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Le Prytanée de La Flèche
400 ans en 2003
!

La France compte six lycées militaires. Si celui de La Flèche est le plus connu, les cinq autres font partie du même patrimoine 

Henri IV et les jésuites

C'est en 1604 que le roi Henri IV confie aux pères jésuites le collège royal de La Flèche, qui est considéré comme un des plus anciens établissements d'enseignement de notre pays.
Les jésuites sont bannis en 1594 du Royaume de France par un édit du Parlement de Paris, à la suite d'un attentat contre Henri IV commis par Jean Chastel, qui avait été pendant deux ans élève des jésuites au collège de Clermont à Paris.
Le roi voit, à tort, les jésuites comme instigateurs de l'attentat.
Le bannissement n'est pas appliqué de façon trop rigoureuse,
le roi gardant à ses côtés le Père jésuite, le Père Coton, son futur confesseur, qui usa de toute son influence pour faire révoquer le décret en janvier 1594.
1604, est donc l'année du retour des membres de la Société de Jésus. En septembre, ils reprennent possession de leurs collèges. Ce retour qui est officiellement enregistré par le Parlement de Paris en janvier de l'année suivante.

Le collège qui deviendra bien plus tard le Prytanée militaire de la Flèche ouvre sous le nom de collège Henri-le-Grand, sur les bords du Loir, à la Flèche. Henri IV créé cette Institution "pour instruire la jeunesse et la rendre amoureuse des sciences, de l'honneur et de la vertu, pour être capable de servir au public".
Le Prytanée est resté, depuis près de quatre siècles, fidèle à sa mission originelle. Les Jésuites en font rapidement l'un des plus importants collèges du Royaume. C'est Guillaume Fouquet de la Varenne, ami et confident d'Henri IV qui lui aurait suggéré de donner aux jésuites " le château-neuf " construit en 1540 par Françoise d'Alençon, la grand-mère d'Henri IV.

Le Collège Henry-le-Grand

L'Edit de Fontainebleau réglemente cette institution. A partir de 1604, les travaux d'installation s'élevent rapidement, la cassette royale en faisant tous les frais, ce dont l'austère Sully montra quelque impatience... Dès les premières années du XVIIème siècle, le collège prend l'aspect que, sous réserve de quelques détails, il possède encore aujourd'hui.

L'édification et la Visite du monument

Ce monument, devenu historique, est situé dans un cadre d'architecture classique et se présente sous la forme de trois grandes cours successives que domine l'imposante stature de l'église Saint-Louis (1607).
Les travaux ont suivi un plan élaboré par Louis Métezeau avec des cours en enfilade, à peu près de même grandeur.
Devant le château-neuf, se situe la " Cour Royale " ou " Cour des Pères ", où logent les religieux ; à l'ouest, " la Cour des Classes " où se trouve l'église et la " Salle des Actes", précèdent " la Cour des Pensionnaires ".
A chaque extrémité, les " Basses Cours des Pères ", à l'est, et des pensionnaires à l'ouest, sont réservées aux fonctions domestiques de l'école. Les travaux avancent assez lentement d'autant qu'il faut acquérir une à une les maisons les plus proches, afin de les démolir. La " Salle des Actes " et l'église ne sont achevées qu'en 1621. Chef d'oeuvre du père Etienne Martellange, les travaux s'achèvent en 1653 par la construction de la porte d'honneur, avec sur le fronton, le buste d'Henri IV.

Ce dernier considérait La Flèche comme étant "l'une des plus belles villes du royaume". Son buste dans la niche au-dessus de la porte, et les armes royales, témoignent de la volonté des jésuites d'entretenir la mémoire de leur fondateur.
Lors de la visite de l'édifice, c'est le portail d'honneur, les différentes cours, le jardin à la française, la bibliothèque, et surtout l'église Saint-Louis et sa fabuleuse lumière qui retiennent l'attention.

... la suite de l'histoire

En 1762, les jésuites sont à nouveau expulsés de France.
Après les revers de la Guerre de sept ans, Louis XV et Choiseul réorganient le collège de La Flèche en " Ecole de Cadets ou Ecole militaire préparatoire à l'Ecole militaire du Champ de Mars ". C'est de cette époque que date la vocation militaire de LA FLECHE.
Entre 1776 et 1792, il devient collège royal et académique, dirigé par les Pères de la Doctrine Chrétienne.
En 1808, l'Empereur Napoléon Ier y installe le Prytanée militaire qui accueille les élèves de l'école militaire de Saint-Cyr. Le Prytanée, dans l'Athènes du siècle de Périclès, abritait les prytanes, magistrats suprêmes de la cité grecque. Ce nom est donné au XIXème siècle pour désigner l'établissement.
Aujourd'hui, le Prytanée National Militaire assure un enseignement du second degré et une préparation aux concours d'entrée aux grandes écoles militaires.
Actuellement, cet établissement public accueille un millier d'élèves.

