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\par SEPTI\'c8ME PARTIE
\par 
\par CE QUI CONCERNE LA R\'c9PARTITION
\par DANS LA VIGNE DU SEIGNEUR,
\par ET POUR LE BIEN DU PROCHAIN,
\par DE CEUX QUI ONT \'c9T\'c9 ADMIS
\par DANS LE CORPS DE LA COMPAGNIE
\par 
\par 
\par CHAPITRE 1
\par Les missions donn\'e9es par le Souverain pontife(1)
\par 
\par (1) (Cf. NC 252-254). 
\par 
\par \~[603]
\par 
\par 1. De m\'eame que l'on a parl\'e9 dans la sixi\'e8me Partie de ce que doivent observer les membres de la Compagnie, chacun dans sa vie personnelle, il faut de m\'eame parler dans la septi\'e8me de ce qu'ils doivent observer \'e0 l'\'e9
gard du prochain (ce qui est la fin tout \'e0 fait propre de notre Institut), quand ils sont r\'e9partis dans la vigne du Christ pour travailler dans la partie de celle-ci et dans l'ouvre qui leur auront \'e9t\'e9 confi\'e9es. Et cela, qu'ils soient envoy
\'e9s en divers lieux, soit par le Souverain Vicaire du Christ notre Seigneur, soit par les Sup\'e9rieurs de la Compagnie qui tiennent aussi pour eux la place de la divine Majest\'e9; ou bien qu'ils choisissent pour eux-m\'eames o\'f9 et \'e0 quoi se d
\'e9penser, s'il a \'e9t\'e9 laiss\'e9 \'e0 leur jugement de parcourir tout lieu o\'f9 ils penseraient pouvoir r\'e9aliser un plus grand service de notre Dieu et Seigneur et un plus grand profit pour les \'e2
mes; ou bien que le travail ne se fasse pas en parcourant divers lieux [A], mais en r\'e9sidant de fa\'e7on stable et continue en certains lieux o\'f9 l'on esp\'e8r
e beaucoup de fruit pour la gloire et le service divins. Et pour traiter d'abord de la mission donn\'e9e par le Souverain Pontife, en tant que la plus importante parmi toutes les autres, il faut remarquer que l'intention de ce v\'9c
u par lequel la Compagnie s'est li\'e9e [B](2) une ob\'e9issance sans aucune excuse au Souverain Vicaire du Christ, est que nous nous portions en tout pays o\'f9 il jugerait devoir nous envoyer parmi les fid\'e8les ou les infid\'e8
les pour une plus grande gloire de Dieu et un plus grand secours des \'e2mes. La Compagnie n'a pas entendu \'eatre en un lieu particulier, mais qu'elle serait r\'e9pandue \'e0 travers le monde en diff\'e9rentes r\'e9gions et en diff\'e9rents lieux, d\'e9
sirant choisir ce qui serait le mieux \'e0 faire et esp\'e9rant qu'il en serait ainsi si la r\'e9partition de ses membres \'e9tait faite par le Souverain Pontife. 
\par 
\par (2) (Sont directement et personnellement li\'e9s par ce v\'9cu tous ceux qui font la profession des quatre v\'9cux dans la Compagnie cf. Formule de l'Institut n. 3). 
\par 
\par 
\par 
\par \~[604]
\par 
\par A. Ce sont l\'e0 les quatre mani\'e8res plus universelles de r\'e9partir les N\'f4tres dans la vigne du christ notre Seigneur; il en est trait\'e9 dans autant de chapitres de cette septi\'e8me Partie. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[605]
\par 
\par B. L'intention du quatri\'e8me v\'9cu fait au Souverain Pontife ne visait pas un lieu particulier, mais que ceux qui faisaient ce v\'9cu soient r\'e9pandus en diff\'e9rentes parties du monde. En effet, ceux qui se r\'e9
unirent les premiers dans cette Compagnie venaient de diverses provinces et de divers royaumes et il ne leur apparaissait pas clairement en quels pays des fid\'e8les ou des infid\'e8
les ils devaient se trouver. Pour ne pas errer dans le chemin du Seigneur, ils firent cette promesse ou ce v\'9cu pour que le Souverain Pontife les r\'e9partisse pour une plus grande gloire de Dieu et conform\'e9ment \'e0 leur intention d
e parcourir le monde, et pour que, s'ils ne trouvaient pas le fruit spirituel d\'e9sir\'e9 dans un endroit, ils se portent de l\'e0 dans l'un et dans l'autre, recherchant une plus grande gloire de Dieu et une plus grande aide des \'e2mes.
\par 
\par 
\par 
\par \~[606]
\par 
\par 2. Dans ce domaine, la Compagnie ayant soumis tout son jugement propre et tout son vouloir au Christ notre Seigneur et \'e0 son Vicaire, ni le Sup\'e9rieur, pour lui-m\'eame, ni aucun autre des inf\'e9rieurs, pour lui-m\'ea
me ou pour un autre [C], ne devra entreprendre ni tenter aupr\'e8s du Souverain Pontife ou de ses ministres aucune d\'e9marche, directement ou indirectement, pour qu'il doive r\'e9sider ou \'eatre envoy\'e9 dans tel endroit plut\'f4
t que dans tel autre; mais les inf\'e9rieurs laisseront totalement ce soin au Souverain Vicaire du Christ et \'e0 leur Sup\'e9rieur, et le Sup\'e9rieur, en ce qui le concerne personnellement, le laissera au Souverain Pontife et \'e0 la Compagnie elle-m
\'eame [D], dans le Seigneur.
\par 
\par 
\par 
\par \~[607]
\par 
\par C. Lorsqu'un inf\'e9rieur serait d\'e9sign\'e9 pour un lieu ou une \'9cuvre o\'f9 on jugerait qu'il ne devrait pas \'eatre envoy\'e9, toutes choses ayant \'e9t\'e9 bien examin\'e9es par le Souverain Vicaire du Christ, le Pr\'e9pos\'e9 G\'e9n\'e9
ral pourra mieux informer Sa Saintet\'e9, laissant finalement toutes choses \'e0 son jugement.
