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SIXIÈME PARTIE

LA VIE PERSONNELLE DE CEUX QUI ONT ÉTÉ ADMIS ET INCORPORÉS DANS LA COMPAGNIE

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SECTION V

AUTRES POINTS
CONCERNANT NOTRE MANIÈRE DE VIVRE

 

CHAPITRE 1

La vie spirituelle des jésuites formés

 [223]

§1- Comme le but directement poursuivi par la Compagnie est "d'aider les âmes de ses membres et celles du prochain à atteindre la fin ultime pour laquelle elles ont été créées"(148), "ce qui peut se dire en termes d'aujourd'hui: la totale et intégrale libération de l'homme qui rend celui-ci capable de participer à la vie de Dieu lui-même"(149), il est nécessaire que notre vie soit tout en même temps apostolique et religieuse. L'intime union de ces deux aspects, apostolique et religieux, doit dans la Compagnie informer toute notre manière de vivre, de prier et de travailler et lui imprimer son caractère apostolique(150).

§ 2. Le service de la foi et la promotion de la justice doivent être l'élément intégrateur de notre vie intérieure (tant sur le plan personnel que sur le plan communautaire) et de notre union entre frères dispersés de par le monde(151).

§ 3. C'est pourquoi on insiste auprès de tous les Nôtres pour qu'ils s'efforcent chaque jour davantage de parvenir à une intégration personnelle et communautaire de la vie spirituelle et de l'apostolat, par quoi il arrivera qu'ils trouveront Dieu en toutes choses(152), c'est-à-dire Dieu présent dans ce monde(153) où se livre le combat entre le bien et le mal, entre la foi et l'incroyance, entre le désir de justice et de paix et les injustices et divisions croissantes(154). Nous devons aussi nous efforcer d'enrichir notre propre spiritualité des expériences spirituelles et des valeurs éthiques, des expressions théologiques et symboliques des autres religions(155).

§ 4. Pour pouvoir entendre Dieu qui nous appelle ainsi dans ce monde et pour pouvoir lui répondre, nous avons besoin d'un discernement personnel et communautaire habituel; nous ne pouvons pas y parvenir sans une abnégation de nous-mêmes, fruit de la joie qui naît de la présence du Royaume et d'une identification progressive avec le Christ(156).

(148) IV° P. Prol. n. 1 [307].
(149) 32° C.G. d. 2 n. 11.
(150) 31° C.G. d. 13 n. 3.
(151) 32° C.G. d. 2 n. 9 ; 34° C.G. d. 2 n. 14.
(152) Cf. III° P. ch. 1 n. 26 [288]
(153) .Cf 34° C.G. d. 4 nn. 14-18 ; d. 8 n. 7.
(154) 33° C.G. d. 1 n. 11.
(155) 34° C.G. d. 5 n. 9.1.
(156) 33° C.G. d. 1 nn. 12 et 13 ; 32° C.G. d. 11 nn. 11 et 38.

 [224]

§ 1. Pour parvenir à cette intégration, nous devons développer par tous les moyens cette familiarité avec Dieu, dans la prière comme dans l'action, que saint Ignace considérait comme absolument essentielle pour notre Compagnie(157), et sans laquelle elle ne peut exister(158) ; et nous ne pouvons pas parvenir à cette familiarité sans une pratique régulière de la prière personnelle(159).

§ 2. C'est à cette école de prière et d'action apostolique qu'est formé l'apôtre de la Compagnie, invité par sa vocation à être contemplatif dans l'action(160), contemplant le monde de notre temps à la manière dont saint Ignace a contemplé le monde de son temps, afin d'être saisi à son tour par l'appel du Christ qui meurt et ressuscite de nouveau au milieu des misères et des aspirations des hommes(161).

(157) Cf. X° P. n. 2 [813].
(158) 32° C.G. d. 11 n. 7 ; cf. 31° C.G. d. 14 nn. 4 et 8.
(159) 33° C.G. d. 1 n. 11 ; 32° C.G. d. 11 n. 8 ; 31° C.G. d. 14 n. 11.
(160) 31° C.G. d. 14 n. 4 ; 32° C.G. d. 11 n. 8.
(161) 32° C.G. d. 4 n. 19 ; cf. 34° C.G. d. 2 n. 6.

