Je voudrais voir
un homme
assis sur la margelle d'un puits,
demander un peu d'eau qui fait vivre
tout ce qui sur terre a soif,
les gens, les bêtes et les plantes...
ce serait les vacances !
Je voudrais voir un
homme
un homme de trente ans,
Avec des muscles durs,
et le visage ouvert,
monter, la nuit, sur la montagne,
et se casser d'amour dans la prière,
longtemps, longtemps,
à éveiller l'aurore
ce serait les vacances !
Je voudrais voir un
homme
arrêter un convoi,
en pleire rue,
et dire à une mère en deuil :
" Ne pleure plus ",
à un pécheur
que l'on montre du doigt :
" Viens, sois mon ami, suis-moi. ",
faire de la boue
avec la salive de sa bouche
et la poussière du chemin,
toucher des plaies,
écouter, entendre,
tout prendre sur son dos
de la souffrance des autres...
ce serait les vacances !
Je voudrais voir un
pauvre
tendre la main,
non pour mendier,
mais pour livrer tout ce qu'il est,
son corps, sa peau,
son sang, son rire;
je voudrais voir un homme
donner sa veste et son manteau
à celui qui prend sa chemise;
je voudrais voir un homme
embrasser celui qui le frappe,
et son regard qui est là
comme une source;
je voudrais voir un homme
sur l'épaule d'une colline
aller avec ses frères
et parler à contre-sens
de bonheur, de puissance
et d'argent...
Je voudrais voir un
homme
debout dans les étoiles,
et qui marcherait sur la mer,
à la rencontre de son Dieu,
à la rencontre des autres...
Ce serait les vacances,
si j'étais celui-là !
Didier Rimaud
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