Retour à la page d'accueil
histoire > Chine > les martyrs > La révolte des Boxers
spiritualité
C'est quoi ?
Ignace de Loyola
François-Xavier
Exercices Spirituels
compagnons
Communautés
Rencontres
Portraits
Nos 5 préférences
devenir sj
Récits
Jeunes jésuites
Vocation
Noviciat
Les derniers nés
missions
Culture
Jeunesse
Sciences
Vie spirituelle
Foi et justice
Hors frontière
Eglises
histoire
Chronologie
Par thèmes
Jésuites du XXe
Saints
sites internet
Jésuites
Chrétiens
Surprises
Site du mois
forums

Nous écrire

 

Retour page d'accueil

La révolte des Boxers

 

Impératrice Tzeu-HsiNous sommes en Chine en 1900. L'impératrice Tzeu-Hsi, intrigante et rétrograde, conduit peu à peu à sa perte la dynastie mandchoue. Tzeu-Hsi était persuadée qu'en dehors de la Chine le monde n'était peuplé que de sauvages sans conséquences.

Le jeune empereur Koang-Hsü comprit la situation, prit le pouvoir en mains et forma un complot pour tuer la régente. Le complot fût dénoncé et Koang-Hsü, séquestré jusqu'à la fin de ses jours : ce sont les cent jours de l'empire libéral.

La réaction, menée par Tzeu-Hsi aboutit à une rupture avec les Puissances étrangères. Le mouvement libéral s'était placé sur le terrain du patriotisme : "L'impératrice a vendu la Chine aux étrangers" disait K'ang Yeou-wei, un des partisans de Koang-Hsü. Pour éviter ce reproche Tzeu-Hsi et son parti se livrèrent à des surenchères de xénophobie. Ce fut la catastrophe. Les instruments de cette politique furent les Boxers.

LES BOXERS

Etendards pris aux BoxersC'est le nom chinois de ceux que les journaux anglais appelèrent "Boxers" : "I-Ho-K'uan". I = justice. Ho = concorde. K'uan =poings. La société "Justice et concorde" n'était qu'un succédané de l'antique et mystérieuse association révolutionnaire du "Nénuphar blanc" (Pai Lien Kiao) tant de fois condamnée par la dynastie. mandchoue des Ts'ing, et toujours renaissante. Tzeu-Hsi crut habile de s'en faire des alliés. La boxe à laquelle se livraient les gens de la secte, n'était qu'un jeu d'agilité et de grâce. Mais les sorciers s'en mêlèrent. Entre deux séances de boxe, pendant qu'on reprenait haleine, le "Grand Frère", le chef, pérorait devant acteurs et spectateurs, distillant le venin de la xénophobie. Peu à peu il enflammait ces jeunes hommes de haine contre les chrétiens. Il leur prêchait la lutte. Il leur promettait la victoire. Il leur persuadait que, dans cette guerre sainte, ils seraient invulnérables.

LES CHRÉTIENS

Dans cette immense Chine, les Pères Jésuites de Nord de la France s'étaient vu confier la Mission "du Tchely Sud-est" comme on disait alors. En 1900, cette mission comptait 50 000 baptisés sur 8 millions d'habitants. Ce sont presque tous des paysans. Pas une seule vraie ville : Pékin et Tientsin sont à 150 km au Nord et au Nord-est de Sien-Hsien, le centre du vicariat. La situation des catholiques est délicate, car un traité passé entre la France et la Chine assure la liberté de religion, mais risque de faire considérer le prêtre comme l'avant-coureur de la conquête étrangère ; les bonnes relations qu'il entretient avec les mandarins, ne lèvent pas la suspicion. N'oublions pas que l'Occident est aux portes de la Chine, prêt à la curée.

L'OCCIDENT

Les occidentaux ont déjà manifesté leur appétit. Guerre de l'opium (Juin 1840). Occupation de Tientsin par l'Angleterre et la France : 1858. Nouvelle expédition en 1860. Le 13 octobre les alliés firent leur entrée dans Pékin. En représailles des cruautés infligées à ceux de leurs parlementaires qui étaient tombés entre les mains des chinois et que ceux-ci avaient torturés, lord Elgin fit le 18 octobre incendier le Palais d'Eté où les scènes de tortures avaient eu lieu.

Bref cette page de l'histoire n'a pas de quoi rendre l'humanité fière d'elle-même : pas plus les occidentaux que les chinois.

La révolte des T'ai-P'ing qui éclate dans le Sud contre la dynastie mandchoue en 1850 réconcilie l'empereur avec les résidents étrangers. Ce ne fut que momentané.

Le mouvement xénophobe et anti-chrétien ne fut pas long à reparaître et le 20 juin 1870 à Tientsin, vingt français, dix soeurs de Charité et deux missionnaires furent, avec la complicité tacite des autorités, massacrés. Tzeu-Hsi était au pouvoir depuis 1861 et son influence xénophobe paralysait l'action conciliatrice de l'un ou l'autre prince de sa cour

LE DRAME

C'est dans ces conjonctures que se situe le drame de tant de chrétientés chinoises, de celles de la Mission du Tchely Sud-est en particulier.