\par 
\par 
\par 
\par \~[608]
\par 
\par D. Par la Compagnie, on entendra ceux de ses membres qui se trouveraient dans le lieu o\'f9 r\'e9side le Pr\'e9pos\'e9 G\'e9n\'e9ral(3). Ceux-ci pourraient informer avec exactitude le Souverain Pontife, au cas o\'f9
 il semblerait que celui-ci, par suite d'informations inexactes donn\'e9es par d'autres, envisage d'envoyer le Pr\'e9pos\'e9 G\'e9n\'e9ral l\'e0 o\'f9 cela ne convient pas pour le bien commun de la Compagnie et pour un plus grand service de Dieu. 
\par 
\par (3) (On entend par l\'e0 les Assistants "ad providentiam"). 
\par 
\par 
\par 
\par \~[609]
\par 
\par 3. En outre, celui qui aura \'e9t\'e9 d\'e9sign\'e9 par le Souverain Pontife pour se rendre quelque part s'offrira g\'e9n\'e9reusement, sans demander, par lui-m\'eame ou par un autre, aucune aide mat\'e9rielle comme viatique; bien plut\'f4
t le Souverain Pontife l'enverra selon ce que Sa Saintet\'e9 jugera devoir \'eatre pour un plus grand service [El de Dieu et du Si\'e8ge Apostolique, sans tenir aucun compte d'autre chose en cela. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[610]
\par 
\par E. On pourra tr\'e8s bien, et m\'eame on devra, pr\'e9senter une demande, par l'interm\'e9diaire du pr\'e9lat ou de tout autre par qui l
e Souverain Pontife donne l'ordre de partir en un lieu, pour savoir comment celui-ci entend qu'on fasse le voyage et qu'on s\'e9journe l\'e0 o\'f9 on est envoy\'e9; si c'est en vivant d'aum\'f4nes mendi\'e9
es pour l'amour du Christ, ou autrement. En effet, ce qui para\'eetra meilleur au Souverain Pontife se fera avec plus de d\'e9votion et plus s\'fbrement dans le Seigneur.
\par 
\par 
\par 
\par \~[611]
\par 
\par 4. Si le Souverain Pontife ne d\'e9signe nomm\'e9ment personne, mais ordonne que quelqu'un ou plusieurs aillent dans tel ou tel lieu, en laissant le Sup\'e9rieur juger quels sont ceux qui sont plus aptes \'e0 cette mission, le Sup\'e9rieur, conform\'e9
ment \'e0 l'ordre de Sa Saintet\'e9, d\'e9signera ceux qui lui sembleront convenir davantage et devoir y \'eatre plus aptes. Il consid\'e9rera en cela le plus grand bien universel et le dommage le moins grand possible pour les autres \'9c
uvres entreprises au service de Dieu. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[612]
\par 
\par 5. Il convient grandement qu'\'e0 celui qui aura \'e9t\'e9 ainsi envoy\'e9, on explique parfaitement sa mission et le but auquel vise le Souverain Pontife, ainsi que les r\'e9sultats qu'il en attend; et on le fera si possible par \'e9
crit [F], pour qu'il puisse mieux accomplir ce qui lui aura \'e9t\'e9 enjoint. Le Sup\'e9rieur prendra soin aussi de l'aider de ses conseils et de ses instructions, autant qu'il le pourra [G], afin qu'il exerce en tout plus utilement son minist\'e8
re pour le service de Dieu et du Si\'e8ge Apostolique. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[613]
\par 
\par F. Si une telle d\'e9marche ne peut \'eatre faite, on devra au moins veiller \'e0 ce que la pens\'e9e du Souverain Pontife soit connue de vive voix, qu'il l'explique lui-m\'eame directement \'e0 celui qui est envoy\'e9, ou que ce soit par l'interm\'e9
diaire du Sup\'e9rieur, d'un Pr\'e9lat ou de quelqu'un d'autre.
\par 
\par 
\par 
\par \~[614]
\par 
\par G. Le Sup\'e9rieur pourra aussi l'aider par quelques instructions \'e9crites, non seulement dans ses propres missions, mais aussi dans celles du Souverain Pontife, afin que l'on atteigne mieux ce qu'on recherche pour le service du Christ notre Seigneur.

\par 
\par 
\par 
\par \~[615]
\par 
\par 6. S'il est envoy\'e9 par le Souverain Pontife en des lieux particuliers, sans que la dur\'e9e soit d\'e9termin\'e9e, on comprendra qu'il doit y rester trois mois; et cela plus ou moins, selon le plus ou moins grand fruit
 spirituel qu'il lui semblera y recueillir, ou qu'il esp\'e9rera recueillir ailleurs, ou encore selon ce qu'on jugera convenir davantage pour un bien universel. Tout cela se fera selon le jugement du Sup\'e9rieur, qui consid\'e9
rera la sainte intention du Pontife dans le service du Christ notre Seigneur. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[616]
\par 
\par 7. Lorsqu'il faudra prolonger le s\'e9jour dans les lieux d\'e9sign\'e9s, si cela peut se faire sans que ce soit au d\'e9triment de la mission principale et de l'intention du Souverain Pontife, il n'y aura pas d'inconv\'e9nients \'e0
 faire quelques sorties, si cela est possible et qu'il juge qu'elles seraient fructueuses au service de Dieu, en sorte qu'aidant les \'e2mes dans les lieux avoisinants, il revienne ensuite au lieu de sa r\'e9sidence. L\'e0, en plus de ce qui lui a \'e9t
\'e9 sp\'e9cialement ordonn\'e9 (\'e0 quoi il doit s'employer avec un soin sp\'e9cial et qu'il ne doit pas abandonner pour d'autres occasions, m\'eame bonnes, de servir Dieu), il peut et il doit examiner, sans que ce soit au d\'e9
triment de sa mission (comme il a \'e9t\'e9 dit), \'e0 quelles autres choses il pourrait s'employer, qui soient pour la gloire de Dieu et pour le bien des \'e2mes. Il ne laissera pas \'e9
chapper de ses mains l'occasion que Dieu lui donnerait pour cela, pour autant que, en Dieu, il jugera cela opportun. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[617]
\par 
\par 8. Pour mieux atteindre le but de notre profession et de notre promesse, lorsqu'un nouveau Vicaire du Christ aura \'e9t\'e9 \'e9lu au Si\'e8ge Apostolique, le Pr\'e9pos\'e9 G\'e9n\'e9ral devra, par lui-m\'eame ou par un autre, dans l'ann\'e9e de l'\'e9
lection et du couronnement, faire conna\'eetre \'e0 Sa Saintet\'e9 la profession et la promesse expresse d'ob\'e9issance par quoi la Compagnie s'est li\'e9e \'e0 lui, par un v\'9cu sp\'e9cial concernant les missions, pour la gloire de Dieu.
