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| Marc-Antoine
Charpentier
musicien des
jésuites
À la mort de Mademoiselle
de Guise en 1688, Charpentier est employé par les Jésuites dans
leurs établissements parisiens. Il devient maître
de musique du collège Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques,
puis de l'église Saint-Louis, rue Saint-Antoine. Il écrit
aussi des pièces probablement chantées
au noviciat. |
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Le collège Louis-le-Grand |
| Dès l'installation des Jésuites
en France au milieu du XVIe siècle et la fondation des premiers
collèges, les représentations théâtrales
consistant en pièces en latin sur un sujet pieux s'étaient intégrées
dans le programme d'éducation. Très vite, des intermèdes dansés
ou chantés en français s'insérèrent à l'intérieur des tragédies.
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Cour du collège Louis-le-Grand,
Département des Estampes
© Bibliothèque Nationale de France.
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Si convertir
était le maître mot de l'ordre jésuite, il était appelé à rimer
avec divertir. En effet, à une époque où le théâtre
fleurissait en France avec les tragédies de Corneille et de Racine
et devant le succès remporté par l'opéra lullyste, le théâtre jésuite
se devait d'être aussi présent sur ce terrain de la manière la plus
somptueuse, avec des mises en scène et des décors raffinés.
L'objectif
des Jésuites était double. Sur le plan éducatif, d'avoir
à jouer chaque année une tragédie permettait aux jeunes élèves,
tout en y puisant un précieux stimulant pour leurs études, de
se perfectionner dans la langue latine et d'en apprendre
les meilleurs tours. Le théâtre et la danse leur donnaient l'occasion
de se bien conduire en public, d'acquérir de l'aisance et de la
grâce dans le maintien, ce qui, pour l'"honnête homme" du XVIIe
siècle devant tenir sa place dans le monde, avait son importance.
Les Pères étaient eux-mêmes chargés d'enseigner à leurs élèves le
métier du parfait comédien, l'art de la prononciation et du geste.
Le second
but du théâtre jésuite touchait à l'édification morale
: la tragédie devait servir à former les moeurs et pour cela, les
sujets étaient puisés dans les Écritures Saintes et les grands textes
de l'Église. Le collège de Clermont (appelé Louis-Le-Grand à partir
de 1683), l'école la plus éminente de la capitale par le nombre
de ses élèves et la qualité de ses professeurs, était en outre le
lieu des plus importantes manifestations en matière théâtrale. Celles-ci
se déroulaient deux fois l'an, au mois d'août pour la distribution
des prix et pendant le carnaval. Il existait plusieurs lieux de
représentation, soit couverts, soit en plein air. Le public nombreux
et de qualité (la famille royale, les plus hauts personnages de
la noblesse et de l'église) venait applaudir les jeunes élèves méritants
qui, après de longues préparations, étaient récompensés de leurs
efforts par le succès remporté par ces spectacles. Au fil des années,
les intermèdes musicaux entre les tragédies
latines prirent de plus en plus d'ampleur, si bien qu'ils
constituèrent de véritables tragédies en musique. L'exemple le plus
achevé de cette évolution est le David et Jonathas du Père François
Bretonneau et de Charpentier, joué le 28 février 1688, conjointement
avec une tragédie latine récitée, sur le même sujet, intitulée Saul,
due au Père Chamillart. |
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L'immense maître-autel
de Saint Louis rappelait, par un habile jeu de miroir, l'ordonnancement
à trois étages de la façade de
l'église. Le centre du premier étage
était occupé par La Présentation au
Temple de Simon Vouet entouré des statues d'Ignace de Loyola et de
François Xavier dans les niches, de Charlemagne et de saint Louis
sur les côtés extrêmes. Au-dessus,
on découvrait une autre toile de Vouet, Apothéose de saint Louis,
puis encore au-dessus La Vierge
douloureuse levant les yeux vers le Christ souffrant sur la croix.
En outre, selon le calendrier liturgique, l'aspect du maître-autel
se modifiait et l'on changeait même les tableaux.
Ainsi, le panneau central était remplacé, à certaines périodes de
l'année, par deux toiles en alternance, Le Christ délivrant les âmes
du Purgatoire de Philippe de Champaigne et la Résurrection du Christ
de Claude Vignon. |
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| Les offices qui se déroulaient
dans l'église Saint-Louis des Jésuites étaient renommés pour leur
magnificence, voire même parfois leur démesure. Un des nombreux
attraits des cérémonies résidait dans l'exceptionnelle
qualité de la prédication servie par les meilleurs orateurs
dont le plus célèbre fut le père Boudaloue.
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Église Saint-Louis; Marot;
Département des Estampes
© Bibliothèque Nationale de France.
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Les chanteurs
de l'opéra se produisaient à Saint-Louis et lors de pompes
funèbres comme celle du Grand Condé en 1687, la décoration atteignait
à l'exubérance. Brossard explique pourquoi les Jésuites portèrent
leur choix sur Charpentier :
"Il a toujours passé au goût de tous les vrais connaisseurs pour
le plus profond et le plus savant des musiciens modernes.
C'est sans doute ce qui fit que les Révérends Pères Jésuites de
la rue Saint-Antoine le prirent pour le maître de la Musique de
leur église, poste alors des plus brillants" (Brossard, Catalogue
des livres de musique). Pendant dix ans environ, Charpentier va
composer un nombre important de pièces qui reflètent l'extrême diversité
des offices de la compagnie : messes, psaumes, hymnes et antiennes
pour les vêpres, leçons de ténèbres, motets pour la Vierge, pour
les saints, pour le saint sacrement... Certains motets honorent
de grandes figures jésuites comme celles de saint François de Borgia
(Motet pour Saint François de Borgia H.354) ou de saint François
Xavier (In honorem Sancti Xaverii Canticum H.355, Cantico de Sancto
Xaverio reformatum H.355a). |
Le Noviciat des Jésuites; Perelle;
Musée des Châteaux de Versailles et des Trianons
© Réunion des Musées Nationaux. |
Le troisième établissement de l'ordre
était le noviciat placé sous le vocable
de saint François Xavier. Les jeunes gens désirant entrer
dans la compagnie y recevaient une éducation spécifique pendant
deux ans. Il est possible que les motets de Charpentier pour le
saint patron aient été exécutés dans la chapelle du noviciat. |
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