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| L'âge
d'or de l'Action Catholique |
Gaston DUJARDIN
(1906 - 1997) |
Le P. Gaston Dujardin était
le dernier dernier représentant de la lignée des jésuites Aumôniers
Généraux des mouvements de jeunesse d'Action Catholique. Il passa
ainsi 20 ans de sa vie au service du monde
rural.
Il naquit en février 1906, à Beaurains,
dans le Pas-de-Calais. Ses parents étaient proches de l'agriculture,
mais il ne vécut pas lui-même dans ce milieu, ni de ce travail.
De santé jugée délicate, il lui fallut une "seconde
tentative" pour être admis en 1926 au Noviciat des
Jésuites.
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Mobilisé
pour un an en 39-40, il termina ensuite sa formation et fut nommé,
en juillet 1941, aumônier national adjoint de la
Jeunesse Agricole Catholique (J.A.C.) dont le secrétariat
national siégeait en "zone libre", à Lyon. A l'automne 1942, il
rejoint, à Paris, là où habitait la plupart des aumôniers
jésuites engagés dans l'Action catholique;
Désormais Gaston Dujardin se donnera
totalement à cette vie apostolique, inattendue pour lui dans laquelle
il exercera patience et audace, constante collaboration
avec les laïcs et de nombreux prêtres diocésains,
pédagogie, nouvelle pour beaucoup d'entre eux, puisée aux sources
de l'humanisme et du discernement spirituel que lui avait donné
de découvrir sa longue formation dans la Compagnie. Elles l'aidèrent
à devenir successivement Aumônier national de la JAC, Aumônier international
du MIJARC (extension européenne, puis mondiale de la JAC et du mouvement
adulte), conseiller à la naissance de mouvements professionnels
ou de formation, comme l'IFOCAP.
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A l'une des premières rencontres
avec un auditoire d'agriculteurs, il avait pensé judicieux de choisir
la parabole du semeur... Il raconte lui-même qu'après sa causerie,
l'un de ses auditeurs, rompant un long silence, finit par lâcher:
"... et bien, mon Père, ça se voit
que vous n'avez pas souvent semé!".
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Il faut faire
grandir l'homme, tout l'homme.
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On se souvient encore
- des laïcs l'accompagnaient - d'un voyage " mandaté " à Rome et
d'une entrevue avec Jean XXIII,
à la veille de l'ouverture du Concile Vatican II. Était en jeu notamment,
pour la délégation, la mixité à pleinement établir dans la JAC.
Le Pape ouvre lui-même la porte de la salle, accueille chaleureusement
le groupe et dit à l'Aumônier: " Père
Dujardin ? mais quel jardin ? celui où Eve a péché,
ou le jardin où le Christ nous a sauvés ? " - Deux versions quant
à la réponse : " mais Très Saint Père, étant de la Compagnie de
Jésus, c'est plutôt le second jardin... " - ou bien, celle-ci plus
véridique quant à l'humour qu'elle contient : " oh ! vous savez,
Très Saint Père, on est toujours un peu des deux jardins ! ".
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Tissées au cours des années, une très grande
et indéfectible estime, une amitié chaleureuse, une vénération simple,
lucide, franche et de bon goût, habitaient et habitent encore ceux
qui l'ont connu. " Il faut faire grandir l'homme, tout l'homme ",
répétera-t-il souvent.
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