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SEPTIÈME PARTIE MISSION ET MINISTÈRES DE LA COMPAGNIE |
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5. L'apostolat de l'éducation |
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a) Généralités concernant l'apostolat de l'éducation |
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§ 1. L'apostolat de l'éducation dans toute son étendue doit être regardé comme ayant une grande importance parmi les ministères de la Compagnie pour promouvoir sa mission d'aujourd'hui au service de la foi de laquelle naît la justice, et comme spécialement recommandé en notre temps par l'Église ; en effet, s'il est vraiment accompli à la lumière de notre mission, un tel travail contribue grandement à cette "libération totale et intégrale de l'homme qui rend celui-ci capable de participer à la vie de Dieu lui-même"(89). § 2. Cet apostolat peut être exercé par les Nôtres de diverses manières, soit dans nos propres centres, soit en collaborant avec d'autres institutions. La Compagnie aura ses propres institutions d'éducation là où ses ressources et les circonstances le permettent et où l'on en espère un plus grand service de Dieu et de l'Église(90). § 3. Ceux qui travaillent dans les écoles de quelque genre et niveau que ce soit, mais aussi ceux qui se consacrent à l'éducation non-formelle et populaire, peuvent exercer une influence profonde sur les individus et sur les sociétés(91). § 4. Toutes les entreprises d'éducation de la Compagnie doivent être attentives à la pluralité des cultures, des religions et des idéologies, ainsi qu'aux nécessités socio-économiques locales. (89) 33° C.G. d. 1 n. 44 ; cf.
32° C.G. d. 2 n. 11 ; d. 4 n. 60 ; 31° C.G. d. 28 n. 6. |
| [278] |
Notre option préférentielle pour les pauvres étant fermement établie, on ne négligera pas les élèves dont on peut espérer qu'ils profiteront davantage et exerceront une influence plus grande sur la société, quelle que soit leur condition sociale(92). (92) Cf. 31° C.G. d. 28 n. 10a. |
| [279] |
§ 1. Nous devons consacrer spécialement nos forces à former efficacement tous nos élèves afin qu'ils se consacrent à l'édification d'un monde plus juste et qu'ils sachent travailler avec les autres et pour les autres(93). § 2. Le premier souci des Nôtres pour les élèves chrétiens sera qu'ils acquièrent, avec les lettres et les sciences, des connaissances doctrinales et un comportement moral dignes de chrétiens ; possédant une foi mûre et, personnellement attachés au Christ Jésus, ils apprendront à le trouver et à le servir dans les autres(94). Pour cela, il peut être utile de constituer des groupes de la Communauté de Vie Chrétienne dans nos écoles. § 3. Quant à tous les autres élèves appartenant à d'autres religions, on aura soin pendant tout le cours des études, spécialement dans l'enseignement de la morale, de former en eux des personnes douées d'un jugement moral sain et de vertus solides(95). § 4. Dans notre travail d'éducation nous devons éveiller les élèves à la valeur de la collaboration interreligieuse et leur inculquer les bases de la compréhension et le respect pour la vision religieuse des membres des diverses communautés religieuses locales(96). (93) 32° C.G. d. 4 n. 60. |
| [280] |
A l'époque de la nouvelle culture des moyens de communication sociale, il est important de former nos élèves à une intelligence critique des messages transmis par ces médias, en sorte qu'ils apprennent à les choisir et à les assimiler de manière personnelle. C'est pourquoi les éducateurs jésuites doivent être eux-mêmes parfaitement formés à ces médias(97). (97) Cf. 34° C.G. d. 15 n. 6. |
| [281] |
On prendra particulièrement soin des jeunes, en grand nombre aujourd'hui, qui émigrent de leur patrie vers d'autres pays en vue de leurs études(98). (98) Coll. d. [418] (30° C.G. d. 51 § 2) ; 31° C.G. d. 28 n. 15a. |
| [282] |
La Compagnie doit prendre sa part de l'aide à apporter aux très nombreux fils de l'Église qui sont élevés dans des écoles non-catholiques, offrant sa collaboration à la mesure de ses moyens, qu'il s'agisse de diriger des centres catholiques pour les étudiants, d'assurer la charge d'aumônier, ou même d'enseigner dans ces écoles(99). (99) 31° C.G. d. 28 n. 14. |