Quelques anciens illustres

Parmi les anciens élèves du Prytanée, on compte énormément de noms célèbres comme le philosophe René Descartes, l'abbé Prévost, Claude Chappe, l'inventeur du télégraphe, ainsi que de nombreux maréchaux et généraux célèbres comme Bertrand et Galliéni, et de nos jours les spationautes Patrick Baudry et Jean-François Clervoy, l'acteur Jean-Claude Brialy etc ...

La Visite

La porte royale ouvre sur la cour d'Austerlitz au fond de laquelle s'élève l'hôtel de commandement, de style Louis XVI, bâti en 1784. La partie la plus méridionale des bâtiments a conservé son cachet du XVIIème siècle et abrite à l'étage la bibliothèque de l'Ecole. Trois salles du bâtiment de l'hôtel de commandement sont ouvertes à la visite : la salle d'honneur avec ses tableaux représentant des scènes de la vie du Prytanée au siècle dernier, la salle des généraux qui conserve en particulier une intéressante maquette du Prytanée et la salle des Jésuites construite en 1627. On voit encore le vestibule d'honneur avec la statue du roi Henri IV ainsi que le couloir dit "des Généraux" dont les murs sont recouverts de plaques de marbre honorant les anciens. Elle est installée à l'étage du bâtiment le plus au sud de la cour d'Autserlitz.

La Bibliothèque

La bibliothèque a sensiblement la forme d'un long vaisseau voûté que décorent deux fresques représentant Calliope et Uranie. D'achats en dons successifs, elle contient aujourd'hui plus de 30 000 volumes à caractère encyclopédique et conserve, en particulier, plus d'un millier de volumes de l'ancien fonds jésuite.
Le livre le plus ancien de cette bibliothèque est un incunable "La cité de Dieu" de saint Augustin, datant de 1470.

Citons encore quelques autres trésors : un Homère et un Virgile du XVIème siècle; une bible polyglotte de 1645, une édition ancienne du Discours de la Méthode, l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, les volumes de la description de l'Egypte ...

L'église Saint-Louis

L'église, dans son gros oeuvre, est construite de 1607 à 1621 sur les plans de Louis Métezeau, relayé par le jésuite Martellange. Elle est ouverte au culte en 1622. De style baroque, sa décoration intérieure est achevée en 1693. C'est un édifice culturel construit pour " la plus grande gloire de Dieu"

Trois éléments du décor retiennent l'attention :
Le plus grand retable de Pierre Corbineau (1633) : c'est l'oeuvre maîtresse de tout l'ensemble décoratif de l'église.

L'orgue , d'un sculpteur fléchois, Mathurin Jousse et sa tribune (1640) : oeuvres du facteur d'orgues Ambroise Le Vasseur et de l'architecte Jacques Nadreau.

Les cénotaphes royaux : l'église Saint-Louis a conservé, jusqu'en 1793, les coeurs d'Henri IV et de Marie de Médicis. Brûlés sur la place publique, leurs cendres furent recueillies par un Fléchois et placées, en 1814, dans une niche dans le bras nord du transept.

L'église est surtout remarquable par ses marbres.

L'église et l'ensemble architectural du Prytanée sont complétés par un élégant jardin à la française prolongé d'un parc séculaire.

Le jardin à la française

Les parcs et jardins du Prytanée couvrent une superficie de 13 hectares. Le jardin à la française, créé au XVIIIème siècle, a succédé à un jardin Renaissance dessiné en 1542. Le jardin présente aujourd'hui une perspective intéressante qui est cependant un peu occultée par la plantation d'arbres au port majestueux.

On notera la présence, dans la grande allée centrale, d'une pièce d'eau comportant une fontaine qui, à l'origine, était le "lave-mains" des Pères Jésuites.
Le visiteur remarquera, à l'angle nord-est du jardin, derrière les serres, le "Fort Henry" où la légende situe la conception du futur roi de France Henri IV. La piscine et la section équestre militaire actuelles sont installées au nord-ouest du parc.

 

Pour en savoir plus :
> Le site offciel du Prytanée
> Le site des anciens élèves du Prytanée
> Un site personnel sur l'Ecole

Sur le même thème sur jesuites.com :
> Les établissements scolaires jésuites aujourd'hui
> L'art des jésuites
> Les arts, architecture, peinture, sculpture, théâtre et musique
> L'art baroque dans les missions jésuites
> Le développement des missions au XVIIème siècle
> Regard sur une bibliothèque jésuite

 

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