\par 
\par 
\par 
\par 
\par 
\par CHAPITRE 2
\par Les missions donn\'e9es par le Sup\'e9rieur de la Compagnie
\par 
\par 
\par 
\par 
\par 
\par \~[618]
\par 
\par 1. Afin qu'on puisse subvenir aux besoins spirituels des \'e2mes en de nombreuses r\'e9gions [A] avec plus de facilit\'e9, et plus de s\'e9curit\'e9 pour ceux qui seront nomm\'e9s dans ce but, les Pr\'e9pos\'e9s de la Compagnie pourront, selon la facult
\'e9 accord\'e9e par le Souverain Pontife, envoyer [B] l\'e0 o\'f9 ils le jugeront plus opportun [C] n'importe lesquels des membres de la Compagnie; cependant, o\'f9 qu'ils se trouvent, ils seront toujours pr\'eats \'e0 ob\'e9ir au Saint-Si\'e8
ge. Nombreux sont ceux qui demandent qu'on leur accorde certains des N\'f4tres en prenant davantage en compte leurs propres obligations spirituelles envers leur troupeau, ou d'autres avantages plus \'e9loign\'e9s de notre fin, plut\'f4
t que des obligations communes ou universelles. Le Pr\'e9pos\'e9 G\'e9n\'e9ral, ou celui qui aura re\'e7u de lui ce pouvoir, doit donc veiller avec attention dans ces missions \'e0 ce que, en envoyant dans une r\'e9gion plut\'f4
t que dans une autre [D], pour telle fin plut\'f4t que pour telle autre [E], telle ou telle personne plut\'f4t que telle autre [F], de telle fa\'e7on ou 
de telle autre [G], pour plus ou moins de temps [H], ce soit toujours ce qui est pour un plus grand service de Dieu et un bien plus universel qui soit d\'e9cid\'e9. Ayant donc lui-m\'eame cette intention tr\'e8s droite et tr\'e8s pure en pr\'e9
sence de notre Dieu et Seigneur, et, si cela lui semble bon en raison de la difficult\'e9 ou de l'importance de la d\'e9cision, apr\'e8s avoir recommand\'e9 la chose \'e0 la divine Majest\'e9 par ses pri\'e8
res et ses messes ainsi que par celles des gens de la maison, et en avoir parl\'e9 avec un ou plusieurs membres de la m\'eame Compagnie qu'il lui semblera bon parmi ceux qui seront l\'e0, il d\'e9cidera par lui-m\'ea
me s'il doit envoyer ou non; et il en sera ainsi des autres circonstances, comme il jugera convenir pour une plus grande gloire de Dieu. Quant \'e0 celui qui est envoy\'e9, n'intervenant en aucune mani\'e8re aupr\'e8s du Sup\'e9
rieur pour aller ou rester en tel endroit plut\'f4t qu'en tel autre, son devoir sera de laisser une pleine et enti\'e8rement libre disposition de lui-m\'eame au Sup\'e9rieur [I] qui le dirige \'e0 la place du Chri
st vers son plus grand service et sa plus grande louange. De m\'eame aussi, personne ne doit chercher, par quelque moyen que ce soit, \'e0 ce que d'autres restent en un lieu ou se rendent en un autre, sans l'accord de son Sup\'e9
rieur [K], par lequel il doit \'eatre gouvern\'e9 dans le Seigneur.
\par 
\par 
\par 
\par \~[619]
\par 
\par A. En de nombreux endroits (surtout s'ils sont \'e9loign\'e9s du Si\'e8ge Apostolique), il peut \'eatre plus facile et plus ais\'e9 que le Sup\'e9rieur de la Compagnie prenne la chose en mains plut\'f4t que d'obliger ceux qui ont besoin d'h
ommes de la Compagnie \'e0 s'adresser toujours au Souverain Pontife. Pour les individus, il est aussi plus s\'fbr de partir par ob\'e9issance \'e0 leurs Sup\'e9rieurs que sur leur propre initiative (m\'eame s'ils le pouvaient), sans \'eatre envoy\'e9
s par ceux qui doivent les conduire \'e0 la place du Christ notre Seigneur, en tant qu'interpr\'e8tes de la divine Volont\'e9.
\par 
\par 
\par 
\par \~[620]
\par 
\par B. De m\'eame que le Pr\'e9pos\'e9 G\'e9n\'e9ral peut exercer les autres fonctions par lui-m\'eame et par ses inf\'e9rieurs, de m\'eame le pourra-t-il pour ce qui est d'envoyer les siens, se r\'e9servant les missions qu'il jugerait devoir se r\'e9server. 

\par 
\par 
\par 
\par \~[621]
\par 
\par C. Envoyer l\'e0 o\'f9 cela leur semblera bon veut dire: parmi les fid\'e8les, m\'eame aux Indes, et parmi les infid\'e8les, sp\'e9cialement l\'e0 o\'f9 il y aurait un endroit habit\'e9 par des fid\'e8les, comme en Gr\'e8ce, etc. L\'e0 o\'f9
 il y aurait uniquement des infid\'e8les, le Sup\'e9rieur devra beaucoup examiner devant Dieu s'il doit envoyer ou non, et o\'f9, et qui. Et le subordonn\'e9 devra toujours accepter sa mission le cour joyeux comme venant de la main du Seigneur.