| [283] |
Nous garderons le contact avec nos anciens élèves et les conseillerons, pour que, nourris des valeurs évangéliques, ils s'insèrent dans la société et s'entraident dans les tâches qu'ils exercent pour être au service du bien de la société(100). (100) Cf. 31° C.G. d. 28 n. 15b. |
| [284] |
Pour favoriser une collaboration étroite avec les laïcs dans le travail de l'éducation, on confiera à ceux-ci, autant que cela peut se faire, les rôles qu'ils sont prêts à y assumer, qu'il s'agisse de l'enseignement, de l'administration économique et académique ou même de la direction(101). (101) Cf. 31° C.G. d. 28 n. 27. |
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b) Les institutions éducatives de la Compagnie |
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§ 1. Les documents sur notre apostolat de l'éducation élaborés par le Secrétariat pour l'Education et approuvés par le P. Général(102), une fois adaptés au caractère propre des diverses institutions et compte tenu des différences locales et culturelles, doivent inspirer les projets éducatifs, les orientations, les programmes pédagogiques et toute l'atmosphère scolaire des institutions d'éducation de la Compagnie. § 2. Pour que soient assurés le caractère propre de nos écoles et une collaboration fructueuse entre laïcs et jésuites, sont absolument nécessaires d'une part un choix sérieux des administrateurs et du personnel, jésuites ou non, d'autre part une formation adéquate à la spiritualité et à la pédagogie ignatiennes, spécialement pour ceux qui auront des postes de plus haute responsabilité(103). (102) Cf. "Les caractéristiques
de l'éducation jésuite", 8 déc. 1986 (AR XIX 767ss) ; "La pédagogie ignatienne",
31 juillet 1993 (AR XX 911ss). |
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En bien des lieux, les écoles primaires, en raison des solides bases scolaires et religieuses qu'elles peuvent donner au cours des premières années de la formation de la personne, constituent l'un des services les plus efficaces que nous puissions offrir, particulièrement aux pauvres(104). (104) 34° C.G. d. 18 n. 3 ; cf. Coll. d. 132 (20° C.G. d. 21) ; 31° C.G. d. 28 d. 16. |
| [287] |
§ 1. L'éducation dite populaire, par laquelle sont éduqués des jeunes et des adultes de zones rurales et urbaines en dehors des systèmes scolaires traditionnels des pays en voie de développement, est un moyen tout à fait apte de promouvoir la justice ; aussi cette éducation est-elle pleinement en harmonie avec, la mission de la Compagnie qui en est elle-même grandement enrichie(105). § 2. On favorisera la collaboration entre l'éducation populaire dirigée par les Nôtres et les universités les collèges et les centres sociaux de la Compagnie, celle collaboration étant profitable à tous(106). (105) Cf. 34° C.G. d. 18 n. 4. |
| [288] |
§ 1. Les écoles secondaires doivent se perfectionner de jour en jour, tant du point de vue pédagogique que comme centres de culture et de foi pour nos collaborateurs laïcs, pour les familles des élèves et pour les anciens élèves et, à travers eux, pour toute la communauté régionale. Les Nôtres développeront aussi une collaboration étroite avec les parents des élèves, auxquels incombe la première responsabilité de l'éducation(107). § 2. Là où le suggère la nécessité ou une grande utilité, il est louable d'ouvrir d'autres écoles, par exemple techniques et agricoles(108). § 3. Si l'on instaure la mixité dans nos écoles secondaires, en tenant toujours compte du plus grand bien des âmes, on observera les normes ecclésiastiques et civiles en vigueur dans les différents endroits(109) . (107) 31° C.G. d. 28 n. 18. |
| [289] |
