps. Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur ! Eux qui ont échappé aux périls de cette mer changeante après avoir embrassé la foi et les commandements du Seigneur et qui sont passés à la vie, libérés des liens de la mort ; l'heureuse fin de ces hommes nous donne une si grande consolation qu'elle adoucit la peine que nous fait endurer la malice des vivants. Avec ces derniers nous travaillons du mieux que nous pouvons à les instruire, les exhortant par des prédications et des entretiens personnels à persévérer dans ce qu'ils ont appris. Beaucoup se confessent et communient chaque dimanche ; beaucoup viennent de villages dans lesquels ils sont dispersés pour entendre la messe et se confesser.

(Lettre du 1 er juin 1560 ; texte original portugais dans : Serafim Leite, s.j., Càrtas dos primeros Jesuitas do Brasil , vol. 3 (1558-1563), Sao Paulo, 1954, pp. 253-255).

 

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