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Du R. P. P. Ganne
L'idée de Dieu, ou plutôt une connaissance de Dieu confuse et quasi intuitive, est le fruit normal de l'activité spontanée de l'esprit. Mais elle n'est pas une donnée ou une conquête de la seule raison, elle est une exigence de l'âme tout entière, qui cherche très tôt, instinctivement, comme à tâtons, son centre de gravité, et s'efforce d'assurer l'équilibre intérieur et la cohérence de ces tendances multiples et plus ou moins anarchiques qui s'éveillent dans un être humain en pleine croissance. En rencontrant l'idée de Dieu dans l'enseignement scolaire qu'il reçoit, l'enfant apprendra qu'elle n'est pas une idée aberrante ou sectaire, mais le patrimoine de l'humanité, une base solide sur laquelle il peut bâtir avec sécurité, une donnée sûre autour de laquelle il peut unifier son expérience. Il aura l'assurance que ses aspirations intérieures ne sont pas vaines et chimériques, mais normales ; ainsi pourra être évité l'étiolement ou la perversion de ce qu'il porte de meilleur en lui. II ne sera pas acculé à cette espèce de désespoir d'une jeune conscience affolée, qui, contrainte de trouver un absolu, le met n'importe où, fût-ce dans les pires égarements individuels ou collectifs. Il est naturel que l'enseignement, l'éducation sociale l'aide à cette prise de conscience et en assure la rectitude.
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