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Allocution prononcée à la
Pauluskirche Perrnettez-moi d'indiquer un dernier devoir des chrétiens d'Europe au service de la foi et pour la réalisation de la justice, un devoir dont, selon moi, tout dépend : la décision de vivre radicalement notre foi. L'histoire de l'Europe est pleine de semblable engagement. Les grandes réformes et les mouvements mondiaux ont été lancés et réalisés par des hommes qui avaient compris la radicalité du message évangélique : un François d'Assise, une Thérèse d'Avila, un Charles de Foucauld. Le christianisme n'est pas un « appareil » de pouvoir terrestre auquel correspondrait une loi lui permettant de s'imposer. Il n'est pas une stratégie qu'il suffirait d'appliquer selon les règles de l'art pour en obtenir le succès. Le christianisme est l'irruption de Dieu dans le temps et dans le monde, réalisée historiquement dans le Christ et continuant à se réaliser dans le temps et dans le monde, réalisé historiquement dans le Christ et continuant à se réaliser dans tout chrétien authentique. Une telle irruption divine peut être déformée, emêchée par l'homme ; nous sommes extraordinairement inventifs pour lui barrer le passage. A cause de cela, l'Evangile reste lettre morte. Nous ne sommes plus en effet capables d'entendre le radicalisme du message évangélique, nous le minimisons à cause de notre égoïsme effréné, nous ne pouvons non plus opérer les réformes personnelles et sociales nécessaires, parce que nous avons peur des conséquences qui en résulteraient pour nous personnellement. Je suis convaincu d'une chose
: sans une conversion personnelle profonde
nous ne serons pas en mesure de répondre aux défis qui nous
sont lancés aujourd'hui. Mais si au contraire nous
réussissons à abattre les barrières qui se dressent
en nous-mêmes, nous expérimenterons de nouveau l'irruption
de Dieu et nous apprendrons ce quêtre chrétien signifie aujourd'hui.
Pourquoi n'y réussirions-nous pas ? Pourquoi cette Europe des grandes
figures chrétiennes qui ont été des emblèmes
ne serait-elle plus capable de donner un nouveau signe de ses plus profondes
ressources : celui d'une décisîon de vivre la foi de façon
radicale ?
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> Des liens internet à l'occasion du centenaire de la naissance du Père Arrupe Quelques livres pour en savoir plus : > Pedro Arrupe, Ecrits pour évangéliser, Desclée de Brouwer - Bellarmin, Paris 1985 > Pedro Arrupe, L'espérance ne trompe pas, préface d'Henri Madelin, Le Centurion, Paris 1981 > Pedro Arrupe, Promouvoir la justice, Cerf, Paris 1985 > Jean-Yves Calvez, Le Père Arrupe : L'Eglise après le Concile, Cerf, Paris 1997 |
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