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Retour à la liste des Saints et bienheureuxBienheureux JACQUES BERTHIEU
martyr,
Fête le 8 juin en France*

* Dans les autres provinces de la Compagnie, Jacques Berthieu est fêté le 4 février

 

Né dans le diocèse de Saint-Flour (France) en 1838, Jacques Bethieu fut prêtre au service de ce diocèse de 1864 à 1873, et entra au noviciat en 1873. Deux ans plus tard, il fut envoyé à Madagascar, où il se dévoua jusqu'à sa mort.

Ses vingt-et-une années d'apostolat furent entrecoupées de trois exils, à cause des lois françaises antireligieuses et des guerres coloniales. Tout dévoué à ses brebis, il ne leur cachait pas les exigences de la sainteté, notamment l'unité et l'indissolubilité du mariage. Arrêté le 8 juin 1896 lors d'une insurrection, il refusa à plusieurs reprises d'apostasier et fut fusillé le même jour.

Martyr de la foi et de la chasteté, il fut béatifié par Paul VI le 17 octobre 1965, pendant le concile Vatican II.

* Dans les autres provinces de la Compagnie, Jacques Berthieu est fêté le 4 février

 

8 juin
Bx. JACQUES BERTHIEU, prêtre

Mémoire à Madagascar,

mémoire facultative en France

Commun des martyrs (p. 237).

OFFICE DES LECTURES

DEUXIÈME LECTURE

Extrait d'une lettre du bienheureux Jacques Berthieu à un prêtre de ses amis.

Il ne peut accepter l'invitation d'un voyage en France

... Je ne puis vous le cacher, il y a eu quelques changements que la grâce de Notre Seigneur, en m'appelant à la vocation religieuse, a dû opérer en moi. Il a fallu consommer en réalité et pour toujours et non in voto et ad tempus (en désir et pour un temps seulement) certains sacrifices que Notre Seigneur demande à ceux qu'il a daigné appeler à sa suite de plus près et speciali modo (d'une manière particulière). C'est mon cas. il n'est pas d'usage chez nous, quand on est en mission à l'étranger, qu'on rentre jamais en France pour simple visite, alors même qu'on vous payerait les gros frais de voyage, comme l'aurait désiré ma mère pendant la guerre franco-malgache, alors que nous étions expulsés.

Donc, cher ami, un bon au revoir au ciel, si Dieu m'en fait la grâce ; c'est tout ce que je puis vous promettre à vous comme à ma chère, nombreuse et bien-aimée famille qui en a fait son sacrifice comme moi, dès le premier jour.

Dieu sait si j'aimais et si j'aime encore et patriae fines et dulcis Alverniae arva (le sol de la patrie et la terre chérie de l'Auvergne). Et cependant Dieu me fait la grâce d'aimer bien plus encore ces champs incultes de Madagascar, où je ne puis que pêcher (et bien péniblement) à la ligne quelques âmes pour Notre Seigneur. Je conserve de Roanne un excellent souvenir. Mais je sais d'autre part, et pour sûr, que c'est ici que Dieu m'a appelé : y rester jusqu'à ma dernière heure n'est plus pour moi un sacrifice ; revenir en France en serait un que je ne pourrais faire que pour Dieu, comme je fis le premier. Je vous parle franchement et sans figure. C'est là un des secrets très communs, mais peu connus, de la vie missionnaire.

... Je suis maintenant depuis dix-huit mois à une grosse journée Nord de Tananarive, sans compagnon (confrère) pour la première fois de ma vie, ayant dix-huit postes à desservir sur une très vaste étendue... Me voilà donc depuis lors missionnaire pour tout de bon et je m'y suis fait. Mes forces baissent, mais je puis bien encore monter à cheval... Une fois le mois, à la réunion des Pères, je vais à la capitale, pour toutes les affaires... Je n'y manque guère. Voilà en partie ma vie. Pour résumer, c'est ici que le Royaume des cieux souffre violence de la part de nombreux, méchants et puissants ennemis.

Quant à vous donner quelque conseil d'ami, je ne l'ose guère. Je me bornerai à celui de saint Paul, qui me regarde moi autant et plus que vous : Attende tibi et gregi in quo te posuit Deus... regere ecclesiam (veille sur toi-même et sur le troupeau où Dieu t'a placé... pour être pasteur de l'Eglise) ( cf. Act 20, 28).

(Ed. A. Boudou, Le P. Jacques Berthieu , Beauchesne, 1935, pp. 342, 344-345).

 

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