\par 
\par 
\par 
\par \~[622]
\par 
\par D. Pour proc\'e9der plus droitement en envoyant vers l'une ou l'autre r\'e9gion, ayant devant les yeux le plus grand service divin et le plus grand bien universel, r\'e8gle \'e0 laquelle il faut que les missions r\'e9
pondent, il semble que l'on doive choisir dans la vigne si vaste du Christ notre Seigneur (les autres choses \'e9tant \'e9gales, ce qui doit s'en
tendre de tout ce qui suit) la partie de la vigne qui en a le plus besoin; ceci tant en raison du manque d'autres ouvriers que de l'\'e9tat mis\'e9rable et de la faiblesse du prochain qui se trouve l\'e0 et du danger d'une damnation finale. 
\par Il faut consid\'e9rer aussi en quel lieu il est vraisemblable que les moyens dont use la Compagnie pour aider le prochain porteront plus de fruit. Par exemple, l\'e0 o\'f9
 il semblerait que la porte est plus largement ouverte et qu'il y a chez les hommes une plus grande disposition et facilit\'e9 \'e0 pouvoir \'eatre aid\'e9s, ce qui se reconna\'eet \'e0 une plus grande d\'e9votion et un plus grand d\'e9
sir de leur part (ce que l'on peut saisir, en partie, par l'insistance avec laquelle ils demandent les N\'f4tres), ou \'e0 la condition et \'e0 la qualit\'e9 des personnes qui sont plus \'e0 m\'eame de pouvoir \'eatre aid\'e9
s et conserver le fruit obtenu, pour la gloire de Dieu. 
\par L\'e0 o\'f9 nous avons une dette plus grande, par exemple dans les lieux o\'f9 se trouvent des maisons ou des coll\'e8ges de la Compagnie, ou bien l\'e0 o\'f9 des membres de celle-ci font leurs \'e9tudes et b\'e9n\'e9
ficient du secours des habitants, il conviendrait davantage (si sont \'e9gales les autres choses concernant le profit spirituel) qu'il y ait quelques-uns de nos ouvriers; et ce serait une raison pour pr\'e9f\'e9rer ces lieux \'e0 d'autres, conform\'e9
ment \'e0 la charit\'e9 parfaite. 
\par Et parce que le bien est d'autant plus divin qu'il est plus universel, on doit pr\'e9f\'e9rer les personnes et les lieux qui, apr\'e8s en avoir tir\'e9 profit, seront causes que le bien s'\'e9tende \'e0 beaucoup d'autres qui sont sous leur autorit\'e9
 ou sont dirig\'e9s par eux. Ainsi l'aide spirituelle apport\'e9e \'e0 des personnes de haut rang et ayant des fonctions publiques (qu'il s'agisse de la\'efcs, comme les princes, les seigneurs, les magistrats, les juges, ou qu'il s'agisse d'eccl\'e9
siastiques, comme les pr\'e9lats), et l'aide apport\'e9e \'e0 des hommes plus \'e9minents par leur savoir et par leur autorit\'e9 doivent \'eatre consid\'e9r\'e9es comme plus importantes, pour cette m\'eame raison du bien plus universel. Pour cette m\'ea
me raison encore on doit pr\'e9f\'e9rer l'aide apport\'e9e \'e0 de grandes nations, comme les Indes, ou \'e0 des agglom\'e9rations importantes, ou \'e0 des universit\'e9s o\'f9
 se rassemblent ordinairement un grand nombre de gens qui, si on leur vient en aide, pourront \'eatre eux-m\'eames des ouvriers pour en aider d'autres. 
\par De m\'eame, l\'e0 o\'f9 l'on se rendrait compte que l'ennemi du Christ notre Seigneur a sem\'e9 l'ivraie, et sp\'e9cialement qu'il a suscit\'e9 \'e0 l'\'e9gard de la Compagnie une mauvaise opinion ou de mauvaises dispositions pour emp\'ea
cher le fruit qu'elle pourrait faire, il faudrait s'en occuper davantage, surtout si ce lieu est important et qu'on doit en tenir compte; on y enverra, si possible, des hommes qui, par l'exemple de leur vie et leur doctrine, d\'e9
truiraient une mauvaise opinion n\'e9e de faux racontars.
\par 
\par 
\par 
\par \~[623]
\par 
\par E. Pour un choix meilleur et plus s\'fbr des \'9cuvres auxquelles le Sup\'e9rieur envoie les siens, on aura devant les yeux la m\'eame r\'e8gle, \'e0 savoir un plus grand honneur divin et un plus grand bien universel. Car c'est l\'e0 une consid\'e9
ration qui peut pousser tr\'e8s justement \'e0 envoyer plut\'f4t en un lieu qu'en un autre. Voici quelques motifs qui peuvent avoir de l'importance dans un sens ou dans un autre. En premier lieu, alors que ceux de la Compagnie peuvent \'9cuvrer l\'e0 o
\'f9 on est \'e0 la recherche des biens spirituels et aussi du bien des corps, o\'f9 s'exerce aussi la mis\'e9ricorde et la charit\'e9; alors aussi que certains peuvent \'eatre aid\'e9
s en des choses concernant leur plus grande et leur moins grande perfection et enfin en des choses qui, de soi, sont meilleures et d'autres qui sont moins bonnes; si l'on ne peut faire les unes et les autres en m\'eame temps, on devra toujours pr\'e9f\'e9
rer (les autres choses \'e9tant \'e9gales) les premi\'e8res aux secondes. 
\par Aussi lorsque certaines choses sont plus urgentes dans le service divin, et d'autres moins parce qu'elles souffrent mieux qu'on y rem\'e9die plus tard, on doit, m\'eame si elles sont d'\'e9gale importance, faire passer les premi\'e8res avant les secondes.

\par Aussi lorsque certaines choses sont sp\'e9cialement du ressort de la Compagnie, ou lorsqu'on voit qu'il n'y a personne d'autre qui s'en occupe, et que, \'e0
 l'inverse, il y a d'autres choses dont d'autres ont souci et moyen d'y pourvoir, il est juste que, dans les missions, les premi\'e8res aient la premi\'e8re place. 
\par De m\'eame aussi, parmi les \'9cuvres pies qui auraient une \'e9gale importance, rel\'e8veraient d'une \'e9gale n\'e9cessit\'e9 et seraient \'e9galement urgentes, si certaines sont plus s\'fb
res pour celui qui s'en occupe et d'autres plus dangereuses, et si, \'e0 l'inverse, certaines se r\'e9alisent plus facilement et plus ais\'e9ment, et d'autres avec plus de difficult\'e9 et plus de temps, on doit encore pr\'e9f\'e9rer les premi\'e8res.