 [225]

§ 1. C'est pourquoi la traditionnelle heure d'oraison doit être adaptée à chacun d'après la diversité des situations et les besoins personnels, sous la direction du Supérieur, conformément à la "discreta caritas" que saint Ignace a lui-même clairement exprimée dans les Constitutions(162).

§ 2. Tous se souviendront que l'oraison pour eux la meilleure est celle dam laquelle Dieu se communique à eux davantage, qu'une telle oraison soit mentale ou bien vocale, qu'elle consiste en une lecture méditée ou en un sentiment intime d'amour et d'offrande(163) ; ainsi l'oraison deviendra une activité vraiment vitale dont l'évolution et le progrès manifesteront chaque jour davantage l'action et la présence de Dieu en nous; par elle nous serons capables de le chercher, de l'aimer et de le servir en toutes choses(164).

§ 3. Les Nôtres consacreront un temps suffisant à la préparation de l'oraison et à la lecture spirituelle(165).

(162) Cf. 31° C.G. d. 14 n. 11 ; cf. VI° P. ch. 3 n. 1 A [582, 583]..
(163) 31° C.G. d. 14 n. 11 ; cf. 32° C.G. d. 11 nn. 9 et 10, 36.
(164) 31° C.G. d. 14 n. 7.
(165) Coll. d. 52 § 5 (31° C.G. d. 14 n. 14).

 [226]

§ 1. Le Supérieur local a aussi le soin de l'animation spirituelle de la communauté. Aussi considérera-t-il comme sa tâche propre de créer des conditions favorables à la prière personnelle et communautaire, à la vie sacramentelle et aux échanges spirituels. Pour cela, il veillera à ce que chacun trouve dans l'organisation de la vie communautaire ce qui lui est nécessaire pour le recueillement et un juste équilibre entre le travail et le repos(166).

§ 2. Lui-même fera aussi en sorte que de temps en temps un moment plus long soit consacré à des échanges spirituels, selon des manières et des formes adaptées à chaque communauté apostolique; par là, il sera possible de réfléchir devant Dieu sur la mission propre de la communauté et, en même temps, d'exprimer le caractère apostolique de notre prière(167).

(166) 32° C.G. d. 11 n. 41 ; cf. 31° C.G. d. 14 n. 9 ; 33° C.G. d. 1 n. 13.
(167) 32° C.G. d. 11 n. 37.

 [227]

§ 1. Toute communauté de la Compagnie est une communauté de foi, qui se réunit avec d'autres croyants pour célébrer dam l'Eucharistie leur foi Commune. Notre participation, à la même table, au corps et au sang du Christ est le meilleur moyen Pour ne former qu'un seul corps donné pleinement à la mission du Christ dans le monde d'aujourd'hui(168).

§ 2. Tous, selon les prescriptions de leur propre rite(169), Participeront à la célébration quotidienne de l'Eucharistie et la considéreront comme le centre de leur vie religieuse et apostolique. La célébration communautaire de l'Eucharistie est recommandée, surtout les jours où la communauté peut plus facilement se réunir(170). En outre, les communautés et chacun de leurs membres auront à cœur, pour être pleinement fidèles à leur vocation apostolique, de s'entretenir chaque jour avec le Christ notre Seigneur dans une visite au Saint-Sacrement(171).

§ 3. De même tous, pour avancer dans le service de Dieu avec pureté et liberté de cœur, s'approcheront fréquemment du sacrement de pénitence ; ils participeront aussi volontiers aux célébrations pénitentielles communautaires et consacreront leurs forces à faire régner entre eux l'esprit de réconciliation(172) ; chacun aura un confesseur stable auquel il se confessera ordinairement(173).

(168) Cf. 32° C.G. d. 11 n. 12 ; 33° C.G. d. 1 n. 11.
(169) Cf. CIC 663 § 2; CCEO 473 § 1.
(170) Cf. 32° C.G. d. 11 n. 35 ; 31° C.G. d. 14 n. 10.
(171) 31° C.G. d. 14 n. 15.
(172) Cf. 32° C.G. d. 11 n. 39.
(173) Coll. d. 57 § 1 (23° C.G. d. 30 n. 1) ; cf. III° P. ch. 1 n. 11, Q [271, 278]; VI° P. ch. 3 n. 2 [584].

 [228]

En s'acquittant de la Liturgie des Heures, à laquelle ils sont tenus par l'Ordre qu'ils ont reçu(174), nos prêtres et nos diacres s'efforceront de célébrer avec attention et en temps opportun ce cantique de louange qui est vraiment la prière que le Christ avec son Corps adresse au Père(175).

