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Le Père André Bouler est né en 1924 à Quimperlé et vint habiter
avec sa famille à Riec-sur-Belon. Il fit ses études secondaires
au collège Saint-François-Xavier de Vannes. "Au collège, écrivait-il,
lorsque mes camarades découvraient les premières émotions du poème,
mes découvertes se nommaient Cézanne, Monet, Renoir". Il aurait
pu ajouter Gauguin qui plusieurs fois vint en Bretagne, qui peignit
les rochers du Kerou, au Pouldu, où le jeune bouler se souvenait
avoir joué, et qui eut une forte influence sur ses premières peintures.
André
Bouler était né peintre. Dès son enfance il dessine et peint sa
première toile, un portrait, à 15 ans. A la veille de la guerre,
il rencontre le peintre Émile Compard qui lui donne des conseils.
Il exécute 40 toiles ou aquarelles avant d'entrer au Noviciat, en
octobre 1943, où il continue, sinon à peindre, du moins à exploiter
ses dons pour la caricature, à faire des affiches à l'occasion des
fêtes ou d'événements de moindre importance.
Il est à Paris pendant 3 ans,
de 1949 à 1952, travaille dans l'atelier de Fernand Léger, rencontre
l'abbé Morel et le père Couturier, Jean Bazaine et Léon Zack. Une
fois terminé sa formation de jésuite, il revient à
Paris, 35 rue de Sèvres, et se consacre entièrement à la peinture.
C'est à cette époque que je l'ai bien connu, car nos ateliers étaient
contigus et la porte entre les deux toujours ouverte. André était
un compagnon gai, drôle, boute-en-train, heureux de vivre, toujours
enclin à trouver des gags, à mimer les moindres expressions ou comportements
d'autrui, qu'il fixait souvent dans des caricatures. Mais derrière
cette façade qui pouvait donner le change à ceux qui l'abordaient
se cachait avec une pudeur toute bretonne un grand sérieux. Une
exigence, une vie intérieure, une passion pour la beauté l'habitaient,
le hantaient, parfois le minaient, mais dont il ne parlait peu,
tant il était préoccupé de ne pas laisser perdre un "bruissement
indéfinissable", comme il disait, "une fragile musique intérieure"
qu'il lui fallait essayer de transcrire sur sa toile, sans "l'abîmer
ou la casser".
Tout
en s'adonnant régulièrement à la peinture pure, très vite il va
s'employer à l'aménagement de chapelles ou d'églises, à la réalisation
d'autels, d'ornements liturgiques, de bannières, de livres de messe
et surtout de vitraux (églises de Sainte-Thérèse, de Lambézellec,
à Brest, de Sainte-Marine, de Bénodet, chapelles du Roucas à Marseille,
d'America à New York et bien d'autres encore). La liste de ses réalisations
est impressionnante : entre 1963 et 1995, il aménage 69 lieux de
culte, il réalise 42 ensembles de vitraux.
En 1955, l'année de son ordination, il rencontre
la soeur René-Benjamin Boivineau, professeur de lettres et de peinture,
et tous les deux mettent en projet un livre, L'Enfance de l'Art,
petite méthode simple, mais suggestive, pour guider et préserver
le génie natif des enfants et qui sera publié en 1959. Un deuxième
volume suivra et une exposition à Paris, au Grand Palais, consacrera
le succès de L'Enfance de l'Art.
Entre temps, André Bouler participe à de
nombreuses réunions d'artistes européens ou américains. En 1968,
il est consulteur au Département des Arts de l'Université de Fordham
aux États-Unis et, en 1970-1971, il est "artiste en résidence" à
Fairfield dans le Connecticut, où il dirige un atelier de peinture.
A partir de 1980, il assiste au congrès des
Jésuites européens dont il est un des membres les plus anciens et
les plus actifs. Enfin il devient le conseiller du représentant
du Saint-Siège à l'Unesco pour ce qui concerne les activités artistiques.
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