\par Les autres choses qui ont \'e9t\'e9 dites \'e9tant d'\'e9gale importance, lorsque certaines occupations sont d'un bien plus universel et \'e9tendent leur aide \'e0 un plus grand nombre, comme pr\'eacher ou enseigner, que d'autres sont plus particuli\'e8
res, comme confesser ou donner les Exercices Spirituels, si on ne peut se consacrer aux unes et aux autres, on pr\'e9f\'e9rera les premi\'e8res, \'e0 moins de circonstances qui portent \'e0 estimer que les secondes
 conviennent davantage. Pareillement lorsque certaines \'9cuvres pies sont plus durables et seront toujours utiles, comme certaines fondations pieuses \'e9
tablies pour aider le prochain, quand d'autres sont moins durables, qui n'aident que rarement et pour peu de temps, il est certain qu'on doit pr\'e9f\'e9rer les premi\'e8res aux secondes. Et ainsi le Pr\'e9pos\'e9
 de la Compagnie doit faire porter le travail des siens davantage sur les unes que sur les autres. Tout cela se fait parce que cela convient ainsi pour un plus grand service de Dieu et un plus grand bien du prochain.
\par 
\par 
\par 
\par \~[624]
\par 
\par F. Bien que ce soit la souveraine Providence et la direction de l'Esprit Saint qui fassent efficacement choisir ce qui est le meilleur aussi bien dans toutes les autres choses que dans l'envoi en n'importe quel lieu de ceux qui conviennent davantage et so
nt mieux adapt\'e9s aux personnes et aux choses pour lesquelles on les envoie, on peut cependant d'une mani\'e8re g\'e9n\'e9rale dire ceci : 
\par En premier lieu, pour les choses plus graves et dans lesquelles il importe davantage de ne pas se tromper (pour autant que cela repose sur celui qui doit y pourvoir, avec l'aide de la gr\'e2
ce divine), il faut envoyer des hommes choisis avec plus de soin et en qui on ait davantage confiance. 
\par Dans les choses qui exigent davantage d'efforts physiques, des hommes plus robustes et de meilleure sant\'e9.
\par L\'e0 o\'f9 les dangers spirituels sont plus nombreux, des hommes dont la vertu a \'e9t\'e9 davantage \'e9prouv\'e9e et qui sont plus s\'fb
rs. Pour traiter avec des hommes prudents, qui ont un gouvernement spirituel ou temporel, il semble que conviennent davantage ceux qui ont le don de discernement et de relations avec les autres, et que la pr\'e9sentation ext\'e9
rieure (pourvu que ne manquent pas les qualit\'e9s int\'e9rieures) aide \'e0 avoir de l'autorit\'e9. Car leurs conseils peuvent avoir beaucoup d'importance.
\par Pour des gens intelligents, subtils et instruits, sont plus adapt\'e9s ceux qui sont, eux aussi, sp\'e9cialement dou\'e9s en intelligence et en savoir. En effet, par leur enseignement et leurs conversations, ils pourront aider davantage. 
\par Pour le peuple, seront g\'e9n\'e9ralement plus aptes ceux qui ont du talent pour pr\'eacher et confesser. 
\par Quant au nombre des ouvriers \'e0 envoyer et \'e0 la composition de leur groupe, cela m\'e9rite aussi consid\'e9ration. Tout d'abord, lorsque cela est possible, il conviendrait de ne pas en envoyer un seul, m
ais au moins deux; aussi bien pour qu'ils s'aident davantage entre eux dans les choses spirituelles et corporelles, que pour qu'ils puissent \'eatre plus utiles \'e0 ceux \'e0 qui ils sont envoy\'e9
s en partageant entre eux les travaux qu'ils entreprennent au service du prochain. 
\par Et si deux sont envoy\'e9s, on aurait avantage \'e0 joindre \'e0 un pr\'e9dicateur ou \'e0 un professeur un autre qui, dans les confessions et les Exercices Spirituels, r\'e9colterait la moisson que le premier pr\'e9
parerait et qui l'aiderait dans les conversations et les autres moyens dont on use habituellement pour aider le prochain. 
\par De m\'eame, si on envoie quelqu'un de peu exerc\'e9 dans la mani\'e8re de proc\'e9der de la Compagnie et de traiter avec le prochain, on devrait lui adjoindre un autre plus exp\'e9riment\'e9 en cela, qu'il puisse imiter, avec qui il puisse s'entretenir, 
\'e0 qui il puisse demander conseil dans les doutes qui se pr\'e9senteraient. 