§ 1. En raison de l'importance toujours croissante des universités et des écoles d'enseignement supérieur dans la formation de toute la communauté humaine, dans la mesure où s'y élabore la culture en ce qui regarde l'éthique, les orientations économiques et politiques à venir et le sens même de l'existence humaine(110), il faut assurer dans ces institutions, qu'elles soient dirigées par nous ou par d'autres, la présence, de la Compagnie à la mesure de, nos forces(111) ; il est en effet crucial pour l'Église que des jésuites continuent à se consacrer au travail universitaire(112). § 2. Il est très important pour nous de continuer à travailler durement, avec imagination et confiance, souvent dans des circonstances très difficiles, pour maintenir, bien plus pour renforcer le caractère spécifique de chacune de nos institutions d'enseignement supérieur, à la fois en tant qu'institutions jésuites et en tant qu'institutions universitaires ; et nous devons faire en sorte que ces deux aspects aient toute leur vigueur(113). § 3. Les universités de la Compagnie, participant à la mission de celle-ci, doivent découvrir dans leurs structures institutionnelles et dans leurs objectifs authentiques un champ d'action spécifique et approprié, en accord avec leur nature, pour la promotion de la foi qui fait la justice(114). § 4. La complexité d'une université jésuite aujourd'hui peut exiger de nouvelles structures de gouvernement et de direction pour pouvoir préserver son identité et rendre en même temps plus faciles ses relations avec le monde universitaire et avec son environnement social, y compris l'Église et la Compagnie elle-même. On doit périodiquement évaluer si son activité est en accord avec la mission de la Compagnie. Les Nôtres qui y travaillent doivent s'impliquer activement pour l'orienter vers les objectifs que la Compagnie vise par elle(115). § 5. Une université jésuite doit se distinguer par un programme de formation humaine, sociale, spirituelle et morale, ainsi que par l'attention pastorale qu'elle porte aux étudiants et aux personnes qui travaillent en son sein ou sont en lien avec elle(116). § 6. Parmi les facilités de nos écoles supérieures, la théologie et la philosophie auront leur place privilégiée, dans la mesure où, selon la diversité des lieux, elles contribuent à un plus grand service de Dieu(117). On doit aussi promouvoir le travail interdisciplinaire, ce qui implique un esprit de collaboration et de dialogue entre spécialistes de l'université et des autres universités(118). (110) Cf. 34° C.G. d. 17 n. 2. |
| [290] |
La formation sacerdotale, comme œuvre de la plus haute valeur, doit être comptée parmi les principaux ministères de la Compagnie. C'est pourquoi les Nôtres prendront un soin spécial des séminaristes qui fréquentent nos universités; et on nommera pour les séminaires de clercs dont la direction est confiée à la Compagnie des directeurs et des professeurs choisis parmi les meilleurs. S'il s'agit de prendre en charge des séminaires diocésains, on passera une convention précise avec les évêques, avec l'approbation du Père Général(119). (119) 31° C.G, d. 28 n. 25 ; cf. CIC 681 § 2. |
| [291] |
Ce ne sont pas seulement les jeunes, mais aussi les adultes qui doivent être éduqués aussi bien à progresser dans leur profession qu'à s'efforcer de rendre plus humaine et, là où cela se présente, plus chrétienne, donc plus juste, leur vie conjugale, familiale, sociale, et à acquérir une meilleure intelligence de leur vie religieuse personnelle(120). (120) Cf. 31° C.G. d. 28 n. 26. |
| [292] |
Dans les collèges et les universités, les "protecteurs" peuvent être regardés comme des amis prenant en charge la protection de l'œuvre ; mais on évitera toute appellation qui signifierait une juridiction, quand et où cela n'a pas sa place(121). (121) Cf. Coll. d. 216 (1° C.G. d. 112). |
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6. L'apostolat intellectuel |
| [293] |
§ 1. La recherche en philosophie et en théologie, ainsi que dans les autres sciences et dans tout le domaine de la culture humaine est indispensable pour accomplir notre mission d'aujourd'hui et aider l'Église à mieux comprendre le monde d'aujourd'hui et à lui proposer d'une manière plus la Parole du Salut(122) . § 2. Les Nôtres destinés à ce travail par les Supérieurs se consacreront avec courage et abnégation à cette tâche qui requiert d'une certaine manière toute la personne, sachant qu'ils collaborent ainsi puissamment à la mission de la Compagnie aujourd'hui; ils veilleront cependant à ne pas perdre contact avec les autres activités apostoliques de la Compagnie et ils collaboreront avec ceux qui se consacrent à des ministères directement sociaux et pastoraux(123). (122) 33° C.G. d. 1 n. 44 ; cf. 31° C.G. d. 19 ; 32°
