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SEPTIÈME PARTIE MISSION ET MINISTÈRES DE LA COMPAGNIE |
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CHAPITRE 1 La mission de la Compagnie aujourd'hui |
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§1. La mission de la Compagnie aujourd'hui est participation à la mission d'ensemble de l'Église évangélisatrice(1), qui veut réaliser le Royaume de Dieu dans la société humaine tout entière non seulement dans la vie à venir, mais aussi dans la vie présente(2). Cette mission est "une réalité unique mais complexe, qui déploie de multiples manières"(3), à travers les dimensions essentielles du témoignage de vie, de la proclamation, de la conversion, de l'inculturation, de la naissance d'Églises locales, par le dialogue et la promotion de la justice voulue par Dieu(4). § 2. Dans ce cadre et en accord avec notre charisme originel approuvé par l'Église, la mission actuelle de la Compagnie est le service de la foi et la promotion, dans la société, de cette justice évangélique qui est l'incarnation de l'amour et de la miséricorde salvifique de Dieu(5). § 3. Le but de cette mission, (le service de la foi) et son principe intégrateur (la foi cherchant la justice du Royaume) sont en relation dynamique avec la proclamation inculturée de l'Évangile et le dialogue avec d'autres traditions religieuses, comme dimensions essentielles de l'évangélisation(6). (1) Cf. 34° C.G. d. 11 n. 19.
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Les conditions pour remplir cette mission sont les suivantes : (7) 34° C.G. d. 3 n. 17 ; cf. d. 6 n. 20 9 n. 16 ; 32°
C.G. d. 4 titi, 35 et 36, 48 33° C.G. d. 1 n. 41 ; NC nn. 180, 273. |
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§ 1. En ce qui concerne la promotion de la justice, il nous faut devenir plus conscients, comme l'Église elle-même, de ses récentes et nouvelles exigences pour notre mission(18) ; ce sont, entre autres, la défense des droits de l'homme, des personnes et des peuples (droits individuels, socio-économiques, civils et politiques, droits à la paix, au progrès et à l'identité culturelle); les conséquences dommageables de l'interdépendance des peuples, avec tous les dangers qui menacent le genre de vie et les cultures des peuples pauvres, surtout "indigènes"(19) ; la protection de la vie humaine elle-même, de ses débuts jusqu'à sa fin naturelle, gravement menacée par ce que l'on appelle une "culture de mort" ; l'influence des moyens de communication sociale au service de la justice, qui demande une action coordonnée des chrétiens et des autres en plusieurs domaines(20) ; la protection de l'environnement; la marginalisation tragique de certains pays, surtout aujourd'hui dans le continent africain ; la nécessité pour les peuples d'Europe Orientale de trouver un chemin sûr pour un avenir de liberté, de paix et de sécurité; le problème des exclus dans toutes les sociétés; la situation mondiale extrêmement grave des réfugiés(21). § 2. La situation des femmes mérite une attention particulière dans le monde d'aujourd'hui(22). Notre contribution au dépassement des structures injustes et la manifestation de notre solidarité avec les femmes comprennent entre autres : enseigner l'égalité essentielle entre hommes et femmes ; soutenir celles-ci dans les situations d'exploitation et de violence; favoriser une présence adaptée de femmes dans nos ministères et nos institutions et les y associer au processus de décision; promouvoir leur éducation, en excluant toute discrimination en ce domaine; user du langage "inclusif" qui convient dans les discours et les écrits(23). § 3. Tous ces projets doivent se centrer sur la transformation des valeurs culturelles qui sous-tendent un ordre social injuste et oppressif(24). (18) Cf. Jean-Paul II, "Sollicitudo
rei socialis", n. 26, AAS 1988 p. 544ss ; "Centesimus annus", nn. 28,
36-39, AAS 1991 p. 638ss. |
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Il revient au Père Général, avec l'aide de ses Conseillers, d'animer efficacement notre service de l'Évangile et de sa justice au niveau de la Compagnie entière. Mais tous les jésuites, spécialement les Supérieurs Majeurs, collaboreront vigoureusement avec lui, même si cela doit troubler leurs habitudes ou leur tranquillité, habitués qu'ils sont à travailler plutôt à un niveau moins universel(25). (25) 32° C.G. d. 4 n. 69. |