(174) Cf. CIC 276 § 2, 3° ; 1174 § 1 ; CCEO 377.
(175) Cf. 31° C.G. d. 14 n. 10; cf. Instruction Générale sur la Liturgie des Heures, n. 29.

 [229]

L'examen de conscience qui, selon la visée d'Ignace, a tant d'importance dans une vie active pour le discernement sur toute notre vie apostolique, pour la pureté du cœur et la familiarité avec Dieu, se fera deux fois par jour. Selon la tradition approuvée de la Compagnie, la durée recommandée est d'un quart d'heure(176).

(176) Cf. 31° C.G. d. 14 n. 13 ; 32° C.G. d. 11 n. 38 ; 33° C.G. d. 1 n. 40.

 [230]

Nos communautés, selon ce que permet leur caractère apostolique, se réuniront chaque jour pour une brève prière en commun(177).

(177) 31° C.G. d. 14 n. 15 ; cf. 32° C.G. d. 11 n. 37.

 [231]

§ 1. Parce que nous y faisons particulièrement l'expérience du Christ et que nous y répondons au Christ nous appelant à la Compagnie, les Exercices Spirituels sont la source et le centre de notre vocation(178), et un moyen tout particulier aussi bien pour favoriser la rénovation et l'union dans la Compagnie que pour exercer plus profondément notre mission apostolique; c'est pourquoi on devra les faire chaque année pendant huit jours de suite, tout en gardant la possibilité de certaines adaptations dont le Provincial est juge(179).

§ 2. On recommande donc :
1° que les Provinciaux, surtout lors de leur visite annuelle, s'informent sur la manière dont les Nôtres font les Exercices Spirituels. ;
2° qu'une expérience plus complète des Exercices, s'étendant même sur un mois, soit encouragée chez les jésuites formés ;
3° qu'on prenne un très grand soin, dans les Provinces, de la formation de ceux des Nôtres qui seront capables de donner les Exercices Spirituels ;
4° que même les jésuites formés fassent de temps en temps les Exercices annuels sous la direction personnelle d'un directeur expérimenté(180).

(178) 31° C.G. d. 4 n. 2.
(179) Cf 32° C.G. d. 11 nn. 37 et 42 ; 31° C.G. d. 14 n. 16.
(180) 32° C.G. d. 11 n. 42.

 [232]

Le dialogue habituel avec un directeur spirituel favorisant le progrès dans l'acquisition d'une expérience spirituelle et dans l'apprentissage du discernement, tous les Nôtres, même pendant le temps de leur activité apostolique, feront grand cas de la direction spirituelle et s'entretiendront avec confiance et fréquemment un directeur spirituel(181).

(181) 32° C.G. d. 11 n. 40.

 [233]

Nous ferons de l'amour du Christ, qui a son symbole dans le culte du Cœur de Jésus, le centre de notre vie spirituelle; par là nous annoncerons plus efficacement à tous les insondables richesses du Christ et contribuerons à établir dans la vie chrétienne le primat de la charité(182).

(182) Cf. 31° C.G. d. 15 n. 3 ; 32° C.G. d. 11 n. 43.

 [234]

Tous les Nôtres regarderont comme leur étant spécialement recommandée la dévotion envers la Bienheureuse Vierge Marie, que notre Compagnie a toujours vénérée comme sa Mère(183).

(183) 27° C.G. Coll. d. 224; cf. 32° C.G. d. 11 n.43 ; 31° C.G. d. 15 n. 7e.

 

CHAPITRE 2

La sollicitude fraternelle

 [235]

Ce qui est prescrit dans l'Examen concernant la manifestation des défauts(184) doit être compris de la manière suivante :
1° La manifestation des défauts des autres que l'on doit faire au Supérieur ayant pour but à la fois le bien commun et le progrès spirituel de chacun, il faut qu'elle parte uniquement d'un sentiment de charité et soit faite de telle sorte qu'elle manifeste amour et charité.
2° Il est permis à tous de manifester au Supérieur comme à un père tout défaut d'un autre, qu'il soit léger ou grave; mais non ce que les intéressés eux-mêmes ont communiqué à un autre en compte de conscience ou secrètement pour demander conseil afin d'être dirigé ou aidé; et il n'est pas besoin d'attendre d'être interrogé par le Supérieur.
3° Ce qui risque d'être un grave dommage pour le bien commun ou un danger sérieux pour un tiers, non seulement peut, mais même doit être manifesté au Supérieur, comme à un père, pour que secrètement et prudemment il pourvoie au bien commun ou au bien du tiers.
4° La manifestation se fera au Supérieur immédiat, à moins que de graves raisons ne demandent qu'on la fasse au Supérieur Majeur, à qui ces raisons doivent être alors découvertes(185).
5° Les Supérieurs ne croiront pas à la légère ceux qui dénoncent la faute de quelqu'un, mais feront une enquête détaillée; avant tout, ils entendront celui qui est dénoncé pour qu'il puisse se défendre ; et, s'il est trouvé innocent, le dénonciateur sera repris ou puni selon l'importance de sa faute(186).