Les chrétiens voyant l'effervescence des Boxers comprenaient que la crise allait éclater et se mirent en état de légitime défense. Les grandes chrétientés s' entouraient de remparts ; on y amassait des grains et des armes. Dans le Nord de la Mission il y eut six de ces forteresses. Elles échappèrent toutes au massacre excepté Tchou-Kia-Ho.

OU-Y ET TCHOU-KIA-HO

Tchou-Kia-Ho, village du Kingchow (on dit aujourd hui le Kingshien) était une forteresse chrétienne de premier ordre. Le P. Mangin, ministre de la section (doyen), en animait la défense. Nous avons les lettres ou billets qu'il écrivit, durant ces mois d'angoisse, à ses supérieurs assiégés eux-mêmes dans la résidence de Sien-Hsien :

"20 juin, trois heures et demie du matin : Fiat ! Un catéchiste arrive de et annonce le massacre de deux Pères européens, évidemment les PP. Isoré et Andlauer. Le feu a été mis à la résidence, hier vers trois heures de l'après-midi. Ici, qu'allons-nous devenir ?"

"24 Juin : Les têtes de nos deux martyrs sont toujours suspendues aux portes de la ville de Ou-I. Le mandarin a fait maçonner la porte de la chapelle où sont les cadavres mais on peut les voir encore par la fenêtre."

C'est le 7 Juillet que le P. Mangin écrit sa dernière lettre.

Cependant, les bandes de Boxers se multiplient, pillant et brûlant les villages chrétiens environnant. Aussi les réfugiés affluent de plus en plus vers l'asile de Tchou-Kia-Ho. En dix jours la population passe à 3 000 habitants environ.

L'armement ne dépassait pas 150 fusils ou pistolets vieux style mais les Boxers n'étaient pas mieux armés. Les chrétiens leur prirent même le 16 Juillet le fortin voisin de Lou-Kia-Tchoang.

La forteresse chrétienne aurait tenu si les Impériaux n'étaient point passés par là. Le général de ce détachement était Li-Ping-Heng, l'ancien gouverneur du Shantung. Le premier il y avait organisé la Boxe. Les Boxers trouvèrent en lui une oreille favorable. Mais un lieutenant à qui le général avait confié l'affaire se déroba.

Nouvelle instance des Boxers par l'intermédiaire du mandarin de Kingchow. Cette fois le général Tchen prit l'affaire en mains.


L'extérieur de l'église de Tchou-Kia-Ho après l'incendie

Le mercredi 18 Juillet, bombardement en règle de Tchou-Kia-Ho : les femmes et les enfants se réfugient à l'église. Le vendredi 20 Juillet, apparaissent six tours en bois montées sur des chariots de ferme comme dans les sièges du Moyen-Age. Dès sept heures du matin, Tchou-Kia-Ho était prise, Après avoir tué dans les rues, les assaillants arrivent dans l'église pleine de chrétiens.

Au bruit de la fusillade les femmes furent prises de panique : "Restez en place, cria le P. Mangin, encore un peu de temps et nous serons tous au Ciel !" Les PP. Mangin et Denn étaient assis à l'autel face à leurs chrétiens pour les exhorter à bien mourir. Les Boxers tiraient dans le tas. Une seconde panique allait se produire lorsque le P. Denn, de sa voix puissante entonna le "Confiteor " en chinois. Et tous répondirent admirablement. Quand les voix s'éteignirent le P. Mangin renouvela l'absolution générale, sous la fusillade.

Une femme, l'épouse de l'administrateur Chou, séparée du P. Mangin par le banc de communion, s'était levée pour lui faire un rempart de son corps. Peu avant dix heures, une balle abattit cette courageuse femme sur le banc de communion. Le P. Mangin ne tarda pas à être frappé. Le P. Denn fut blessé à son tour. Mais c'est par le feu que les deux Pères devaient périr. Vers onze heures en effet les nattes de roseaux qui formaient le plafond s'enflammèrent. Bientôt l'église s'emplit d'une épaisse fumée qui suffoquait les survivants. Les hommes sautèrent dehors par une fenêtre de la sacristie. L'ennemi les attendait et ils périrent par le sabre. Il y eut à ce moment des apostasies : il suffisait de crier "Pei chiao ! Je renonce à la religion !" et on les épargnait. C'est donc la contre-épreuve du martyre authentique des autres chrétiens.

Le 21 Juillet, lendemain du massacre, les soldats réguliers reprirent leur marche vers Pékin laissant une bourgade morte habitée par 1 800 cadavres de chrétiens chinois morts pour rester fidèles au Christ. Parmi eux deux Pères français avaient partagé leur héroïsme, les PP. Léon Mangin et Paul Denn. A quelques kilomètres de la deux têtes pendaient aux remparts du village de : celles des PP. Isoré et Andlauer.

Bien d'autres épisodes sanglants et d'autres martyres ennoblirent la Mission de Sien-Hsien, celui de la petite Agnès chinoise, Anne Wang, par exemple.

 

 

 

Quelques sites pour en savoir plus sur la révolte des Boxers en Chine en 1900 :

>The Boxer Rebellion (site en anglais)

>The Boxer Rebellion (site en anglais)

> La fin de révolte des boxers

> Une autre histoire complète de cette guerre (site en anglais)

>Le Kung-fu et son influence sur les Boxers

> Film "Les 55 jours de Pékin"