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§ 1. Une. volonté réaliste de promotion de lit justice dans l'exercice de notre mission n'ira pas sans certains engagements sur le plan social et collectif (26); mais cela rendra plus signifiante notre annonce de l'Évangile et plus facile son accueil(27). § 2 Les communautés et les Supérieurs aideront chacun des Nôtres à vaincre les résistances, peurs et apathies qui l'empêchent de comprendre vraiment les problèmes culturels, sociaux, économiques et politiques qui se posent dans sa ville, dans son pays ou dans sa région ainsi qu'au plan international; chacun connaîtra ainsi et assumera les responsabilités qui lui incombent dans l'ordre social et participera, à sa manière personnelle, aux efforts requis pour une promotion réelle de la justice(28). § 3. Nous devons, dans tous nos ministères, créer des communautés de solidarité qui s'unissent pour promouvoir la justice. En coopération avec nos collaborateurs, tout ministère de la Compagnie peut et doit promouvoir la justice selon une ou plusieurs des façons suivantes: servir et accompagner directement les pauvres ; sensibiliser aux exigences de la justice en même temps qu'à la responsabilité sociale pour la réaliser ; participer à la mobilisation sociale pour la création d'un ordre social plus juste(29). (26) 32° C.G. d. 4 n. 80. |
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Les Nôtres, en particulier ceux des pays riches, doivent, autant que cela leur est permis, collaborer avec tous ceux qui travaillent à former l'opinion publique ou dans les organisations internationales, afin de promouvoir plus efficacement la justice dans les relations entre les peuples(30). (30) 32° C.G. d. 4 n. 81. |
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Enfin, dans l'accomplissement exact de notre mission, nous devons toujours nous rappeler que " les moyens qui unissent instrument à Dieu et le disposent à bien se laisser conduire par la main divine, sont plus efficaces que ceux qui le disposent à l'égard des hommes"(31). (31). Cf. 32° C.G. d. 4 n. 12 ; X° P. n. 2 [813]. |
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CHAPITRE 2 Les missions du Souverain Pontife |
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§ 1. Notre service de l'Église, pour être vraiment chrétien, doit avoir son fondement dans la fidélité à Celui qui fait toutes choses nouvelles; pour qu'il soit propre à la Compagnie, il doit être exercé en union avec le successeur de Pierre(32). § 2. Par amour pour le Christ et en vertu du quatrième vœu spécial d'obéissance à son Vicaire concernant les missions(33), la Compagnie s'offre tout entière à l'Église pour que le Souverain Pontife envoie tous ses membres dans la vigne du Seigneur pour accomplir sa mission(34). § 3. Les missions que le Souverain Pontife a souhaité confier à notre Compagnie en quelque temps et en quelque lieu que ce soit, en accomplissement de notre mission(35), doivent avoir absolument la première place dans notre activité apostolique(36). (32) 34° C.G. d. 11 n. 28. |
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Les appels faits par les Papes récents à la Compagnie ont été les suivants
: (37) 33° C.G. d. 1 n. 37 ; cf. 31° C.G. d. 3 n. 1 ; Jean-Paul II , Homélie aux Pères de la 33° C.G., nn. 4, 6, 7 (AR XVIII 1093-1099) ; Allocution aux délégués de la 34° C.G. de la Compagnie de Jésus, 5 janvier 1995. |
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La mission que le Souverain Pontife a confiée à la Compagnie de s'opposer à l'athéisme doit pénétrer toutes les formes de notre apostolat, de manière à cultiver parmi les croyants une foi solide et un authentique sens de Dieu, et à tourner aussi sans relâche nos efforts vers les non-croyants de toute sorte(38). (38) Cf. 31° C.G. d. 3 n. 11 ; 32° C.G. d. 4 nn. 24-26. |
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CHAPITRE 3 Les missions des Supérieurs de la
Compagnie |
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§ 1. Tous les membres de la Compagnie de Jésus, bien que dispersés en communautés locales différentes et appartenant à des Provinces ou à des Régions particulières, font directement et avant tout partie de la communauté apostolique de toute la Compagnie. Celle-ci est le lieu où sont élaborées et décidées les grandes options apostoliques dont chacun doit se sentir responsable; ceci exige de tours une grande disponibilité et une réelle mobilité apostolique au service de la mission universelle de l'Église et de la Compagnie(39). § 2. Cette appartenance au Corps de la Compagnie doit prévaloir sur tous les autres liens (appartenances à des institutions de tous ordres, à l'intérieur ou à l'extérieur de la Compagnie) ; elle doit marquer tout autre engagement, le transformant en "mission". Car la "mission" est reçue de la Compagnie par l'intermédiaire du Supérieur; et elle est toujours révisable par la Compagnie, qui peut la confirmer ou la modifier selon ce que requiert un plus grand service de Dieu(40). (39) Cf. 32° C.G. d. 4 nn. 68