(184) Ex. ch. 4 n. 8 [63].
(185) Cf. Coll. d. 62 (6° C.G. d. 32 nn. 2-7 can. 10 nn. 2-4 ; 7° C.G. d. 12); Coll. d. [119] (28° C.G. d. 27,5°).
(186) Cf Coll. d. 63 § 1 (7° C.G. d. 12).

 [236]

Cette sollicitude fraternelle pour la conversion permanente et le progrès humain et spirituel des Nôtres peut aussi se manifester par la correction fraternelle, que ce soit dans un entretien personnel ou lorsque la communauté se réunit et que les circonstances spirituelles le permettent.

 

CHAPITRE 3

Quelques activités dont on doit s'abstenir

 [237]

Il n'est pas permis aux Nôtres d'accepter de s'occuper d'Instituts de vie consacrée, de sociétés de vie apostolique ou d'autres associations semblables; c'est pourquoi il leur est défendu de les diriger ou de s'immiscer dans leurs affaires(187).

(187) Cf Coll. d. 234 § 1 (7° C.G. d. 56 ; 8° C.G. d. 11 ; 23° C. G. d. 40 ; cf. 20° C.G. d. 12 n. 9) ; VI° P. ch. 3 n. 5 [588] ; modifié par la 34° C.G.

 [238]

§ 1. Les Nôtres, conformément aux Constitutions et autant que cela sera possible, s'abstiendront des affaires séculières, comme sont les charges d'exécuteur testamentaire, de mandataire, de procureur dans les affaires civiles ou toute autre charge de ce genre ; aucune prière ne les amènera à accepter de s'en charger, ou à s'y laisser engager.

§ 2. De cette interdiction, personne ne peut accorder de dispense sauf le Général, qui se montrera très difficile pour l'accorder(188).

(188) Cf. Coll. d 236 (5° C.G. dd. 48 et 80 ; 8° C.G. d. 56) ; cf. VI° P. ch. 3 n. 7, D [591, 592].

 [239]

L'interdiction faite aux Nôtres par les Constitutions de témoigner dans des causes civiles et beaucoup moins encore dans les causes criminelles sans la permission du Supérieur(189) doit se comprendre du cas où ni un ordre du Supérieur légitime, ni le bien de l'Ordre religieux, ni l'édification des autres ou la justice ne nous y oblige. Mais même lorsque l'on n'est pas laissé libre, on demande toujours les directives du Supérieur(190).

(189) VI° P. ch. 3 n. 8 [593].
(190) Cf. Coll. d. 237.

 

 

CHAPITRE 4

Progrès spirituel et formation continue

 [240]

Tout particulièrement de nos jours, un apostolat adapté exige de nous un processus de formation permanente ou continue; c'est pourquoi le processus de la formation n'est jamais achevé et la formation "première" elle-même doit être ordonnée à cette formation continue(191).

(191) 32° C.G. d. 6 n. 18; cf. 34° C.G. d. 3 n. 18 ; ibid. d. 6 nn. 23-29.

 [241]

Tous, même ceux qui sont formés, auront à cœur de nourrir et renouveler sans cesse leur propre vie spirituelle en puisant aux sources que l'Église et la Compagnie mettent à notre disposition (par l'étude de la Bible, la réflexion théologique, la liturgie, les Exercices Spirituels, les récollections, la lecture spirituelle, etc.) ; ainsi, alors qu'on prend de l'âge et même à un âge avancé, la vie spirituelle elle-même retrouvera sans cesse des forces nouvelles et l'activité apostolique de chacun pourra répondre de manière plus efficace aux besoins de l'Église et des hommes(192).