\par Il serait bien d'adjoindre \'e0 celui qui est tr\'e8s fervent et plein d'ardeur un autre plus circonspect et plus prudent; et il en est de m\'eame pour d'autres regroupements semblables; en sorte que la diversit\'e9, unie par le lien de la charit\'e9
, soit une aide pour chacun des deux et ne puisse faire na\'eetre les oppositions ou la discorde entre eux ou avec le prochain. Le Sup\'e9rieur pourra en envoyer plus de deux, lorsque l'\'9cuvre \'e0 laquelle ils sont envoy\'e9
s est de plus grande importance pour le service divin et exige un plus grand nombre, et que par ailleurs la Compagnie peut fournir davantage d'ouvriers sans nuire \'e0 d'autres \'9cuvres utiles \'e0 une plus grande gloire de Dieu et \'e0
 un bien plus universel. Il le fera selon ce que lui enseignera l'onction du Saint-Esprit ou comme il sentira, en pr\'e9sence de la divine Majest\'e9, que cela est mieux et convient davantage. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[625]
\par 
\par G. Quant \'e0 la mani\'e8re de les envoyer (outre les instructions qui conviennent), que ce soit \'e0 la fa\'e7on des pauvres, par exemple sans monture et sans argent, ou bien avec plus de commodit\'e9s, que ce soit avec ou sans lettres pour l'endroit o
\'f9 ils se rendent (que l'on \'e9crive, \'e0 des hommes \'e0 titre priv\'e9 ou \'e0 une ville ou \'e0 celui qui est \'e0 la t\'eate de celle-ci, ce qui leur donnera cr\'e9dit et bienveillance), ce sera au Sup\'e9rieur de d\'e9
cider ce qui convient, ayant en vue en toutes choses une plus grande \'e9dification du prochain et un plus grand service divin. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[626]
\par 
\par H. Quant au temps qu'il faut donner aux missions, qu'ils soient envoy\'e9s dans telle r\'e9gion ou dans telle autre, quand cela n'a pas \'e9t\'e9 fix\'e9 par le Souverain Pontife, on le d\'e9terminera d'un c\'f4t\'e9 d'apr\'e8s la nature des affaires sp
irituelles \'e0 traiter et leur plus ou moins grande importance, compte tenu de la n\'e9cessit\'e9 et des fruits obtenus ou esp\'e9r\'e9s; et, d'autre part, en consid\'e9rant ce qui se pr\'e9
sente en d'autres lieux et l'obligation qu'il y a de s'y consacrer, ainsi que les forces dont dispose la Compagnie pour qu'elle puisse satisfaire \'e0 telles et telles \'9cuvres. Certaines circonstances se pr\'e9
sentent aussi habituellement, dont on doit tenir compte pour abr\'e9ger ou prolonger le temps de la mission. Finalement, en tenant compte de ce qui est premier dans notre Institut, qui est de parcourir diverses r\'e9
gions du monde et d'y rester plus ou moins longtemps selon les fruits qu'on trouve, il faudra voir s'il convient de donner plus ou moins de temps \'e0 telles ou telles missions. Et pour qu'on saisisse bien tout cela, il conviendra que le Sup\'e9
rieur soit inform\'e9 par des lettres fr\'e9quentes du fruit recueilli par ceux qui ont \'e9t\'e9 envoy\'e9s. 
\par Quand il faudra changer quelqu'un, le Sup\'e9rieur veillera, pour le rappeler, \'e0 user, autant que possible, de moyens tels que ceux auxquels on retire quelqu'un restent enti\'e8rement bienveillants plut\'f4t qu'offens\'e9s ou mal dispos\'e9
s, et soient persuad\'e9s qu'on cherche en tout l'honneur et la gloire divine et le bien universel.
\par 
\par 
\par 
\par \~[627]
\par 
\par I. Cela n'exclut pas qu'on expose les motions ou les r\'e9flexions qui se pr\'e9sentent en sens contraire, soumettant son sentiment et son vouloir \'e0 ce que ressent et veut son Sup\'e9rieur qui tient la place du Christ notre Seigneur.
\par 
\par 
\par 
\par \~[628]
\par 
\par K. On voit par l\'e0 qu'il est interdit \'e0 quiconque de pousser un prince, une communaut\'e9, ou tout homme ayant une grande autorit\'e9 \'e0 \'e9crire au Sup\'e9rieur ou \'e0 lui demander oralement quelqu'un de la Compagnie, \'e0
 moins que, en ayant fait part au Sup\'e9rieur, il n'ait compris auparavant que telle \'e9tait bien la volont\'e9 de celui-ci. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[629]
\par 
\par 2. En quelque lieu que le Sup\'e9rieur envoie quelqu'un, il devra lui donner des instructions compl\'e8tes, habituellement par \'e9crit IL], aussi bien sur la mani\'e8re de proc\'e9der que sur les moyens dont il veut qu'il se serve en vue de la fin \'e0
 laquelle il pense. Gr\'e2ce aussi \'e0 un fr\'e9quent \'e9change de lettres, autant que cela sera possible, inform\'e9 de tout ce qui arrive, il lui donnera, du lieu o\'f9 lui-m\'eame r\'e9side (selon ce qu'exigeront les personnes et les aff
aires), les conseils et les autres aides qui peuvent \'eatre employ\'e9es [M], pour que Dieu soit davantage servi et le bien commun davantage assur\'e9
 par les membres de la Compagnie. Cela devra se faire avec d'autant plus de soin que l'exigera davantage la nature
 de l'affaire (parce qu'elle serait importante ou difficile), et des personnes qu'on envoie (parce qu'ils auraient besoin de conseils et d'instructions) [N].
\par 
\par 
\par 
\par \~[630]
\par 
\par L. On dit: habituellement, parce que celui que l'on envoie sera quelquefois si savant et si habile que des instructions ne seraient pas n\'e9cessaires; mais enfin on le fera toutes les fois que ce sera n\'e9cessaire. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[631]
\par 
\par M. Ce pourraient \'eatre des pri\'e8res et des messes qui seront appliqu\'e9es \'e0 cela, surtout au d\'e9but des \'9cuvres qu'on entreprend, ou quand on voit qu'un tel secours est plus n\'e9cessaire, parce que les choses sont tr\'e8
s importantes ou que de grandes difficult\'e9s surviennent. En cela, donc, comme en d'autres aides telles que lettres patentes ou lettres du Si\'e8ge Apostolique, et en d'autres choses qui pourraient \'eatre n\'e9cessaires, le Sup\'e9
rieur pourvoira suivant ce que lui feront comprendre la raison et la charit\'e9. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[632]
\par 
\par N. Ces conseils et ces instructions pourront \'eatre tr\'e8s utiles non seulement pour les affaires, mais aussi pour les personnes, selon que chacun a besoin d'\'eatre ou encourag\'e9 ou bl\'e2m\'e9; cela doit aussi s'entendre du reste.
