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16 mai Commun d'un martyr (p. 237) ou des pasteurs (p. 260). OFFICE DES LECTURES DEUXIÈME LECTURE Lettre décrétale du Pape Pie XI pour la canonisation d'André Bobola. C'est le propre du chrétien de faire et souffrir de grandes choses André Bobola se donna tout entier au ministère sacerdotal qu'il exerça d'abord à ViInius, puis à Bobrujsk avec un zèle admirable que ne purent briser ni les innombrables fatigues, ni le malheur des temps, ni la funeste épidémie qui durant trois ans ravagea ces contrées. Il s'efforçait d'affermir les fidèles dans la perfection chrétienne et d'apporter lumière et soulagement aux âmes retenues dans les ténèbres de la superstition. Dans les villes comme dans les campagnes, il enseignait avec soin la doctrine chrétienne ; et, visitant souvent les maisons des pauvres et les chaumières les plus sordides, il faisait tout pour se concilier leurs habitants, afin de pouvoir converser familièrement avec eux des dogmes de la foi catholique. Il ne négligeait ni les prisonniers, ni les malades auxquels ses consolations ne firent jamais défaut. L'amour d'André Bobola pour le prochain brilla particulièrement lorsqu'en 1625, et de nouveau quatre ans plus tard, éclata une peste meurtrière. Se faisant tout à tous, aidé par d'autres Pères, toujours joyeux, il donna de remarquables exemples d'une charité héroïque : méprisant la contagion, il veilla au salut corporel des malades, mais plus encore au salut de leurs âmes. Les jours de fête, dans ses sermons, il remplissait si efficacement et avec tant de feu le rôle de héraut de la parole divine qu'une foule immense et même des membres de la cour royale se pressaient pour l'entendre. C'est pour ce motif qu'on lui donna communément le titre de véritable apôtre et de chasseur d'âmes. Au zèle d'André pour accroître la gloire de Dieu, s'ajoutait un grand désir de souffrir et supporter les contradictions. De là ces tourments très rudes dont il affligeait son corps, de là ces jeûnes de plusieurs jours avant de partir en mission. De là une joie particulière, parce qu'il voyait s'offrir à lui l'occasion de donner son sang en témoignage de la foi catholique. Il n'eut pas à attendre longtemps le combat qu'il souhaitait. Car les Cosaques, le 16 novembre 1657, s'emparaient d'André non loin du village de Peredil, près de Ianov. Frappé à coups de bâton, couvert de soufflets, traîné avec une corde par un cavalier qui le précédait dans une course douloureuse et sanglante, il fut conduit à Ianov pour y être livré au supplice. Dans ce combat, le martyr polonais égala les plus nobles victoires que célèbre l'Eglise. Interrogé s'il était prêtre latin, André répondit : « Je suis prêtre catholique, né dans la foi catholique, je veux mourir dans cette même foi ; ma foi est la seule vraie ; elle conduit au salut ; repentez-vous, faites pénitence, sinon vous ne pourrez obtenir le salut dans vos erreurs ; embrassez ma foi, vous connaîtrez le vrai Dieu et vous sauverez vos âmes. » Rendus plus acharnés par ces paroles, ces hommes féroces ne se contentent pas d'infliger à l'athlète du Christ quelques supplices, mais d'innombrables et cruels tourments ; pour commencer, ils le frappent à coups de fouet et lui mettent sur la tête une couronne d'épines ; ils le blessent de leurs cimeterres ; ils lui arrachent la peau de la tête ; avec des torches ardentes, ils lui brûlent les plaies qu'ils lui ont faites sur la poitrine, sur le dos et sur d'autres parties du corps, mais cet athlète invincible ne cessant de confesser sa foi, ils lui coupent le nez et les lèvres, lui arrachant la langue jusque dans la gorge, et lui crèvent un œil ; enfin André étant déjà près d'expirer, l'un des bourreaux, de deux coups d'épée, met fin à un si cruel martyre. (Lettre décrétale du 17 avril 1938, A.A.S. 30. 1938. pp. 358-359 ; trad. fr. de Jersey : 1937-38, t. I, pp. 3-6). |
> Voir l'église où fut ordonné saint André Bobola à Vilnius
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