(192) Cf. 31° C.G. d. 8 n. 46 ; cf. 34° C.G. d. 8 n. 32.

 [242]

§ 1. La formation continue consiste surtout en un travail constant d'évaluation et de réflexion portant sur l'apostolat personnel, à la lumière de la foi et avec l'aide de la communauté apostolique; avec, aussi, la collaboration de nos professeurs ou de personnes qualifiées qui par leur science peuvent éclairer la pratique, tandis que l'expérience de leurs compagnons les incite eux-mêmes à une réflexion plus approfondie.

§ 2. Une telle formation continue suppose aussi que l'on consacre un temps déterminé à certains cours ou à une étude personnelle, en théologie ou en d'autres sciences, selon ce qui est requis par l'apostolat propre à chacun(193). Pour ce qui est des langues étrangères, il est recommandé aux Nôtres qui ont achevé leur formation, dans la mesure où cela sera possible, de suivre ce qui est prescrit au n. 97 pour les Nôtres en formation(194).

§ 3. La formation continue doit aussi développer chez les jésuites le sens de l'universel en donnant l'occasion de faire l'expérience du caractère international de la Compagnie(195).

(193) 32° C.G. d. 6 nn. 18-20 ; cf. 31° C.G. d. 8 nn. 46-48 ; 33° C.G. d. 1 nn. 21 et 41 ; cf. 34° C.G. d. 3 n. 18.
(194) Cf. 34° C.G. d. 21 n. 10.
(195) Cf. 34° C.G. d. 21 n. 9.

 [243]

§ 1. En fonction des forces et des exigences apostoliques propres à chaque Province et Région, les Supérieurs Majeurs pourvoiront à la rénovation spirituelle, intellectuelle et apostolique de tous les Nôtres. À des moments déterminés, on leur procurera les facilités suffisantes pour s'appliquer sérieusement à cette rénovation, selon un programme approuvé par ces mêmes Supérieurs(196).

§ 2. Chaque année on offrira aux Frères, surtout à ceux qui n'ont pas encore fait leur Troisième An, un cours ou une session de formation spirituelle et doctrinale, où seront proposées des conférences d'Écriture Sainte, de liturgie, de théologie, de doctrine sociale(197).

§ 3. On recommande d'offrir aux Nôtres, Prêtres et Frères, environ dix ans après qu'ils se soient adonnés aux ministères ou aux tâches apostoliques, la possibilité de se consacrer pendant au moins trois mois à une rénovation spirituelle, psychologique et apostolique plus intense(198).

(196) Cf. 32° C.G. d. 6 n. 35.
(197) Cf. 31° C.G. d. 8 n. 30.

(198) Cf. 32° C.G. d. 6 n. 36.

 

 

CHAPITRE 5

Maladie, vieillesse et mort

 [244]

§ 1. Ceux des Nôtres qui sont âgés et malades continuent à être apostoliquement féconds et font part aux autres de leur sagesse personnelle amassée par leur expérience au service de notre mission. Ils doivent eux-mêmes chercher à donner du courage aux autres par l'exemple de leur abandon filial et confiant à Dieu dans la maladie et l'affaiblissement de leurs forces(199).

§ 2. Nous devons tous prendre d'eux un soin particulier, humainement et spirituellement, avec une reconnaissance profonde et un amour fraternel. Les Supérieurs ont une responsabilité particulière sur ce point(200).

§ 3. Les Supérieurs Majeurs donnent à nos compagnons âgés ou malades la mission spéciale de prier pour l'Église et la Compagnie et d'unir à la mission universelle de salut de l'une et l'autre leurs souffrances et leurs limites personnelles.

§ 4. Compte tenu des progrès actuels de la médecine et, tout particulièrement, de la possibilité, d'une part de prolonger la vie humaine au-delà de limites naturelles normales, et, d'autre part d'aider les autres, en des circonstances données, par le don d'organes du corps, chacun verra conformément aux lois de son pays -, ce qu'il pense en conscience être une meilleure expression, éclairée par la foi dans le Christ Jésus, de sa dignité personnelle et de sa solidarité envers les autres au moment de son passage de la vie terrestre à la vie éternelle dans le Seigneur(201).

(199)cf. III° P. ch. 1 n. 16 [272] ; cf. 34° C.G. d. 6 n. 29.
(200) Cf. III° P. ch. 2 n. 6, G [303, 304].
(201) cf VI° P. ch. 4 n. 1 [595].

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