et 69, 81 ; cf. Ex. ch. 4 n. 15 [92] ; III° P. ch. 2 n. 6 G [304] ; IV°
P. Prologue A [308] ; VIII° P. ch. 1 n. 1 [603] ; B [605]. |
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§ 1. Lorsque nous nous efforçons de répondre à notre mission aujourd'hui, telle qu'elle a été décrite par les récentes Congrégations Générales, nos ministères traditionnels, raisonnablement adaptés à notre époque, prennent une nouvelle importance, et en même temps de nouvelles manières d'agir sont requises par les situations nouvelles, en sorte que tous ces ministères tendent à fortifier la foi qui s'exprime en œuvres de justice(41). § 2. C'est pourquoi tous nos ministères, aussi bien les ministères traditionnels que les nouveaux ministères, doivent faire l'objet d'un discernement spirituel apostolique, personnel et communautaire(42), accordant une attention particulière au rôle qu'ils peuvent jouer au service de la foi et dans la promotion de la justice, en solidarité avec les pauvres(43) ; de telle sorte que, s'il en est besoin, on les remplace par d'autres mieux adaptés(44). (41) 33° C.G. d. 1 n. 43 ; cf.
32° C.G. d. 4 nn. 11, 18, 51 et 52, 57 et 58 ; 31° C.G. d. 27. |
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Nos institutions peuvent employer les moyens suivants pour mettre plus efficacement en œuvre notre mission: faire une évaluation institutionnelle du rôle qu'elles jouent dans la société ; examiner si leurs structures internes et leurs principes d'action reflètent notre mission; collaborer et avoir des échanges avec des institutions du même genre dans des contextes sociaux et culturels différents ; assurer la formation continue de leur personnel en ce qui a trait à la mission(45). (45) 34° C.G. d. 3 n. 21 ; d. 4 n. 28.7. |
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§ 1. Tous les Nôtres, et surtout les Supérieurs, pour lesquels le choix des ministères est "une tâche première entre toutes"(46), mettront sérieusement en œuvre cette révision. Les critères à employer, contenus dans les Constitutions et précisés par les décrets des Congrégations Générales et les instructions des Pères Généraux, gardent une valeur permanente, bien qu'ils doivent toujours être appliqués en tenant soigneusement compte des circonstances historiques(47). § 2. On devra toujours prendre en considération à la fois les conditions sociales, les programmes de pastorale et les ressources en forces apostoliques actuelles ou attendues, ainsi que les besoins pastoraux et apostoliques les plus urgents et les concours à fournir au Père Général pour les tâches de caractère plus universel(48). § 3. On recourra, en outre, à une analyse sociale et culturelle de la réalité concernant l'état véritable des choses, incluant les aspects religieux, social et politique, analyse qui s'appuie sur des études approfondies et spécialisées et sur une vraie connaissance des choses(49). § 4. Conformément à cette manière de procéder, qui sera aussi bien celle des communautés locales que celle des communautés provinciales ou régionales, les Supérieurs, en recourant aux consultations habituelles, pourront enfin faire des choix apostoliques, qui seront soumis au Père Général(50). (46) P. J.-B. Janssens, Lettre sur nos ministères, AR
XI 299-336 |
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Tout en gardant notre disponibilité fondamentale à l'égard du Saint-Siège, tous les Nôtres et surtout les Supérieurs doivent se proposer de suivre les conseils, les jugements et les entreprises de la hiérarchie locale, de les mettre en application et d'agir dans un esprit de communion; ainsi nos entreprises apostoliques seront harmonisées avec les programmes pastoraux des Églises particulières(51), conformément à la tradition qui a toujours été en vigueur dans la Compagnie de servir l'Église par l'exposition, la propagation et la défense de la foi(52). (51) Cf. 31° C.G. d. 21 n. 7 ;
33° C.G. d. 1 n. 47 ; 34° C.G. d. 6 n. 18. |