C.G. d. 4 nn. 59 et 60 ; 34° C.G. d. 16 nn. 1-3. |
| [294] |
Parmi tous les moyens de se consacrer à l'apostolat intellectuel au service du Royaume de Dieu, la recherche et la réflexion théologiques, sérieusement menées avec créativité et insérées dans le courant d'ensemble de la théologie catholique et, tout en même temps, dans les circonstances variées dans lesquelles les jésuites vivent et travaillent, ont une place privilégiée à cause de leur valeur particulière pour discerner, éclairer et interpréter les occasions offertes et les problèmes posés par la vie contemporaine, pour répondre aussi aux questions les plus aiguës de l'esprit et aux plus profondes aspirations du cœur humain(124). (124) Cf. 34° C.G. d. 16 nn. 7-9 ; d. 4 nn. 19-24 ; d. 6 n. 12 ; d. 11 n. 27. |
| [295] |
Dans l'élaboration et l'expression de nos vues théologiques et dans le choix de nos options pastorales, nous devons toujours nous efforcer activement de comprendre la pensée de l'Église hiérarchique, ayant devant les yeux la fin de la Compagnie : aider les âmes. Nous devons en même temps nous efforcer d'intégrer le sensus fidelium et de collaborer avec le Magistère pour y discerner les motions de l'Esprit conformément à l'enseignement de Vatican II(125). (125) 34° C.G. d. 11 n. 20 ; cf. Vatican II, Const. dogm. "Lumen gentium", n. 12. |
| [296] |
On tiendra la charge d'écrivain comme un ministère très profitable pour les âmes et totalement en accord avec la Compagnie ; c'est pourquoi elle sera fortement encouragée par les supérieurs(126). On se conformera avec le soin qui convient à ce qui a été prescrit au sujet de la publication des écrits et d'autres œuvres aussi bien dans le droit universel de l'Église que dans notre Institut(127). (126) Cf. Coll. d. 230
(15° C.G. d. 9 ; 22° C.G. d. 20). |
| [297] |
Nous ne pouvons absolument pas oublier l'importance particulière de la qualité intellectuelle de tous nos ministères(128). C'est pourquoi nous devons tous nous efforcer d'accroître sans cesse notre capacité d'examiner et d'évaluer notre mission; ceci est indispensable pour intégrer la promotion de la justice à l'annonce de la foi et pour travailler efficacement pour la paix, la protection de la vie et de toute la création, ainsi que pour les droits de l'homme, de toute personne et de tous les peuples(129). (128) Cf. 34° C.G. d. 16 n. 1
; ibid. d. 6 n. 21. |
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7. L'apostolat social |
| [298] |
Dans la programmation de notre activité apostolique afin de remplir la mission de la Compagnie aujourd'hui au service de la foi, figurera parmi les priorités l'apostolat social qui vise à ce que les structures de la vie en commun soient marquées dans toute entreprise par une expression plus grande de la justice et de la charité(130). (130) 31° C.G. d. 32 nn. 1, 4a) ; 32° C.G. d. 4 nn. 40, 59 et 60; cf. aussi Coll. d. [122-137 ; 258-263 ; 419 -422] (28° C.G. d. 29) ; 29° C.G. d. 29 ; 30° C.G. dd. 52 et 53). |
| [299] |
§ 1. L'apostolat social, comme toute forme de notre apostolat, découle de la mission "pour la défense et la propagation de la foi et pour le progrès des âmes dans la vie et la doctrine chrétienne"(131). § 2. En outre, tous comprendront que, dans les ministères spirituels eux-mêmes, ils peuvent et doivent exercer un apostolat social, soit en expliquant la doctrine sociale de l'Église, soit en stimulant et formant les esprits des fidèles à la justice et à la charité sociales, soit enfin en établissant des œuvres sociales par le moyen des membres de nos associations(132). (131) Cf. 31° C.G. d. 32 n. 3. |
| [300] |
