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Le service de l'art à la société
Jean DIARD
(1926 - 1998 )

Né à Paris en 1926, Jean fut élève des collège de Tivoli à Bordeaux et de St-Louis de Gonzague à Paris. Entré dans la Compagnie en 1946, après le noviciat et le juvénat à Laval, il fut régent au collège St-François-Xavier à Vannes pendant deux ans, et professeur de français à Témara au Maroc pendant deux autres années. Ordoné prêtre en 1960 à St-Leu d'Esserent, il fut père spirituel au collège Notre-Dame de Sainte-Croix au Mans pendant cinq ans, puis ministre de la communauté Saint-Germain (rue de Grenelle) à Paris pendant dix ans, avant de devenir Directeur de "Confluences", l'œuvre de sa vie.

Jean était un animateur hors pair, il savait créer des liens entre des gens très différents les uns des autres. Depuis presque trente ans, avec l'appui efficace de Henri Langlois, fondateur de la "Cinémathèque française" et de Robert Bordaz, qui fut le premier président de son conseil d'administration, Jean a animé "Confluence".

Au point de départ, il en a fait un lieu de création pour jeunes artistes. Mais, avec la fin des "trente glorieuses", le déclin du mécénat se fit sentir. "Confluences" devint alors plutôt, selon les mots mêmes de Jean, un "outil culturel à finalité sociale" : son but était d'envisager le service que l'art pouvait rendre à la société, s'engager à rendre la vie intéressante, non seulement par le cinéma, mais aussi par la chanson, la danse, le théâtre, le dessin, la peinture, la musique.

Si l'association "Confluences" est non-confessionnelle, tous ses amis savaient que Jean était jésuite. Sa vocation trouvait à "Confluences" de quoi se réaliser. Jean était vraiment témoin dans ce monde de jeunes, ouverts, en recherche, sensibles à l'expression. Prenant appui sur leurs valeurs de générosité et d'authenticité, de détachement et de pauvreté, il leur a permis d'accéder à la découverte d'une spiritualité vraie.

Son but était d'envisager le service que l'art pouvait rendre à la société, s'engager à rendre la vie intéressante, non seulement par le cinéma, mais aussi par la chanson, la danse, le théâtre, le dessin, la peinture, la musique.

Mais Jean n'était pas seulement en relation avec des jeunes, il n'hésitait pas à solliciter des artistes reconnus, des hommes établis, de grands noms de la culture pour leur demander d'aider "Confluences" dans la détection de jeunes talents et l'encouragement nécessaire à l'éclosion de leur vocation. Jean n'avait pas de plus grande joie que de voir un peintre, un poète, un acteur ou un metteur en scène quitter "Confluences" pour se lancer, ayant conquis son autonomie.

Un tel dynamisme n'allait pas de soi. Il n'était pas seulement le fruit d'un bon tempérament, d'une personnalité exceptionnellement riche, particulièrement douée pour la communication et l'expression. Jean savait qu'il lui fallait constamment se mobiliser pour sans cesse solliciter, rencontrer, demander, relancer telle opération, rappeler telle promesse. Jean était toujours sur la brèche. Il n'aura quitté son bureau et son téléphone que deux jours avant de rendre sa vie à Dieu, dans un épuisement total. Il est décédé le 15 novembre 1998 à l'hôpital Bichat à Paris.