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§ 1. Pour permettre un choix mieux adapté des ministères en même temps qu'une certaine prévision de l'avenir, une commission sera constituée pour aider le Provincial et sous son autorité; elle aura pour tâche, après avoir étudié les choses et en tenant compte des priorités fixées par le Général ou la Conférence des Supérieurs Majeurs(53), de donner des conseils pour une révision organique des ministères, suggérant quels sont ceux qui doivent être gardés ou abandonnés ou rénovés. Chaque année le Provincial rendra compte au Père Général de ce qui aura été fait en ce domaine. § 2. Pour parvenir à une coordination plus efficace de l'apostolat dans une région, les Conférences de Supérieurs Majeurs peuvent être beaucoup aidées par une Commission de toute la Conférence en lien avec les Commissions provinciales et régionales. Dans des régions assez homogènes, au lieu d'une commission pour chaque Province ou chaque Région, on peut établir une seule Commission générale(54). (53) 34° C.G. d. 21 n. 28. |
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§ 1. Ce ne sont pas seulement les œuvres structurées qui doivent être soumises à un examen; chaque ministère, même individuel, doit être examiné à la lumière des mêmes critères(55). § 2. Pour que nos forces ne se dispersent pas, mais que, convenablement disposées, elles tendent à un même but, les Supérieurs se souviendront qu'ils ne sont pas seulement à la tête des religieux eux-mêmes, mais aussi à la tête de leurs œuvres ; c'est pourquoi ils ne craindront pas d'exiger d'eux qu'ils leur obéissent dans le choix des ministères. Quant à eux, si des ministères leur sont proposés, ils en référeront spontanément au Supérieur pour se régler sur ses conseils. Qu'ils soient portés à associer leur travail avec celui des autres et prompts à se soumettre pour obtenir un bien plus universel(56). (55) 32° C.G. d. 4 n. 76. |
| [262] |
La Compagnie reconnaît l'importance apostolique que peuvent avoir, pour l'accomplissement de notre mission aujourd'hui, certaines présences et collaborations à divers secteurs de l'activité profane; c'est pourquoi l'exercice d'une profession ou d'un métier profane, surtout dans les milieux déchristianisés ou défavorisés, peut parfois, en raison de sa signification apostolique, faire l'objet d'une mission dans la Compagnie, pourvu que la mission soit donnée par les Supérieurs et qu'elle puisse être remplie conformément à notre manière de procéder(57). (57) Cf. 32° C.G. d. 4 nn. 78 et 79. |
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CHAPITRE 4 Les ministères par lesquels la Compagnie remplit sa mission |
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1. Le service missionnaire |
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§ 1. Tous les Nôtres, et non pas seulement ceux qui le demandent peuvent, en vertu de la vocation de la Compagnie, être envoyés évangéliser les peuples. Ceux qui sont nés dans les territoires d'anciennes missions auront conscience de leur grave responsabilité dans la promotion de la foi et d'une vie ecclésiale profondément enracinée dans leur culture(58). Néanmoins ils seront aussi prêts à être envoyés annoncer l'Évangile à d'autres peuples(59). § 2. Les Supérieurs choisiront pour être envoyés des hommes doués de vertus solides, parfaitement disponibles et capables de s'insérer dans une nouvelle culture (60) ; en sorte que leur proclamation de l'Évangile soit, sensible à la situation religieuse de ceux à qui il est annoncé(61). (58) Cf. 32° C.G. d. 4 n, 55.
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| [264] |
§ 1. Les Provinces considéreront le travail d'évangélisation des peuples qui leur est confié comme faisant partie intégrante de leur activité propre au même titre que les autres œuvres; qu'elles aident cette œuvre en hommes et en argent selon leurs possibilités, avec d'autant plus d'ardeur qu'elle souffre d'une plus grande pénurie ; cette recommandation vaut aussi pour les territoires qui sont désormais constitués en unités indépendantes. § 2. Les Nôtres encourageront avec soin parmi tous les fidèles l'œuvre de l'évangélisation des peuples et favoriseront aussi les vocations missionnaires(62). (62) 31° C.G. d. 24 n. 8. |
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2. Le dialogue interreligieux |
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§ 1. Au cours de l'histoire, les religions, y compris le christianisme, ont été source de divisions, d'exploitation et de conflits. Dans ce contexte le dialogue cherche à réaliser les potentialités d'unité et de libération de toutes les religions, montrant ainsi leur aptitude à contribuer au bien-être de l'homme, à la justice et à la paix dans le monde(63). § 2. Le dialogue est "une activité qui a ses motivations, ses exigences et sa dignité propres"(64) et qui ne devrait jamais devenir une stratégie pour obtenir des conversions, alors qu'établir une relation positive avec les croyants d'autres religions est une exigence dans un monde de pluralisme religieux(65). (63) 34° C.G. d. 5 n. 3 ; cf.
