Comme l’affirme Laudato si’, « étant donné que le marché tend à créer un mécanisme consumériste compulsif pour placer ses produits, les personnes finissent par être submergées, dans une spirale d’achats et de dépenses inutiles » (203). Le paradigme consumériste nous touche tous. Que des personnes ou des groupes inventent des « contre-cultures » en dit toute la prégnance. Cette fiche propose quelques pistes d’action et de réflexion pour sortir de la frénésie de la consommation.

Critères de discernement : les 5 R = Réduire – Refuser – Réparer – Réutiliser – Recycler

Nous sommes invités à consommer autrement (en privilégiant par exemple la consommation de produits locaux et de saison pour les fruits et les légumes), mais d’abord, et peut-être avant tout, à consommer moins.

/Réduire et refuser. Puis-je me passer de l’achat de tel bien ? Ai-je vraiment besoin de telle ou telle chose (même si elle est « gratuite ») ? Est-ce que je ne me laisse pas envahir par des « gadgets » ? Ces questions peuvent nous guider pour trouver un rapport plus juste à la consommation.

/Réparer et réutiliser. L’obsolescence programmée rend difficile la réparation d’un bien. Pourquoi ne pas apprendre de nouveaux savoir-faire dans un Repair café (en France, en Belgique, au Luxembourg) ? Ce sera l’occasion de rencontrer les gens de son quartier… Ou pourquoi ne pas tenter sa chance dans un magasin (ou un site internet) d’occasion pour éviter d’acheter neuf ? Pour les livres, par exemple, on pourra trouver des magasins d’occasion (comme les magasins Oxfam Solidarité en Belgique) ou des sites internet (comme www.momox-shop.fr en France).

/Recycler. Si j’achète un nouvel ordinateur (ou téléphone portable, etc.), rien ne sert que l’ancien traine dans mon bureau. Pourquoi ne pas le confier à une Ressourcerie (en France, en Belgique), qui pourra soit le réparer, soit en recycler les matériaux ?

Et aussi : emprunter/prêter et donner

Bien souvent, c’est l’usage d’un bien et non sa possession qui répond à nos besoins. Ainsi, c’est de mobilité dont on a besoin, et pas forcément de la possession d’une voiture. Il en va de même pour beaucoup d’autres choses. Dans cette perspective, on pourra emprunter et prêter des livres, une voiture, un vélo, une échelle, etc., mais aussi donner (à ses voisins ou via un site de don d’objets) ce dont on n’a plus usage et qui pourrait répondre aux besoins d’autres personnes. Que ce soit au sein de nos communautés (se renseigne-t-on, avant d’acheter quelque chose, pour savoir si on ne l’a pas déjà ?) ou de nos communautés vers l’extérieur, ce sont des habitudes et des réflexes à prendre et à encourager.

La question des besoins

Quels besoins essayons-nous de combler en (sur)consommant ? Besoin de reconnaissance sociale ? De sécurité ? De vivre en paix la conscience de sa finitude ? Ces besoins sont à prendre au sérieux. Exerçons-nous à y répondre autrement que par la consommation.

Le saviez-vous ?

Plus de 25 extraits de minerais différents composent notre GSM (téléphone portable). Tous ces minerais sont épuisables et beaucoup sont en voie de pénurie face à l’augmentation permanente de la demande mondiale. L’extraction de ces minerais provoque de nombreux dégâts socio-environnementaux et tend à alimenter des conflits armés. Pensons-y avant de remplacer nos téléphones portables et autres tablettes…
> Source et pistes pour « téléphoner plus juste » : Outil pédagogique de Justice et Paix Belgique

Le coup de pouce du Pape François

« Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie »

Laudato si’ 223.

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