\par 
\par 
\par 
\par 
\par 
\par CHAPITRE 3
\par Le libre d\'e9part vers une r\'e9gion ou une autre
\par 
\par 
\par 
\par 
\par 
\par \~[633]
\par 
\par 1. Ceux qui vivent sous l'ob\'e9issance de la Compagnie n'ont pas \'e0 intervenir, ni directement ni indirectement, pour leur envoi en mission, qu'ils soient envoy\'e9s par le Souverain Pontife ou par leur Sup\'e9rieur au nom de J\'e9
sus Christ notre Seigneur. Toutefois, celui qui serait envoy\'e9 dans un grand pays (tel que les Indes ou d'autres provinces), sans qu'aucune r\'e9gion de celui-ci ne lui soit sp\'e9cialement d\'e9sign\'e9e et d\'e9limit\'e9
e, peut rester plus ou moins dans tel lieu ou tel autre; ou bien, apr\'e8s avoir consid\'e9r\'e9 toutes choses (se sentant indiff\'e9rent dans sa volont\'e9) et avoir fait oraison, il peut aller partout o\'f9
 il le jugera plus opportun pour la gloire de Dieu. On voit ainsi que (sans aller \'e0 l'encontre de la premi\'e8re et supr\'eame ob\'e9issance due au Souverain Pontife) le Sup\'e9
rieur, dans ce genre de missions, pourra bien davantage le diriger vers telle r\'e9gion plut\'f4t que vers telle autre, selon qu'il sentira dans le Seigneur que cela convient.
\par 
\par 
\par 
\par \~[634]
\par 
\par 2. O\'f9 qu'il se trouve, s'il ne lui a pas \'e9t\'e9 ordonn\'e9 d'utiliser tel moyen d\'e9termin\'e9, comme serait l'enseignement ou la pr\'e9dication, il se consacrera \'e0 l'un de ceux qu'utilise la Compagnie [A], qui ont \'e9t\'e9 indiqu\'e9
s au chapitre huiti\'e8me de la quatri\'e8me Partie et qui le seront dans le chapitre suivant, et qu'il jugera convenir davantage. De m\'eame, il \'e9vitera aussi ce dont il est dit dans la sixi\'e8me Partie qu'on doit l'\'e9
viter, pour un plus grand service de Dieu.
\par 
\par 
\par 
\par \~[635]
\par 
\par A. Bien qu'il en soit ainsi, il sera cependant toujours plus s\'fbr d'informer le Sup\'e9rieur le plus proche des moyens qu'on doit utiliser.
\par 
\par 
\par 
\par 
\par 
\par CHAPITRE 4
\par En quoi les maisons et les coll\'e8ges de la Compagnie
\par aident le prochain
\par 
\par 
\par 
\par 
\par 
\par \~[636]
\par 
\par 1. La Compagnie ne s'efforce pas seulement d'aider le prochain en se rendant en diff\'e9rents lieux, mais \'e9galement en r\'e9sidant de fa\'e7on continue en certains lieux, comme les maisons et les coll\'e8
ges. Il est donc bon d'avoir compris par quels moyens on peut aider les \'e2mes en de tels lieux, afin que l'on mette en \'9cuvre ceux que l'on pourra, pour la gloire de Dieu.
\par 
\par 
\par 
\par \~[637]
\par 
\par 2. Ce qui importera en premier lieu est le bon exemple d'une parfaite honn\'eatet\'e9 et de la vertu chr\'e9tienne, en t\'e2chant d'\'e9difier ceux auxquels on a affaire, non pas moins, mais m\'eame davantage, par les bonnes \'9cuvres que par les paroles.

\par 
\par 
\par 
\par \~[638]
\par 
\par 3. De m\'eame, on aide le prochain par les saints d\'e9sirs et par les pri\'e8res faites en pr\'e9sence de Dieu pour toute l'\'c9glise, sp\'e9
cialement pour ceux qui ont plus d'importance pour son bien universel [A], ainsi que pour les amis et nos bienfaiteurs, vivants et d\'e9funts, qu'eux-m\'eames demandent ou non ces pri\'e8res; on en fera aussi pour ceux auxquels eux-m\'ea
mes et les autres membres de la Compagnie viennent particuli\'e8rement en aide en divers pays, parmi les fid\'e8les et les infid\'e8les, afin que Dieu veuille bien les disposer tous \'e0 recevoir sa gr\'e2ce, \'e0
 travers les faibles instruments de cette tr\'e8s petite Compagnie.
\par 
\par 
\par 
\par \~[639]
\par 
\par A. Tels sont les princes eccl\'e9siastiques et la\'efcs, et les autres qui peuvent beaucoup aider ou entraver le bien des \'e2mes et le service divin.
\par 
\par 
\par 
\par \~[640]
\par 
\par 4. On peut aussi apporter une aide par les messes et les autres offices divins c\'e9l\'e9br\'e9s sans qu'on accepte pour cela aucune aum\'f4ne(4) [B], que des particuliers les aient demand\'e9s, ou que chacun les offre \'e0 Dieu par d\'e9
votion personnelle. Pour ce qui est des messes, outre celles qui sont dites pour les fondateurs, une ou deux ou davantage seront offertes (suivant le nombre des pr\'ea
tres et ce qui conviendra) chaque semaine pour les bienfaiteurs vivants et morts(5), en demandant \'e0 notre Dieu et Seigneur qu'il veuille bien accepter pour eux ce Saint Sacrifice et, dans son infinie et souveraine lib\'e9ralit\'e9, leur donner les r
\'e9compenses \'e9ternelles en retour de la lib\'e9ralit\'e9 dont ils ont us\'e9 envers la Compagnie, par amour et r\'e9v\'e9rence de Dieu.
\par 
\par (4) Expliqu\'e9 : NC 182,184.
\par (5) Modifi\'e9 : NC 413.
\par 
\par 
\par 
\par \~[641]
\par 
\par B. Comme cela a \'e9t\'e9 expliqu\'e9 dans la sixi\'e8me Partie.
\par 
\par 
\par 
\par \~[642]
\par 
\par 5. On pourra aussi aider le prochain par l'administration des sacrements, sp\'e9cialement en entendant les confessions (certains doivent \'eatre d\'e9sign\'e9s par le Sup\'e9rieur pour s'acquitter de ce minist\'e8
re [C]) et en administrant le saint Sacrement de l'Eucharistie dans son \'e9glise, [en dehors de la f\'eate de P\'e2ques](6) [D]. 
\par 
\par (6) Abrog\'e9. (Cette exception ne s'applique plus, le droit universel de l'\'c9glise ayant \'e9t\'e9 chang\'e9 en cette mati\'e8re).
