La mesure du temps
L'intérêt pour les sciences de l'empereur Kangxi
était bien connu en Europe à son époque,
à travers les nombreuses publications des jésuites
sur la Chine. Arrivés à la fin du XVIème
siècle, les jésuites avaient depuis lors
utilisé les sciences (notamment les mathématiques,
l'astronomie, la cartographie) pour éveiller l'attention
des élites lettrées chinoises, puis, avec la
réforme du calendrier (1629-1635) pour approcher
le pouvoir impérial.
Le calendrier promulgué en 1644 par
Shunzhi , premier empereur de la dynastie Qing et père
de Kangxi, était issu de cette réforme. Certains
jésuites devinrent alors fonctionnaires au Bureau impérial
d'astronomie.
Le
calendrier avait toujours eu en Chine une fonction symbolique
importante: à travers lui, l'empereur, garant de
l'harmonie entre le Ciel et la Terre, mettait les activités
humaines en harmonie avec les rythmes célestes. En
1664, pendant la minorité de Kangxi, des attaques furent
portées contre les jésuites astronomes par des
lettrés et astronomes hostiles, qui leur reprochaient
d'ignorer les implications rituelles du calendrier. Au cours
du procès qui s'ensuivit, plusieurs astronomes chinois
convertis qui avaient travaillé avec les jésuites
furent exécutés. En 1669, entreprenant de reprendre
aux régents le pouvoir qu'ils avaient exercé
en son nom, Kangxi se saisit de l'affaire et rendit leurs
fonctions aux jésuites, dont les prédictions
astronomiques s'avérèrent plus précises
que celles de leurs rivaux. À cette occasion, l'empereur
put constater et déplorer l'ignorance de ses hauts
fonctionnaires en matière d'astronomie. Dès
lors, et jusqu'à la fin de son règne, il consacra
du temps à l'étude des " sciences occidentales
" que lui enseignèrent plusieurs jésuites.
Certains d'entre eux espérèrent un temps l'amener
ainsi à la religion catholique.
La mesure de l'empire
Cette
carte du monde, imprimée sur six rouleaux. Avoir une carte
précise de l’empire était important pour l’exercice de l’autorité.
Cette « récupération » de la science par le pouvoir alla loin
: elle obligea même le père Verbiest, en dépit de ses scrupules,
à trouver le moyen d’améliorer les canons de l’armée de Kangxi
!
>>
Voir la carte en grand
Le Roi-Soleil écrit au
Fils du Ciel
Cette
lettre de Louis XIV, datée du 7 août 1688, est la seule lettre
connue du Roi adressée à Kangxi . Elle évoque l’envoi d’une
seconde mission jésuite qui, finalement, ne partit pas. La
première, qui comptait cinq pères français appelés « les mathématiciens
du roi », avait quitté Brest en 1685 ne devait arriver à Pékin,
qu’après trois ans de voyage. Elle avait été suscitée par
le père Couplet et son protégé chinois venu à Versailles en
1684. Le jésuite était venu chercher l’appui du Roi au moment
où le Pape semblait se désintéresser des entreprises jésuites
en Chine.
Sources :
http://www.chateauversailles.fr/fr/1104_Kangxi_l_homme_de_sciences.php
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