§ 1. Il y aura dans les Provinces ou les régions des centres sociaux de recherche, de diffusion et d'action sociale, de la manière qui paraîtra la plus adaptée aux circonstances concrètes de chaque région et de chaque moment; ils auront entre eux des liens étroits dans le domaine de l'information comme pour toute sorte de collaboration pratique(133) ; et tout particulièrement pour repérer la dynamique de libération propre aux religions et aux cultures locales et pour lancer des projets communs en vue de la construction d'un ordre social juste(134). § 2. Les centres sociaux et l'action sociale directe avec et pour les pauvres seront d'autant plus efficaces dans la promotion de la justice qu'ils intégreront la foi dans toutes les dimensions de leur travail(135). (133) 31° C.G. d. 32 n. 4d-e. |
| [301] |
§ 1. Le-; Nôtres doivent promouvoir tout ce qui tend à imprégner la vie publique des principes chrétiens à la lumière de la doctrine sociale de l'Église ; cependant ils n'entreront pas dans des partis politiques(136). § 2. Le Général, en tenant compte du droit universel de l'Église et de l'avis de l'autorité ecclésiastique compétente verra si peut être l'un des Nôtres, en des circonstances tout à fait particulières, une participation active à des tâches qui comportent un exercice du pouvoir public, ou bien à des partis politiques, ou bien à la direction de syndicats(137). (136) Cf. 31° C.G. d. 32 n. 3
; Coll. d. [137] (28° C.G. d. 29 n. 16). |
| [302] |
Tout au long de la formation des Nôtres, aussi bien théorique, par l'étude sérieuse des sciences sociales, que pratique, on tiendra compte de la dimension sociale de tout notre apostolat aujourd'hui ; et l'on choisira en temps voulu et formera comme il convient les compagnons spécifiquement destinés à cet apostolat(138). (138) Cf. 31° C.G. d. 32 n. 4b-c ; 32° C.G. d. 4 nn. 35 et 44. |
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8. La communication sociale |
| [303] |
§ 1. La Compagnie doit reconnaître que la communication n'est pas avant tout un secteur apostolique réservé à quelques jésuites "professionnels", mais bien plutôt une dimension majeure de toutes nos activités apostoliques. C'est pourquoi tout jésuite, dans la mesure où il veut être apostoliquement efficace, doit être attentif à la culture moderne de la communication, connaître ses moyens d'expression, ses symboles, sa force et sa faiblesse(139). § 2. Nous devons collaborer avec le monde des médias, pour que le vrai visage de puisse y apparaître et que l'Évangile y soit aussi inculturé. Même si nous devons être avant tout fidèles à la vérité, notre sens ignatien du "sentire cum Ecclesia" nous mènera à présenter ce qui est en elle digne de louange(140). § 3. Nonobstant la formation générale qui doit être donnée à tous, selon la norme du n. 96 § 2, pour que, dans l'accomplissement de notre mission, nous utilisions efficacement les moyens de communication sociale, d'une manière juste et adaptée aux besoins comme aux possibilités offertes à notre apostolat, les Supérieurs Majeurs choisiront en temps voulu et orienteront quelques hommes dotés d'esprit religieux et d'autres qualités pour que, devenus experts à un degré ou l'autre de spécialisation et titulaires de titres académiques, ils aient la compétence requise pour employer les moyens de communication sociale et même pour y diriger les autres(141). (139) Cf. 34° C.G. d. 15 nn. 1
et 3. |
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9. Les œuvres et les maisons interprovinciales de Rome |
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§ 1. Dans l'esprit du quatrième vœu, la Compagnie confirme son engagement à l'égard des œuvres interprovinciales de Rome qui lui ont été confiées par le Saint-Siège : principalement l'Université Pontificale Grégorienne et les Instituts qui lui sont associés, l'Institut Biblique Pontifical et l'Institut Oriental Pontifical, ainsi que le Collège Pontifical Russicum, Radio Vatican et l'Observatoire du Vatican, œuvres communes de toute la Compagnie placées directement sous l'autorité du Préposé Général; reconnaissant le service de grande valeur rendu par ces œuvres et qu'il leur faut rendre à notre époque, la Compagnie fait appel à la responsabilité que les Supérieurs Majeurs partagent avec le Père Général pour poursuivre efficacement ce service, aussi bien en fournissant des subsides que, surtout, en préparant et proposant des professeurs et d'autres personnes. § 2. Sont également recommandées à l'attention de toutes les Provinces les autres œuvres ou maisons de Rome qui sont au service du bien de toute la Compagnie comme sont l'Institut Historique de la Compagnie de Jésus et les Collèges internationaux de la Compagnie(142). (142). Cf. 34° C.G. d. 22 n. 1 ; 31° C.G. d. 31 nn. 1-3. |
