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| Athlète
du Seigneur |
François FOURNIER
(1921 - 1996) |
François est né à Lyon le 6 septembre
1921. Aîné d'une famille de sept enfants qui donna trois de ses
fils à la Compagnie. Le jeune François fit ses études secondaires
au collège de la Trinité. Intelligent, vif et un tantinet moqueur
- "Pie raisonneuse"
était son nom de totem dans sa patrouille scoute. François est entré
au noviciat d'Yzeure à la Toussaint 1939, au seuil de ces années
40 qui ont si fortement marqué cette génération.
Ami d'adolescence, au collège et
dans le scoutisme, entré au noviciat en même temps que lui, Paul
Beschet a rappelé les engagements apostoliques de son co-novice
dans cette chapelle de la rue Sala où François avait tenu à rassembler,
en novembre 89, ses huit compagnons de noviciat pour un jubilé d'action
de grâce. Il avait, en particulier, tout fait pour que Louis Sans,
du collège du Caire, puisse y venir. Celui-ci écrira, lorsqu'il
apprit sa mort : "Il est arrivé à
son but cet athlète du Seigneur qui, durant toute sa vie, n'a cessé
de mener, souvent en solitaire, des luttes difficiles".
La première tâche apostolique de
François fut le service de l'éducation dans trois collèges : Saint-Michel
à Saint-Étienne, la Sainte-Famille au Caire, puis, au terme de sa
formation, Saint-Joseph à Lyon où il enseigna la philosophie durant
deux années. Engagement traditionnel pour un jeune Jésuite de cette
époque. François sut enseigner les
jeunes avec originalité et rigueur de pensée. Au
collège Saint-Michel, il eut la grâce de rencontrer, pendant deux
ans, le Père Pierre Lyonnet, un éducateur apostolique et un maître
spirituel, reconnu par les générations de ce temps.
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Vinrent
ensuite les années d'aumônerie étudiante
à Grenoble, pendant les années soixante : cercles d'études bibliques,
sessions de formation, initiation à la réflexion politique et socio-économique,
souvent en Chartreuse, à Curière, rencontres universitaires, transplantation
du Centre Catholique Universitaire, de la rue de la Poste à Saint-Martin
d'Hères... Dans ce ministère, François acquiert une grande sensibilité
au monde des jeunes et à ses problèmes, ce goût, et aussi ce
courage pour se porter aux frontières, aux marges, pour ouvrir des
chemins de vérité, des lieux de rencontre et d'écoute, et devenir
ainsi le prochain de celles et de ceux qui venaient de divers horizons,
dont il avait le souci de s'approcher. Pendant les
turbulences de mai 68 il aidera les étudiants à approfondir leurs
réflexions et entretiendra d'excellentes relations aussi bien avec
le recteur d'Académie qu'avec l'évêque de Grenoble.
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En 1969, le Père Provincial,
le P. Eugène d'Oncieu, propose à François de lancer à Lyon une action
de formation permanente des laïcs, qui deviendra "Cultures
et Foi". Ces cahiers, qui paraissaient tous les
deux mois, étaient, comme l'a expliqué, dans la Croix, le P. J.-M.
Glé : "Un instrument de communications et d'échanges entre des personnes
et des groupes qui cherchaient un nouveau style pour exprimer à
qui, en quoi, ils croient ou ne croient plus,
pour tenter de dépasser une critique trop souvent négative".
Des numéros spéciaux, rédigés par Pierre Ganne, Edgar Haulotte,
Stanislas Breton, le pasteur Georges Casalis, Michel de Certeau,
ont été marquants.
En 1991, François, alors âgé de
70 ans, décide de clôturer "Cultures et Foi", en beauté comme il
disait, par un colloque, au mois de septembre, à Sévrier, sur les
bords du Lac d'Annecy, avec une soixante de participants, sur le
thème : "Éthique et Politique, Morale et Société". En parcourant
les cahiers de "Cultures et Foi", on découvre tout ce réseau qui
s'est constitué pour leur élaboration et leur diffusion, avec le
concours des Bénédictines de Belmont-Tramonet, depuis les premières
rencontres à la paroisse de Saint-Jean apôtre, dans le 8ème arrondissement,
jusqu'aux nombreux comités de rédaction, à Lyon et à Paris. Il nous
est possible de suivre François lui-même à travers ses
multiples relations d'amitié dans des milieux culturels et des traditions
religieuses et philosophiques divers, auxquels il
a su offrir un lieu d'expression et de confrontation, depuis l'Europe
centrale jusqu'à l'Amérique latine. Nous pouvons tous reconnaître
François dans ces quelques lignes d'un jeune jésuite ami : "Dans
la fête comme dans la lutte, l'indignation, la tension ou la révolte,
il voulait vraiment aider les âmes.
Il vivait ainsi de multiples amitiés avec liberté et fidélité. Avec
lui, chacun avait le sentiment d'être appelé à la liberté".
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Dans la fête comme
dans la lutte, l'indignation, la tension ou la révolte, il voulait
vraiment aider les âmes. Il vivait ainsi de multiples amitiés
avec liberté et fidélité. Avec lui, chacun avait le sentiment
d'être appelé à la liberté.
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Au terme de sa vie active, François
voulut continuer de servir les pauvres. Après une expérience peu
concluante auprès des drogués, en Avignon, l'occasion lui fut donnée,
avec Christian Delorme et Marie-Geneviève Sougnac, de donner la
parole à tous ces visiteurs de "L'Église ouverte", Saint-André de
la Guillotière, la paroisse du Père Chevrier, où chrétiens et musulmans,
athées et gens qui se disent sans foi et sans religion, viennent
exprimer par écrit, sur le cahier déposé au fond de l'Église, leurs
doutes et leurs espoirs, leurs interrogations et leurs révoltes,
leurs difficultés et leurs réussites, dont Dieu est alors remercié,
en français, en arabe, ou en d'autres langues. François a collaboré
à la réalisation d'une plaquette "Psaumes dans la Ville", parue
en 1994, sa dernière signature au terme de son pèlerinage.
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François nous lègue de nombreux
souvenirs savoureux et un exemple exigeant dans sa recherche pour
être solidaire avec les pauvres,
comme il l'a souligné lui-même dans son exemplaire des décrets de
la 32ème Congrégation générale : "Cette option nous amènera à revoir
nos solidarités et nos préférences apostoliques. En effet, la
promotion de la justice ne constitue pas seulement pour nous un
champ apostolique parmi d'autres, celui de l'apostolat social :
elle doit être un souci de toute notre vie et constituer une dimension
essentielle de toutes nos tâches apostoliques".
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