\par 
\par 
\par 
\par \~[643]
\par 
\par C. Outre ceux qui sont \'e9tablis confesseurs ordinaires, il appartiendra au Sup\'e9rieur, selon les besoins spirituels qui se pr\'e9sentent, de voir si d'autres doivent se consacrer \'e0 l'administration de ces sacrements, et d'\'e9
tablir ce qui convient.
\par 
\par 
\par 
\par \~[644]
\par 
\par D. [Par P\'e2ques, on entend les huit jours qui pr\'e9c\'e8dent et les huit jours qui suivent cette f\'eate. Mais, pendant cette p\'e9riode, peuvent \'eatre admis \'e0 la communion ceux qui en ont la permission, ou bien les p\'e8
lerins et d'autres qui sont dispens\'e9s par le droit, ainsi que ceux qui, ayant rempli leur devoir dans leur paroisse, voudraient, pendant ces quinze jours, recevoir le tr\'e8s saint Corps du Christ une ou plusieurs fois dans nos \'e9glises.](7)
\par 
\par (7) (Cf. [642] note 6).
\par 
\par 
\par 
\par \~[645]
\par 
\par 6. La Parole de Dieu sera assid\'fbment propos\'e9e au peuple dans l'\'e9glise, dans des sermons, des enseignements et dans l'explication de la doctrine chr\'e9tienne, par ceux que le Sup\'e9rieur approuvera et d\'e9
signera pour cette charge; et ceci aux moments et de la fa\'e7on [E] qui lui sembleront convenir pour une plus grande gloire de Dieu et une plus grande \'e9dification des \'e2mes.
\par 
\par 
\par 
\par \~[646]
\par 
\par E. Il pourrait arriver que dans certains lieux il ne convienne pas d'utiliser, \'e0 un moment donn\'e9, ces moyens ou une partie de ceux-ci; aussi la constitution n'y oblige-t-elle pas, \'e0 moins qu'il ne semble au Sup\'e9
rieur qu'on doive les utiliser; mais elle manifeste l'intention qu'a la Compagnie, dans les lieux o\'f9 elle r\'e9side, d'employer ces trois moyens, ou deux d'entre eux, ou celui des trois qui para\'eetra convenir davantage.
\par 
\par 
\par 
\par \~[647]
\par 
\par 7. Ce qui a \'e9t\'e9 dit peut aussi se faire en dehors de l'\'e9glise de la Compagnie, dans d'autres \'e9glises, sur les places ou en d'autres endroits, quand cela para\'eetra opportun \'e0
 celui qui a la charge des autres pour une plus grande gloire de Dieu. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[648]
\par 
\par 8. Ils veilleront aussi \'e0 porter personnellement le prochain vers le bien par de saintes conversations, aussi bien en conseillant et exhortant aux bonnes \'9cuvres, qu'en donnant les Exercices Spirituels [F].
\par 
\par 
\par 
\par \~[649]
\par 
\par F. On ne doit donner les Exercices Spirituels int\'e9gralement qu'\'e0 peu de personnes, et \'e0 des personnes telles que, du profit qu'elles en retireront, on esp\'e8re un fruit notable pour la gloire de Dieu. Mais on peut donner les Exercices de Premi
\'e8re Semaine \'e0 un grand nombre; et \'e0 un plus grand nombre encore on pourra donner quelques examens de conscience et quelques mani\'e8res de prier, sp\'e9cialement la premi\'e8re des trois qui sont propos\'e9
es dans les Exercices, car quiconque est de bonne volont\'e9 en sera capable.
\par 
\par 
\par 
\par \~[650]
\par 
\par 9. Ils s'emploieront aussi aux \'9cuvres de mis\'e9ricorde corporelle dans la mesure o\'f9 le permettront les \'9cuvres spirituelles, qui ont plus d'importance, et dans la mesure o\'f9
 leurs forces le leur permettront: par exemple en portant aide aux malades, sp\'e9cialement en les visitant dans les h\'f4pitaux et en envoyant des personnes pour les servir, et en r\'e9tablissant la concorde entre gens en d\'e9
saccord; ou encore en soulageant personnellement les pauvres et les d\'e9tenus dans les prisons publiques, autant que faire se pourra, et en veillant \'e0 ce que d'autres le fassent aussi [G]. Il faut que la prudence du Pr\'e9pos\'e9
, qui aura toujours devant les yeux un plus grand service de Dieu et le bien universel, appr\'e9cie dans quelle mesure on doit s'adonner \'e0 des choses de ce genre.
\par 
\par 
\par 
\par \~[651]
\par 
\par G. Il ne convient pas toutefois que la Compagnie, ses maisons ou ses coll\'e8ges, se m\'eale \'e0 aucune confr\'e9rie, et que ne se tiennent pas chez elle de r\'e9unions, sauf celles qui se feront en vue de la fin de ces maisons ou de ces coll\'e8
ges au service de Dieu. 
\par 
\par 
\par 
\par \~[652]
\par 
\par 10. Dans les coll\'e8ges et leurs \'e9glises, on fera ce qui pourra \'eatre fait de ce qui a \'e9t\'e9 dit pour les maisons, selon ce qui sera opportun, conform\'e9ment au jugement du Sup\'e9rieur, comme cela a \'e9t\'e9 dit.
\par 
\par 
\par 
\par \~[653]
\par 
\par 11. Celui qui, dou\'e9 de talent pour \'e9crire des livres utiles au bien commun, en \'e9crirait, ne doit publier aucun \'e9crit si le Pr\'e9pos\'e9 G\'e9n\'e9ral ne l'a pas vu auparavant et fait lire et examiner(8), pour que, si cet \'e9
crit semble devoir \'e9difier, on le publie, mais seulement dans ce cas.
\par 
\par (8) Modifi\'e9 : NC 296. (Pour ce qui est de l'intervention du G\'e9n\'e9ral lui-m\'eame). 
\par 
\par 
\par 
\par \~[654]
\par 
\par 12. Pour les points concernant les offices de la maison et d'autres choses plus particuli\'e8res, cela sera dit dans les r\'e8gles des maisons; et nous n'irons pas plus loin au sujet des missions ou de la r\'e9
partition des membres de la Compagnie dans la vigne de J\'e9sus Christ notre Seigneur.}{ 
\par }}