n. 8. |
| [266] |
§ 1. La culture du dialogue doit devenir un trait distinctif de notre Compagnie, envoyée dans le monde pour travailler à une plus grande gloire de Dieu et pour aider les hommes(66). § 2. La Compagnie doit favoriser le quadruple dialogue interreligieux
recommandé par l'Église : (66) 34° C.G. d. 5 d. 17. |
| [267] |
La Compagnie doit préparer des jésuites aptes à devenir des spécialistes dans la troisième forme du dialogue interreligieux. Ce dialogue devenant un problème universel, cette préparation devrait se faire dans le cadre d'échanges interprovinciaux et internationaux et en collaboration avec d'autres groupes(68). (68) 34° C.G. d. 5 n. 11. |
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3. L'œcuménisme |
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La foi qui fait la justice est nécessairement engagée dans le dialogue et la collaboration œcuméniques. L'œcuménisme n'est pas seulement une œuvre spécifique pour laquelle certains jésuites doivent être formés et mandatés ; c'est une nouvelle manière de vivre en chrétien. Il cherche ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise ; il cherche plutôt la compréhension que la confrontation ; il cherche à connaître, comprendre et aimer les autres comme eux-mêmes désirent être connus et compris, dans le plein respect de leur diversité, à travers un dialogue de vérité, de justice et d'amour(69). (69) Cf. 34° C.G. d. 12 nn. 1-3 ; 32° C.G. d. 4 n. 37. |
| [269] |
§ 1. En s'engageant dans le travail œcuméniques, la Compagnie répond non seulement au discernement des signes des temps, mais aussi à l'appel réitéré de l'Église(70) et des précédentes Congrégations Générales(71). § 2. Pour encourager ce travail, les Supérieurs auront soin de préparer parmi les Nôtres quelques spécialistes en matière œcuménique selon les besoins des régions ; ceux-ci devront acquérir une parfaite connaissance de la doctrine et de la vie spirituelle aussi bien de l'Église catholique que des autres chrétiens(72). § 3. Dans leur activité œcuméniques, tous les Nôtres observeront fidèlement les prescriptions et directives données par le Saint-Siège et par ceux qui ont charge de diriger le mouvement œcuménique(73). (70) Cf. surtout Vatican II, "Unitatis
Redintegratio", "Lumen Gentium", "Orientalium Ecclesiarum", "Dignitatis
Humanae" ; Jean-Paul II, Allocutions à la 33° C.G. (2 sept. 1983) et à
la 34° C.G. (5 janv. 1995) n. 5 ; Conseil pontifical pour l'Unité des
Chrétiens, "Directoire œcuménique ", AAS 1993 pp. 1039-1119. |
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4. Les institutions et œuvres pastorales |
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§ 1. Les œuvres ou institutions pastorales qui ont pris naissance autrefois doivent être rénovées et développées avec ardeur, pourvu qu'elles répondent encore à leur fin première et soient approuvées par la Hiérarchie. § 2. Les Nôtres s'ingénieront à chercher aussi de nouvelles formes d'institutions et d'œuvres pastorales, selon la tradition et l'esprit de la Compagnie, pour subvenir aux nécessités contemporaines, même celles des autres religions, en considérant ce qu'est notre mission d'aujourd'hui(74). § 3. Notre service pastoral doit préparer les communautés chrétiennes au dialogue avec les croyants d'autres religions ; nous devons aider ceux-ci à faire l'expérience de l'amour miséricordieux de Dieu dans leur vie(75). (74) Cf. 31° C.G. d. 27 n. 1. |
| [271] |
