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histoire > Les Jésuites et la danse > le Père Menestrier
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Claude-François Menestrier
(1631-1705)

théologien,
philosophe des images,
bibliothécaire, historien,
prédicateur, metteur en scène
et "honnête homme"

Claude-François Menestrier naquit à Lyon le 9 mars 1631. Son père était apothicaire (?). Il fit ses études au collège de la Trinité à Lyon et à Chambéry, et entra dans la société de Jésus, dont il resta, jusqu’à sa mort, un membre éminent.

Comme tous les jeunes jésuites, il enseigne ensuite dans les collèges de la Compagnie de Jésus, la rhétorique à Chambéry, à Vienne, à Grenoble puis les humanités (la poésie et le grec) au collège de la Trinité, à Lyon. En tant que professeur d'humanités et de rhétorique, il devient responsable des ballets et des tragédies présentées par ses écoliers lors des fêtes de fin d'année.

Partout où il passe, il se distingue par sa mémoire que l'on dit prodigieuse, ainsi que par une maîtrise rigoureuse des langues anciennes et modernes.
De retour à Lyon, il se consacre à la théologie, à l'étude des textes sacrés et à la langue hébraïque.

En 1658, lors d'une visite de Louis XIV à Lyon, les jésuites organisent une fête dans leur collège et en confient la direction et la réalisation à Menestrier. C'est ainsi qu'il commence à s'intéresser aux images, à la peinture, aux emblèmes et aux devises propres à embellir les fêtes, les palais ou les lieux publics. L'année suivante, paraît son premier traité sur les blasons : Le véritable art des blasons, complété de nombreuses fois par la suite.

Dans les années 1669-1670, il voyage en Allemagne et en Italie, puis se fixe à Paris jusqu’à sa mort le 21 janvier 1705. Héritier de la tradition encyclopédique de la Renaissance maintenue par le père Athanase Kircher et familier de la pensée du célèbre érudit de la maison de Savoie Emmanuele Tesauro, Menestrier incarne l’effort des jésuites pour opérer le brassage d’un corpus symbolique, l’établir sur un mode didactique savant et mondain et en faire triompher le spectacle dans les apparats éphémères au service des princes comme de l’Église.

Il entreprit une œuvre immense de recensement, classification et codification qui le conduisit du blason et de l’emblématique jusqu’à la philosophie des images, faisant de lui un des derniers théoriciens de cette pratique cognitive au moment où la pensée occidentale s’engageait dans les voies nouvelles. Il fut en même temps un extraordinaire metteur en scène, des pompes funèbres de Condé en 1687jusqu’à l’entrée des princes à Grenoble en 1701, en passant par les entrées royales, les ballets et les fêtes scolaires des jésuites, les cérémonies de béatification, les célébrations des événements dynastiques de Savoie et de France, les programmes pour les décors d’édifices religieux ou civils à Grenoble ou à Lyon. Homme d’église, il entra en conflit avec les gens du roi, dont la politique de l’image n’avait pas la même finalité que la sienne. Privilégiant l’érudition, il pratiqua une esthétique qui l’opposa aux artistes de son temps dans la querelle du goût et de l’esprit. On lui doit environ cent-soixante ouvrages, souvent enrichis de planches gravées, traités théoriques, recueils d’emblèmes explicatifs des spectacles, architectures éphémères ou programmes iconographiques qu’il inventa.

Un organisateur de décors et de fêtes

Au XVIIe siècle, les fêtes sont l'occasion de transmettre des messages politiques ou religieux, grâce à l'exploitation d'images coloriées et dynamiques. L'organisation d'une fête consiste à choisir un thème propre à l'événement célébré, puis les arguments qui serviront à l'articuler. L'inventeur élabore alors en mots un projet dont les artistes, compositeurs et chorégraphes, doivent préparer la traduction en images plastiques et vivantes.

Menestrier, en tant que jésuite érudit, se voit confier la préparation des fêtes. Il devient le théoricien de toutes sortes de fêtes (fêtes de collège, entrées royales, mariages princiers, pompes funèbres) et de spectacles (feux d'artifices, tournois, ballets) qui font « le plaisir de l'esprit en faisant le divertissement des yeux ».

L´idée d´un honnête homme

Au XVIIe siècle, l'éducation est fondée sur l'étude des textes anciens, notamment de Cicéron et de St Ambroise sur les devoirs sociaux, ces traités servant de référence pour la manière de se comporter et de parler en société. Cette démarche prolonge celle des collèges avec leur double objectif d'enseigner « piété et lettres », mais elle intègre aussi parmi les vertus chrétiennes l'apparence personnelle et la vie de société. Comme le jésuite Bartoli l'expose à cette époque, une société civilisée doit valoriser plutôt l'homme de plume capable de converser avec ses concitoyens que l'homme d'épée.

C'est dans ce contexte que Menestrier rédige un cours à l'attention de ses congréganistes, L'Idée de l'estude d'un honneste homme. Le but de cet ouvrage n'est pas d'enseigner la connaissance des hautes sciences mais de former un homme de conversation, à l'aise dans la vie sociale. Dans une société où les honnêtes gens se rencontrent dans les académies ou les salons, il faut savoir pratiquer les jeux d'esprit. Une grande partie de ce cours se consacre ainsi aux différents genres d'images symboliques et à la poésie.

Source : Bibliothèque municipale de Lyon
http://www.bm-lyon.fr/expo/05/menestrier/menestrier.htm

 

Pour en savoir plus :

> Quand un jésuite danse

> Le site de l'exposition à la Bibliothèque de Lyon sur le Père Menestrier

> Marc-Antoine Charpentier, musicien des jésuites

> Les jésuites et la danse