Un rapide
aperçu historique de la présence jésuite en
Chine
Saint François Xavier était mort le 3 décembre
1552 dans l'île de Sancian, sans pouvoir toucher la Chine. Trois
ans plus tard, Melchior Nunez arrive à Canton, en 1582 Mateo Ricci
le rejoint. Sa connaissance de la langue chinoise, sa science de
géographe et d'astronome devaient séduire les savants et l'empereur
qui l'appelait à Pékin en 1601. Ses travaux astronomiques, sa réforme
du calendrier chinois, ses écrits sur la morale de Confucius et
sur le "Seigneur maître du ciel" sont diffusés dans l'empire. A
sa mort, en 1610, l'empereur confirme ses successeurs européens
dans leurs charges et permet aux missionnaires jésuites d'annoncer
l'Évangile dans toutes les provinces, sauf les deux de l'extrême
Ouest.
La Compagnie de Jésus est implantée dans
neuf provinces. Mais dès 1665, les rivalités pastorales des ordres
religieux, les intrigues à Rome contre les Jésuites accusés de favoriser
des cultes païens, aboutissent au procès des rites chinois. Autorisé
d'abord par un décret pontifical en 1684, le culte des morts dans
une liturgie chinoise fut condamné, pour finir, en 1704. Non seulement
l'empereur en fut irrité, mais les responsables de l'Église semblaient
renoncer à inculturer son message dans la culture chinoise.
Quand l'empereur mandchou, Yong Tchang proscrivit
le christianisme dans l'empire en 1724, les savants jésuites pouvaient
demeurer à Pékin ;quelques missionnaires lazaristes, franciscains
des Missions étrangères de Paris étaient autorisés aussi, mais des
prêtres clandestins découverts en 1783, en même temps qu'une insurrection
musulmane au Yunnan, entraînèrent une violente persécution contre
l'Église.
La Compagnie de Jésus était supprimée par Clément
XIV en 1773. Rétablie par Pie VII en 1814, elle devra attendre 1842
pour retrouver ses missions de Shanghai et Nankin. En 1857, elle
reprend pied à Sienhsien. C'est dans ce vicariat apostolique que
le père Anatole Ghestin, les pères Jean
Debeauvais et Alphonse Reichel arrivaient en décembre 1907.
Jacques Gabin, sj
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