§ 1. En les adaptant avec intelligence et de diverses manières, on proposera les Exercices Spirituels à toutes sortes de personnes, dans la mesure où elles peuvent en profiter, sans exclure les gens simples, pour former des chrétiens qui s'enrichissent d'une expérience personnelle du Dieu Sauveur, en viennent à une connaissance intérieure du Seigneur pour l'aimer et le suivre davantage(76), et deviennent ainsi capables de jouer leur rôle, partout où cela sera nécessaire, dans la réforme des structures sociales et culturelles(77). § 2. Cela se fera aussi, dans la mesure du possible et avec les adaptations requises, avec les fidèles des autres religions. § 3. On forment tous les Nôtres, mais on aidera aussi d'autres prêtres des deux clergés et même des laïcs, à donner les Exercices Spirituels avec fidélité et exactitude(78). (76) Cf. 31° C.G. d. 27 n. 2,
1° ; Ex. Spir. [104] ; IV° P. ch. 8 n. 5, E [408-409] |
| [272] |
Les Supérieurs inciteront : (79) Cf. 31° C.G. d. 27 n. 11 2° et 3°. |
| [273] |
Selon l'esprit de la Compagnie, et plus encore selon la volonté réitérée de l'Église, on encouragera l'établissement de résidences au milieu des groupes humains défavorisés; et les Nôtres, vivant avec le Christ pauvre, y exerceront tout spécialement leur apostolat de diverses manières(80). (80) Cf. 31° C.G. d. 27 n. 8 ; Coll. d. [ 129], [263] (28° C.G d. 29 n. 8 ; 29° C.G. d. 29 d.29 n. 5) ; 32° C.G. d. 4 nn. 34 et 35, 47-50 ; 33° C.G. d. 1 n. 41 |
| [274] |
§ 1. La discipline de l'Église concernant les paroisses confiées à des Instituts religieux ayant été modifiée(81), le ministère paroissial ne doit plus être considéré comme contraire aux principes de nos Constitutions(82). Bien plus, en certaines circonstances, il peut contribuer à notre mission, le service de la foi et la promotion de la justice ainsi qu'au dialogue interreligieux et culturel(83). Il revient au Général de juger si certaines paroisses doivent être acceptées ou abandonnées(84). § 2. Les paroisses prises en charge par la Compagnie doivent répondre à son charisme et à sa mission propres ; c'est pourquoi, tout en étant au service des initiatives et des buts de l'Église locale, elles adoptent en même temps les priorité apostoliques de la Compagnie et le projet apostolique de la Province, selon notre manière de procéder(85). § 3. Ceux qui sont nommés responsables d'une paroisse seront spécialement préparés, particulièrement à l'art de l'homélie, à la catéchèse, à l'analyse socio-culturelle, à la communication sociale et à la gestion des conflits. En outre, des occasions leur seront données de connaître des paroisses modèles et de fréquenter des centres de formation pastorale, toutes choses utiles à leur formation permanente(86). (81) Cf. CIC 538 § 2 ; 681 et 682 ; CCEO 284 § 3 1°,
297, 543. |
| [275] |
On estimera grandement les travaux apostoliques assurés par les Nôtres par la volonté du Saint-Siège auprès des Églises Orientales, catholiques ou non; ceux des Nôtres qui sont destinés à ces œuvres garderont ou adopteront un rite oriental, et on établira des maisons et des stations de la Compagnie de rite oriental(87). (87) Cf. Coll. d. [145] (28° C.G. d. 32, 1°). |
| [276] |
§ 1. Tous estimeront grandement et entretiendront dans leur cœur le mystère du Cœur du Christ dans la vie de l'Église, et ils l'expérimenteront en eux de manière à le promouvoir chez les autres dans toute activité apostolique, accomplissant la tâche très douce confiée par le Christ notre Seigneur à la Compagnie, pour que s'accroisse ainsi de jour en jour le fruit de nos divers ministères. § 2. En s'acquittant de leur tâche et de leurs travaux, ils se confieront aussi au patronage de la Bienheureuse Vierge Marie notre Mère, et ils mettront de plus en plus en lumière le rôle de la Mère du Sauveur dans l'économie du salut(88). (88) Cf. 31° C.G. d. 27 n. 2, 2°; Coll. d. 223 (cf. 23° C.G. d. 46 nn. 1, 3 ; 26° C.G. d. 21). |
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