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CHAPITRE 5 Notre collaboration avec les laïcs dans la mission |
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1. La collaboration avec les laïcs en général |
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§ 1. La Compagnie reconnaît comme une grâce de notre temps et un espoir pour l'avenir(143) le fait que des laïcs "prennent une part active, consciente et responsable, en ce moment magnifique et dramatique de l'histoire… à la mission de l'Église"(144) ; aussi voulons-nous répondre à cette grâce en collaborant avec eux à la pleine réalisation de leur mission(145), nous adaptant nous-mêmes dans la manière de concevoir et d'exercer "notre" apostolat(146). § 2. Pour y parvenir, tous les Nôtres acquerront une conscience claire de ce que signifient la condition et la vocation des laïcs ainsi que leur apostolat dans l'Église et dans le monde, selon le nouvel enseignement du Magistère de l'Église(147); et dans un dialogue fraternel avec eux, nous nous efforcerons de mieux comprendre leur vie, leur manière de penser et de sentir, leurs aspirations et leur mentalité religieuse, et, en même temps, nous les ferons participer à notre héritage spirituel, conscients que nous pouvons beaucoup recevoir des laïcs pour fortifier notre vocation et notre mission(148). (143) Cf. 34° C.G. d. 13 nn. 18-20. |
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2. La collaboration avec les laïcs dans leurs œuvres |
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§ 1. La Compagnie veut être au service de la mission des laïcs, en leur offrant ce que nous sommes et ce que nous avons : en premier, une formation à notre spiritualité apostolique, surtout par les Exercices Spirituels dans la mesure où ils sont désirés, ainsi que par la direction et le discernement spirituels(149), des moyens éducatifs pour développer leurs possibilités pastorales et apostoliques et enfin notre amitié(150). § 2. Nous voulons collaborer avec eux comme de vrais compagnons, servant ensemble, apprenant les uns des autres, répondant aux préoccupations et aux initiatives communes et instaurant un dialogue sur les objectifs apostoliques(151), toujours prêts à être au service des œuvres promues par eux comme conseillers, assistants ou collaborateurs(152). § 3. Pour ce qui est de nous, cette collaboration devra être en accord avec les critères de la Compagnie pour le choix des ministères, spécialement le service de la foi et la promotion de la justice, ainsi que les autres dimensions essentielles de notre mission; les jésuites devront y être envoyés avec des objectifs apostoliques clairement définis et devront demeurer en état de discernement continuel avec leur Supérieur et leur communauté apostolique(153). § 4. Cette collaboration requiert de nous tous une formation et un renouvellement au temps de la formation, aussi bien initiale que permanente ; cela nous aidera à comprendre et à respecter leur vocation aussi bien qu'à apprécier la nôtre(154). (149) Cf. 34° C.G. d. 13 n. 8. |
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3. La collaboration avec les laïcs |
| [307] |
§ 1. Quant à la collaboration avec les laïcs dans les œuvres de la Compagnie, c'est-à-dire celles par lesquelles elle remplit sa mission propre et manifeste les valeurs ignatiennes et où elle assume et conserve de différentes manières la "responsabilité ultime"(155), elle doit être régie par une "déclaration" claire sur la mission des œuvres, qui mette en lumière leur finalité et constitue ainsi la base de la collaboration. Cette déclaration doit être présentée et expliquée à tous ceux avec lesquels nous collaborons dans ces œuvres(156). § 2. Nous devons proposer à ces collaborateurs des moyens appropriés pour mieux connaître la tradition et la spiritualité ignatiennes et pour