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Journaliste
et directeur de revue
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Georges NAIDENOFF
(1910 - 1998) |
Le Père Georges parlait peu de
ses années d'enfance, c'était un passé lourd à porter. Il était
né à Odessa en 1910 d'un père russe
et d'une mère française. En 1912 il avait fait un
bref séjour en France dans sa famille maternelle, et en 1919 il
y vint définitivement avec sa mère pour fuir les troubles de la
révolutin russe. Le fils et la mère connurent quelques temps la
situation des réfugiés dans un camp d'accueil près de Voreppe. Ils
vinrent ensute s'établir dans la région parisienne.
Pour ses études secondaires, Georges
fut orienté par un prêtre vers un cours privé catholique à Lisieux.
C'est là qu'à 12 ans, en convalescence d'une opération d'appendicite,
on lui mit entre les mains "L'Histoire
d'une âme" de Thérèse de Lisieux (elle n'est pas encore béatifiée).
Cette lecture lui fut une révélation de l'amour du Seigneur. Il
aimait à en parler comme d'une véritable conversion.
A la fin du Petit Séminaire, son directeur spirituel
l'oriente vers le noviciat de la Compagnie où il entre en 1931.Pendant
les quarante années qui suivirent la fin de sa formation, le nom
du P. Naïdenoff sera attaché à la revue MISSI (Magazine
d'information Spirituelle et de Solidarité Internationale).
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Ce n'est plus une revue
sur les missions au sens traditionnel ; mais un regard chrétien
sur le monde. Beaucoup de numéros sont centrés sur un pays ; on
y trouve des données précises sur l'histoire, la géographie, l'économie,
la culture du pays ; et, bien sûr, sur la place et le rôle de l'Eglise.
Les photos comme les articles donnent du pays et de son peuple une
image qui souligne les aspects positifs et sympathiques pour le
lecteur. Pour ce faire, il cherche ses renseignements aux meilleures
sources et s'efforce de trouver des correspondants locaux qui permettent
de suivre mois après mois l'actualité du pays.
Le
Père Naïdenoff avait l'âme et la compétence d'un journaliste professionnel.
On admirait la qualité de l'écriture ou de la réécriture des articles,
le choix des photos et la mise en page. Il ne manque pas les occasions
d'aller s'informer sur place. Deux voyages l'avaient marqué : le
premier au Vietnam (sous Bao-Daï), le second en Bulgarie (encore
sous le rideau de fer).
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Les tâches de journaliste et
de directeur de revue laissaient peu de place à d'autres activités.
On note cependant que, jusqu'en 1970 il assume le rôle d'aumônier
régional du mouvement "Ad Lucem", fondé en 1931, au
service de laïcs voulant consacrer leur vie aux missions. Il n'est
pas un "satellite" tournant loin de sa communauté; il y est présent
et lorsque la Compagnie le lui demandera, sans hésiter, il prendra
sur son temps pour le consacrer à sa communauté comme supérieur.
De même, lorsque le Père Madelin, Provincial de France, envisageant
de faire sortir en vue des anniversaires ignatiens un ouvrage attrayant,
illustré, facile à lire, s'adressera au journaliste de talent qu'est
le P. Naïdenoff, il répondra "oui" sans hésiter.
Il est heureux de cette demande : la réalisation lui prendra du
temps, beaucoup de temps, et "Jésuites" sortira dans
les délais prévus (fin 1983). Dans la présentation du livre à la
Presse, il dira avec simplicité combien cette demande
de la Compagnie l'a comblé.
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Le Père
Naïdenoff avait l'âme et la compétence d'un journaliste professionnel.
On admirait la qualité de l'écriture ou de la réécriture des articles,
le choix des photos et la mise en page. Il ne manque pas les occasions
d'aller s'informer sur place.
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En 1986, il quitte
la direction et la fonction de rédacteur en chef de MISSI.
Le numéro de décembre de cette année qui retrace "50 ans d'histoire"
est un beau témoignage de l'œuvre accomplie depuis "Jésuites Missionnaires".
Le dernier numéro de MISSI sortira en 1991 ; mais
une équipe de collaborateurs maintiendra le titre et l'esprit, en
lançant en 1992, avec des moyens plus modestes, "Missi Synthèse".
Déchargé de MISSI, le P. Naïdenoff restera un "écrivain"
et il tiendra jusqu'au bout à être ainsi qualifié dans les Annuaires
de la Province. Dès 1986, il publiera une vie de "Pauline
Jaricot" (préfacée par le Cal Decourtray). En même
temps, il est très motivé pour la
béatification de cette grande figure lyonnaise totalement dévouée
aux "oeuvres de la Propagation de la Foi".
Déjà en 1962, il avait consacré
un numéro de MISSI à Pauline ; et, dès 1986, à la
demande des Oeuvres Pontificales Missionnaires, il entreprend de
travailler à une biographie "exhaustive" prenant en compte toutes
les archives disponibles.
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Lorsque la maladie l'interrompit en 1995, plus
de 500 pages seront déjà dactylographiées. Il vint alors à la Chauderaie.
La paralysie des membres du côté droit et l'incapacité où il se
trouvait de poursuivre tout travail d'écriture n'affectèrent jamais
son moral de façon sensible. Ses amitiés fidèles lui apportaient
de nombreuses visites, mais même lorsqu'il lui arrivait de rester
seul de longs moments, il ne s'en plaignait jamais.
Avec le personnel soignant, que
ce soit le moment des soins ou celui du repas à la table des malades,
il pouvait tenir seul la conversation de sa voix puissante et sans
inflexion ; mais sur un ton jovial. En communauté, il interpellait
volontiers les uns et les autres avec une boutade et le dialogue
était ponctué par le "Ah, ah", accompagnés d'un sourire malicieux.
Cette manière envahissante par laquelle il s'extériorisait recouvrait
une conscience lucide et paisible de l'état diminué où il se trouvait.
C'est ainsi que, jusqu'au bout, il
faisait au Seigneur l'offrande humble de sa vie.
Ainsi fut-il trouvé prêt lorsque le Seigneur le rappela à Lui au
terme de quelques jours d'hospitalisation.
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