| Le 2
juillet 1688, en la fête de la Visitation, le Seigneur
se manifesta une dernière fois à Marguerite-Marie : " La Sainte
Vierge était d'un côté et saint François de Sales de l'autre
avec le saint Père de la Colombière... Se tournant vers le
bon Père de la Colombière, cette mère de bonté lui dit :

"Pour
vous, fidèle serviteur de mon divin fils, vous avez grande
part à ce précieux trésor; s'il est donné aux filles de la
Visitation de le connaître et de le distribuer aux autres,
il est réservé aux Pères de votre Compagnie d'en faire voir
et connaître l'utilité et la valeur afin qu'on en profite,
en le recevant avec le respect et la reconnaissance dus à
un si grand bienfait.
Et à mesure qu'ils lui feront ce plaisir,
ce divin Coeur, source de bénédictions et de grâces, les répandra
si abondamment sur les fonctions de leur ministère, qu'ils
produiront des fruits au-delà de leurs travaux et de leurs
espérances, et même pour le salut et la perfection de chacun
d'eux en particulier".
(Marguerite-Marie Alacoque, Lettre 90 (juillet
1688), éd. Gauthey, Paris, 1915, t, 2, pp. 406-407)
Quelque deux cents ans plus tard, la Compagnie
qui avait connu les vicissitudes de la suppression (1773-1814),
reconnut officiellement cette mission confiée par le Seigneur
à Paray-leMonial. En 1883,
les Pères de la 23ème Congrégation Générale
approuvèrent le décret 46 :
| |
" Nous déclarons que la Compagnie de
Jésus accepte et reçoit avec un esprit débordant de joie
et de gratitude la charge très douce (munus
suavissimum) que lui a confiée notre Seigneur Jésus-Christ
de pratiquer, promouvoir et propager la dévotion à son
très divin Coeur ". |
|
Un an après cet acte officiel,
mourait le Père Henri Ramière, celui qui a peut-être le mieux
accompli cette mission, en organisant l'Apostolat
de la Prière, cette " Internationale de l'intercession
apostolique" comme l'appelle l'actuel supérieur
général.
Une trentaine d'années plus tard, la 26ème
Congrégation Générale (1915) allait lier, dans son décret
21, la mission de la Compagnie à l'égard du Coeur du Christ
au développement de l'Apostolat de la Prière.
En 1966, la 31ème
congrégation générale vota une sorte
d'aggiornamento du "culte du Coeur
de Jésus", à la lumière de Vatican Il . Le coeur
transpercé du Christ est lié symbole de l'amour du Verbe incarné
pour l'Eglise née de la Croix. Dans le culte du Coeur de Jésus,
est célébré l'amour de Dieu pour nous et s'exerce notre amour
pour Dieu et le prochain. Du Coeur de Jésus, viendra le renouveau
tant espéré par le Concile. Pour adapter cette dévotion, il
faut chercher une meilleure présentation qui, en laissant
tomber les modalités accidentelles, sauvegarde les éléments
essentiels.
En
1986, le Pape Jean-Paul II confirme la Compagnie
dans la mission qu'elle a reçue du Seigneur pour diffuser
la dévotion à son divin Coeur. Il la confirme aussi dans le
moyen privilégié qu'elle a choisi pour accomplir cette mission,
à savoir l'Apostolat de la Prière.
| les
éléments importants de la dévotion
au coeur du Christ |
Rappelons la plainte du Seigneur lors de
la " Grande révélation " de juin 1675 :
"
Voilà ce Cur qui a tant aimé
les hommes qu'il n'a
rien épargné, jusqu'à s'épuiser et se consumer pour leur témoigner
son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plus
grande partie que des ingratitudes, par les mépris, irrévérences,
sacrilèges et froideurs qu'ils ont pour moi dans ce sacrement
d'amour (l'eucharistie)"
(Marguerite-Marie Alacoque, Autobiographie,
éd. Gauthey, Paris, 1915, t. 2, p. 103, n0 92)
La redamatio réparatrice
[terme latin employé par des Pères (saint Augustin en particulier)
qui vient de " red-amare " aimer en retour] qui définit le
culte de Paray-leMonial se développera sous les formes indiquées
dans les révélations reçues par sainte Marguerite-Marie.
Parmi celles-ci, trois pratiques sont centrées sur le vendredi
: l'heure sainte, chaque nuit du jeudi au vendredi, en union
avec le Christ en agonie au jardin de Gethsémani; la communion
réparatrice du premier vendredi du mois ; la
fête annuelle du Sacré-Coeur, le premier vendredi
après l'octave du Saint-Sacrement, en réparation des outrages
faits au Sauveur dans l'Eucharistie. Par cette dernière
fête étendue, en 1856, à l'Eglise
entière par Pie IX, le culte du Sacré-Cur
s'inscrit dans la liturgie et acquiert une dimension universelle
qu'il n'avait pas auparavant.
D'après l'article de
Dany Dideberg, paru dans le n°139 de la revue Christus
|