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Dans
Paris, au XVIIème siècle, il était courant d'entendre
dire que :
Personne ne faisait des
pirouettes
mieux que les jésuites !
C'est ce qu'assurait un article récemment publié
dans l'hebdomadaire catholique The
Tablet. Rappelant que la danse a un rôle essentiel d'expression
religieuse dans la Bible, l'article déplore le mépris du
corps qui a conduit au jansénisme.
Le même article attribue aux jésuites une
contribution décisive au progrès de la danse à la
Cour de Louis XIV. Il attribue la première histoire
du ballet au Père Claude F. Menestrier.
Pour en savoir plus les jésuites et la danse
:
- Le Père Claude Menestrier
: voir un
site sur la chorégraphie du XVIIème siècle.
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En 1684, le
Père Jésuite Menestrier (1631/1705) publie le
précis historique de la Danse. Son livre fait référence
à l'Antiquité et énumère trois sortes de mouvements : le portement
du corps, les figures et les expressions.
Jean Balon (1676/1739) D'une grande agilité, Balon
donne son nom à cette élévation dans les rebondissements Avoir du
ballon, se dit d'un danseur qui saute haut et rebondit avec souplesse
(cf ci-contre). |
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- Les
jésuites et la musique : contribution en anglais très
intéressante, surtout la partie "Musique
et dévotion dans les églises jésuites françaises"
où plusieurs extraits des critiques adressées alors aux
jésuites peuvent être lus, comme :
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"Croyés-vous bien que St Ignace et St François Xavier
songerent à former un corps pour estudier toutes les galanteries de
la cour et pour polir la politesse meme, et que l'Eglise leur donne
les ordres sacrés à cette intention.... nous
verrons les jesuites se picquer de musique mais non pas
dans leurs eglises, du moins par eux memes. Deja ils sont grands mathematiciens,
il enseignent les fortifications, ils disposent les mausolées, ils
s'entendent en opera, il rafinent en devises, il donnent des regles
de tournois, rien ne devient plus cavalier que cette rare societé."
>>>
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- Les
travaux de recherche d'un universitaire sur le théâtre
jésuite :
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Mon travail de recherche porte sur le théâtre jésuite
au XVIIe siècle. Dans la perspective d’une histoire sociale et culturelle
du phénomène théâtral, l’étude du théâtre
jésuite a été envisagée en tant qu’exercice rhétorique
inscrit dans les procédures éducatives du Collège et du Séminaire
Romain. La pratique scénique a été examiné à travers l’analyse d’une
série de scénarios de représentations théâtrales réalisés dans les
deux institutions jésuite de Rome au cours du XVIIe siècle. L’analyse
des traités théoriques des auteurs dramatiques a ensuite permis de
saisir les jeux complexes de “ mise en représentation ” et les exigences
à la fois religieuse et formelle du théâtre jésuite. Les transformations
tant a niveau formel qu’expressif de ce théâtre au cours du siècle,
a mis en évidence la spécialisation et l’autonomie grandissante de
formes d’expression (chant, danse, jeux militaires…)
s’inscrivant ainsi dans un procès plus ample de littérarisation de
ce théâtre ; ce qui change le statut et les modes de réception du
théâtre jésuite à la fin du siècle. >>> |
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- L'étude
nord-américaine qui fait foi en la matière : Terpsichore
at Louis-le-Grand: Baroque Dance on the Jesuit Stage in Paris.
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"There is no one like the Jesuits
for doing pirouettes", a delightful quote taken from Le
Theatre francais sous Louis XIV, opens the second chapter
of Judith Rock's brilliant study of baroque dance on the Jesuit stage
in Paris and captures the multileveled astuteness of Terpsichore at
Louis-le-Grand, a splendid contribution to the field of dance history
and to the history of the Society of Jesus and its tradition of using
the arts in education. In this work, Rock creates an in-depth portrayal
of the artistic life of Louis-le-Grand, the most important Jesuit
school in Paris from 1660 to the suppression of the Society of Jesus
in 1773. >>> |
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- Et plus récemment, le
danseur-chorégraphe Bill T. Jones : extrait d'une interview
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Dans You Walk ?, votre nouveau ballet, une
des citations projetées sur écran dit: "Cessez de pleurer, battez-vous
!" Mais pour ou contre quoi, ou qui ?
Ca n'a guère d'importance. Etre vivant, c'est se
battre. C'est la première chose qu'on apprend à un enfant : la vie
est souffrance, puis vient la mort. Arrête de pleurer, vas-y, vis!
Ce spectacle est construit à partir d'un
opéra jésuite du XVIIIe siècle sur l'histoire de Saint Ignace. Le
texte projeté est celui de l'opéra. Le personnage dit aussi : "Vie
tu es trop longue, mort tu es trop lente." Il veut mourir et rejoindre
Dieu. Arrivent deux anges : "Cessez de pleurer, lui disent-ils,
il y a une guerre sainte à livrer, Dieu a besoin de vous !" L'homme
est ensuite confronté au démon de la guerre, du pouvoir, puis au
démon des plaisirs. Il y a là quelque chose d'ironique : cet opéra
a été écrit pour des Indiens d'Amérique, pour leur apprendre à être
de bons catholiques. Or que leur dit-on ? Qu'on ne doit pas se battre,
qu'on ne doit pas avoir de plaisir... ou qu'on doit livrer une guerre
sainte contre les infidèles, le mal, les démons. Mais de quoi parlons-nous
? De mon ballet ou de philosophie ? >>> |
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