Une musique
d'Alessandro Striggio
en l'honneur du
Père Diego Laynez, sj
Légat du pape
Extrait musical
Le cardinal Hippolyte d'Este II et Diego Laynez, sj
Un musicien florentin de l'époque d'Ignace, Alessandro Striggio a composé un morceau, pour quarante voix (!), à l'occasion du passage à Florence de deux légats papaux, le cardinal Hippolyte d'Este II (à gauche) et…
le théologien jésuite Diego Laynez (à droite), qui étaient en route vers Paris pour faire une intervention essentielle au Colloque de Poissy pour redémarrer le Concile de Trente qui était en panne.
Porterie du Prieuré royal
Saint Louis à Poissy
Agostino Lapini, prêtre florentin et chanteur de la cathédrale rapporte cela dans son journal en avril 1561 ; même s'il ne spécifie pas le morceau, on peut supposer qu'il s'agit du motet Ecce beatam lucem et que l'exécution se fit dans la cathédrale comme partie d'une sacra scena spectaculaire en l'honneur des deux légats, où des chanteurs et musiciens costumés et masqués furent descendus sur des machines en forme de nuages pour donner une visualisation de la vision céleste du texte…
Vidéo de la présentation de l'oeuvre par son Chef d'orchestre Ecce beatam Lucem (1561?/1568) de Alessandro Striggio
Orchestre I Fagiolini Dir. : Robert Hollingworth (en anglais)
Un extrait : 1er morceau de la Messe à 40 voix et 5 choeurs
Texte: Paul Melissus (né Scheide)
Ecce beatam Lucem,
ecce bonum sempiternum.
Vos, turba electa,
celebrate Jehovam,
eiusque Natum,
aequalem Patri
deitatis splendore.
Virtus alma
et majestas
passim cernend'adest,
Quantum decoris,
illustra in sole,
quam venusta es[t] luna,
quam multo
clar'honore
sidera fulgent,
quam pulchra
quaequ'in orbe.
O quam
perennis esca
tam sanctas mentes pascit!
Praesto
grati' et amor,
praesto nec novum ;
praesto est fons
perpes vitae.
Hic Patriarchae
cum Prophetis,
hic David,
Rex David ille
vates,
cantans
sonans adhuc
aeternum Deum.
O mel et dulce nectar,
o fortunatam sedem!
Haec voluptas, haec quies,
haec meta, hic scopus,
nos hinc atrahunt
recta in paradisum.
Voici la lumière bénie;
Voici la bonté éternelle.
Vous assemblée choisie,
célébrez le Seigneur
Et son Fils,
égal au Père
Dans la splendeur de sa Divinité.
Bienfaisante vertu
et majesté
partout présentes
à nos regards .
Comme est radieuse
la beauté du soleil,
Comme est charmante la lune,
Comme est glorieux
l'éclat des étoiles,
Comme est beau
tout ce qui est dans le monde.
O comme
éternelle est la nourriture
qui alimente si saints esprits!
A portée de la main
sont la grâce et amour :
et non nouveau;
A portée de main
est la source éternelle de vie,
Ici les Patriarches
avec les Prophètes,
Ici David,
ce Roi David,
le prophète;
chantant
et en musique
le Dieu éternel.
O miel et doux nectar,
o siège bienheureux!
Ces délices, ce repos,
Ce but, cette cible,
de là nous attirent
tout droit jusqu'au paradis.
Alessandro Striggio
Né en 1536/1537, Alessandro Striggio était le fils naturel et l'héritier d'un noble soldat de Mantoue. En 1559, il rejoignit la cour du duc Côme Ier de Médicis à Florence, où il était le membre le mieux payé de sa musique. Son statut social lui permettant d'exercer de doubles fonctions diplomatiques et musicales, il partagea sa vie entre le travail pour les Médicis d'une part, et ses relations avec sa famille et la cour de Mantoue de l'autre. Il publia sept livres de madrigaux, outre beaucoup d'autres dans des anthologies, et quelques pièces sacrées. La musique de circonstance qu'il composa pour les mariages et les divertissements des Médicis est non moins importante. Son fils, qui portait le même nom, écrivit par la suite le livret de l'Orfeo de Monteverdi
Ecce beatam lucem, Ecco sì beato giorno et la messe
Le journal florentin du prêtre et chanteur de cathédrale Agostino Lapini rapporte l'exécution en avril 1561 d'un “chant pour quarante voix composé par Alexandro Striggio”.......