progresser chacun dans sa vocation propre(157). § 3. Envers ceux qui travaillent avec nous, nous ne devons pas seulement respecter la justice ; il faut aussi que fleurisse une collaboration cordiale née de la charité et que, par des moyens adaptés, leur soit ouverte une large participation en même temps qu'une vraie responsabilité dans l'organisation, la gestion et même la direction des œuvres, étant supposée de leur part l'assimilation des principes de la spiritualité ignatienne qui inspirent notre mission, et le pouvoir de décider en dernier ressort demeurant entre les mains de la Compagnie, là où celle-ci a la responsabilité dernière(158). § 4. Lorsque ces conditions sont vérifiées, un laïc peut être directeur d'une œuvre de la Compagnie. Dans ce cas, les jésuites reçoivent du Provincial la mission de travailler dans cette œuvre et s'y consacrent sous la direction de ce directeur. Lorsque les jésuites sont une petite minorité, une attention spéciale doit être donnée à la fonction de direction des collègues laïcs ainsi qu'aux moyens appropriés pour la Compagnie d'assurer l'identité jésuite de l'œuvre(159). (155) Cf. 31° C.G. d. 33 n. 6 ; 34° C.G. d. 13 n. 11. |
| [308] |
Pour encourager la responsabilité des laïcs dans l'Église, la Compagnie examinera en temps opportun s'il faut que certaines œuvres commencées par nous soient remises à des laïcs compétents en vue d'un plus grand bien pour l'Église(160). (160) 31° C.G. d. 33 n. 6. |
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4. Les associations laïques d'inspiration ignatienne |
| [309] |
§ 1. Un certain nombre de laïcs désirent être associés avec nous en participant à des associations laïques s'inspirant de la spiritualité ignatienne. Dans la mesure où elles rendent témoignage dans le monde du charisme ignatien, où elles permettent d'entreprendre ensemble des œuvres de plus grande envergure et où elles aident leurs membres à vivre plus pleinement la foi, la Compagnie juge positivement ces associations et encourage les jésuites à les étudier, à mieux les connaître par des contacts personnels et à développer pour elles un intérêt authentique(161). § 2. Parmi de telles associations, la Compagnie promeut et encourage avec un soin spécial les Associations suivantes, exhortant chaque Province à faire de même: la Communauté de Vie Chrétienne, le " Volontariat jésuite" (Jesuit Volunteers et autres Associations semblables), les Associations d'Ancien(ne)s Élèves, l'Apostolat de la Prière et le Mouvement Eucharistique des Jeunes recommandés par le Saint-Siège ; mais cela n'exclut en aucune manière d'autres communautés et associations qui, en diverses régions, ont avec la Compagnie des liens particuliers très fructueux(162). § 3. Le fait que tant de personnes participent à une même inspiration, celle de la spiritualité ignatienne, pour remplir leur mission propre de laïcs dans l'Église, nous pousse à travailler avec elles de façon plus décisive pour que, après le discernement qui convient, nous établissions des liens organiques plus étroits entre ces personnes et leurs groupes; cela leur assurerait une meilleure communication mutuelle et une aide personnelle et spirituelle plus solide, et constituerait un exemple de contribution spécifique de la Compagnie aux propositions de la "nouvelle évangélisation"(163). (161) 34° C.G. d. 13 n. 16; cf.
Jean-Paul II, Exhort. Apost. "Christifideles laici", nn. 29-31, op. cit.
p. 443ss. |
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5. Liens plus étroits de certains laïcs avec la Compagnie |
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La Compagnie regarde comme une modalité de la collaboration avec les laïcs dans sa mission, parmi d'autres possibles, la constitution d'un "lien juridique" spécial et personnel de certaines personnes, associées entre elles ou non, avec la Compagnie pour réaliser des objectifs apostoliques. Il est recommandé de faire des expériences en ce domaine, conformément aux orientations données par la Congrégation Générale, et de les évaluer dans l'avenir(164). (164) Cf. 34° C.G. d. 13 nn. 23-25. |
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